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.. J'ai tant rêvé de toi

Couverture du livre J'ai tant rêvé de toi

Auteur : Olivier Poivre d'Arvor | Patrick Poivre d'Arvor

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Romans français

Prix : 18.50 € / 121.35 F

ISBN : 978-2-226-17977-7

GENCOD : 9782226179777

Olivier Poivre d'Arvor - 24/09/2007


  • Les présentations des éditeurs : 10/07/2007

«Mon existence durant, je m'en souviendrai.
De ce voyage vers lui.
De cette guérison coups de serpe.
Et de Prague qui tout le jour n'a su émerger de ses brumes, ni le ciel se délester de sa neige.»

Olivier Poivre d'Arvor a commencé sa vie professionnelle aux éditions Libres Hallier chez Albin Michel. Après deux ans au Théâtre national de Strasbourg, il a été directeur des instituts culturels d'Alexandrie, de Prague et de Londres. Il est aujourd'hui directeur de Cultures France au ministère des Affaires étrangères. Il a publié en septembre 2006 avec Patrick Poivre d'Arvor Disparaître chez Gallimard.

Patrick Poivre d'Arvor a publié de nombreux romans aux éditions Albin Michel dont Lettres à l'absente et Elle n 'était pas d'ici (1995), l'Irrésolu, prix Inter Allié 2000, et La Mort de Don Juan (2004). Il vient de publier au printemps 2001 Aimer c'est agir. Mes engagements chez Fayard.



  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 4 octobre 2007

Le duo Olivier et Patrick Poivre d'Arvor fait planer l'ombre du poète dans ces pages où l'absence est omniprésente...
L'étonnant est que les coauteurs dévoilent leur jardin le plus intime sans perdre leur pudeur. Si l'écriture ne guérit de rien - encore moins de l'absence -, elle agit, au moins, comme un apaisement. La narratrice rappelle que lorsque l'on posait à Desnos la question : «Pourquoi écrivez-vous ?», il répondait toujours : «Pour donner rendez-vous.» C'est cela, ce roman est un rendez-vous à la dédicataire, qui n'a jamais été aussi présente.


  • La revue de presse Albert Sebag - Le Point du 13 septembre 2007

Ceux qui n'avaient de la maison d'Arvor qu'une vision policée seront déchiquetés par la violence éruptive qui hante chaque ligne de ce livre crépusculaire. Larmes, sueur et sang...
Aussi, comment ne pas saluer cette tentative magnifique et désespérée de ces deux frères convaincus que seuls l'art et, en l'occurrence, la littérature sont désormais leur unique porte de sortie pour conjurer une souffrance à nulle autre pareille : la perte d'un enfant.


  • Les courts extraits de livres : 10/07/2007

Craignez de réveiller la furtive endormie

ET si j'étais guérie. Mon reflet dans la glace, l'épaisseur du tatouage sur ma peau, cette petite épaisseur de chair autour des hanches, des fesses, du nombril, mes rondeurs revenues que je ne refuse plus : je crois bien que je revis.
Vendredi 27 janvier 1995. Aujourd'hui. Demain, presque. Très tard, autour de minuit. Prague, République tchèque. La ville des pas­sages s'engage déjà dans le jour qui suit. Va-t-il neiger, enfin ?
J'ai dîné dans ma chambre. Room-service. J'ai commandé, mot magique. A volonté, rare occasion. On m'a obéi, servie, chérie. Je me suis fait plaisir, plaisir, mot tabou. Je prends ça, je prends ci, et ceci et cela. À la carte : poissons fumés, saumon, hareng et truite, avec de gros cornichons molossols, un petit pot de crème acide, un verre de riesling slovaque, une belle assiette de knedeliks aux prunes de Brno. Dîner de rêve. Hôtel Yalta : luxe à l'ancienne, charme slave, quelques restes soviétiques tout de même. Chambre 615. J'attends à peine, on frappe, un homme tout habillé de sombre, papillon à la gorge, queue-de-pie dans le dos, pingouin mécanique, me sert. Enfin ! Fini la sonde, les tuyaux dans le nez, les doigts dans la bouche, le cauchemar naso-gastrique. Je mange à ma faim, désormais. À pleines dents, je croque la vie comme cette pomme juteuse. Je suis une fille stabilisée.
Mon existence durant, je m'en souviendrai. De ce voyage en moi-même, au ras de l'os. De cette guérison à coups de serpe. Et de Prague qui, tout le jour, n'a su émerger de ses brumes, ni le ciel se délester de sa neige.


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