Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.
Libraires,partagez vos découvertes.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.
est partenaire de notre site. Chaque semaine, un choix de libraire est publié dans les colonnes du Monde des Livres.
France Info est également notre partenaire. Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche, François Busnel reçoit un critique littéraire et deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée (pour écouter, cliquez sur le logo, puis choisissez "Chroniques", et enfin "A livre ouvert").
Auteur : Jean-Marie Chevrier
Date de saisie : 28/09/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Romans français
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-226-17959-3
GENCOD : 9782226179593
J'ai choisi de vous présenter le livre de Jean-Marie Chevrier : Un jour viendra où vous n'aimerez plus qu'elle. C'est un livre qui m'a touché à titre personnel et surtout à titre général, j'allais dire, dans le sens où on s'aperçoit qu'on peut parler de la mort en parlant plus que jamais de la vie. L'histoire est très simple. En fait, on se demande qu'est-ce qui nous arriverait à chacun d'entre nous si un matin, on apprenait que notre corps était envahi par un cancer, que c'était inéluctable et qu'il nous fallait choisir d'accepter cette mort. C'est ce qui arrive, ironie du sort, à un médecin qui, lui aussi, jusque-là, travaillait, «oubliait de vivre», et qui apprenant ceci, se met à s'interroger, se met à accepter, à s'approprier cette mort, pour en faire un objet de vie. Ce qu'il y a d'émouvant dans ce livre-là, c'est que ce médecin, du jour où il a appris cette mort inéluctable, se met à vivre comme il n'a jamais vécu et rencontre l'amour. L'histoire d'amour n'est pas plaquée, comme on pourrait se l'imaginer. Elle est logique ; elle vient parce que enfin, cet homme-là ouvre les yeux. C'est une belle leçon de vie qui nous est donnée, pas du tout une leçon de courage, une leçon de vie, d'acceptation de la mort et de se retourner et de se dire que la vie a encore de beaux jours devant nous, même lorsque la mort est programmée. Un livre merveilleux, avec un style concis, élégant, très clair, très limpide. Une histoire racontée de manière séduisante. Pas d'étalage, pas de faux-semblants, très pudique, très retenue, vraiment une histoire telle qu'on les aime. Je suis sûr que vous partagerez notre enthousiasme sur ce livre-là.
Michel Paolasso - 27/08/2007
«Il découvrit combien mourir était facile dans la mesure où celui qui mourait n'était pas le vivant qui l'avait précédé.»
Jean-Marie Chevrier est l'auteur de quatre romans, Zizim ou l'Epopée tragique d'un prince ottoman (1993), Une saison de pierre (1995), La seconde vie (2000) et Le Navire aux chimères (2004) publiés aux Editions Albin Michel.
Maximilien devint étranger à lui-même. Il rejoignit l'homme malade qui était en lui, lui jetant un regard anxieux, sachant qu'il serait entraîné avec lui dans sa chute. La tête lui tourna. Il vit l'image de la bonde qui aspirait ses mains, que suivait son corps tout entier, dans un tournoiement irrésistible. Il remercia et sortit, les clichés sous le bras dans une grande enveloppe bleue.
En descendant l'escalier il se sentit rebondir de marche en marche... une balle... une bulle... il était léger. Il aurait pu courir sur le trottoir comme un enfant au sortir de l'école pour propager l'incroyable nouvelle, mais il n'avait personne à qui le dire. Une grande exaltation prenait source dans le puits sans fond qui s'était creusé sous ses pas. Il avançait dans un bouillonnement mousseux, la rumeur de la ville lui en renvoyait l'écho. Les rues étaient des toiles peintes, les passants figuraient dans un film muet. Il rentrait chez lui. Il était mortel et en recevait la nouvelle comme une révélation glorieuse. L'homme nouveau qui venait de naître jouait des épaules pour trouver place en lui. Il l'accueillit avec bienveillance, un peu inquiet à l'idée qu'ils pourraient ne pas se comprendre dans l'obligation où ils étaient maintenant de cohabiter.
Devant la fenêtre du salon, il colla aux vitres les radiographies où pendaient les deux masses pulmonaires, lobées comme une arcade mauresque. Les deux trous noirs y étaient toujours. Par là était entré l'homme mortel. Au-delà du filtre des images il vit le ciel, sur Paris, avec des nuages qui s'étiraient vers le sud.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia