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.. L'ami Butler

Couverture du livre L'ami Butler

Auteur : Jérôme Lafargue

Date de saisie : 14/09/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Quidam éditeur, Meudon, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-915018-23-3

GENCOD : 9782915018233

Sorti le : 14/09/2007

Deux Jumeaux. Johan, à la suite d'une lettre envoyée par Timon, part à la rencontre de son frère après un long moment de brouille. Timon est écrivain et a décidé de se retirer dans un étrange bourg, avec sa femme Ilanda qui se trouve être gravement malade, afin de la préserver du bruit de la ville et de se consacrer à son repos. Timon ne peut plus écrire, du moins plus les succès auxquels il était habitué. Ecrire des romans est trop laborieux et demande beaucoup de concentration. Mais c'est malgré tout l'écriture qui lui permet de soulager les moments difficiles qu'il traverse aux côtés d'Ilanda.

Il s'engage alors, dans son "bureau" (espèce d'atelier-bibliothèque dans lequel il passe ses journées, séparé de leur maison), à l'écriture de biographies d'écrivains imaginaires. La rédaction de ces notices biographiques va lui amener quelques surprises qui vont troubler son quotidien de plus en plus pesant, et lui faire frôler la folie.

Lorsque Johan arrive dans le village où sont installés Timon et Ilanda, il découvre qu'ils ont disparu. Un commissaire de police d'abord méfiant, puis compréhensif, va l'aider dans ses recherches. Mais c'est surtout dans le bureau de Timon que Johan va pouvoir retrouver la trace de son frère : il lira principalement les biographies que Timon a inventées et le journal qu'il a tenu. S'ensuit donc une investigation plus littéraire que policière qui se révélera aussi être un jeu prenant entre fiction et réalité. Et bien sûr, c'est là que l'histoire commence...

Il sera très vite question, dans ce très bon premier roman, de personnages devenus réels et de passages de la réalité vers la fiction. Si le thème du lien et de l'influence entre réalité et fiction est le moteur du récit (traité par la question de l'écriture), il s'agit aussi d'une belle histoire d'amitié (entre les deux frères), et d'accompagnement dans la maladie (d'Ilanda). Sans oublier une passion sans limite que l'auteur partage généreusement avec son lecteur : la littérature.


Cécile Tancoisne - 02/10/2007


  • Les présentations des éditeurs : 17/07/2007

L'Ami Butler
Jérôme Lafargue

Johan est requis sur les lieux de la disparition de son frère jumeau, limon. Ce dernier est un auteur qui a lui les sirènes du succès dans une ville étrange et lumineuse où il sait qu'IIanda, sa femme gravement malade, trouvera le repos avant de s'éteindre. Pour oublier le malheur qui les frappe, il écrit des biographies d'écrivains imaginaires jusqu'au jour où un homme se présente à lui, affirmant se nommer Owen W. Butler. Or. Butler n'est autre que l'objet de sa première biographie. Oui est-il vraiment ? S'est-il échappé de l'imagination de limon ou n'est-il que l'instrument dune manipulation destinée à le perdre ? C'est ce que Johan, désemparé, cherchera à savoir...
Mêlant avec habileté des registres narratifs différents. Jérôme Lafargue nous entraîne dans une quête merveilleuse de l'impossible, au nom de l'amour, de la littérature et de leurs sortilèges.

Jérôme Lafargue est né en 1968 dans les Landes. L'Ami Butler est son premier roman.



  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 7 novembre 2007

... tout dans ce roman (qui est un premier) se donne avec délectation : l'intrigue, digne d'un polar amusé ; l'écriture, une amoureuse qui flirte avec le raffinement ; et le propos, rien qu'un chant d'amour aux raconteurs d'histoires, amateurs de métaphores lyriques, inventeurs de personnages légendaires, les Melville, Stevenson, Tourgueniev, London, Conrad...
Cet envoûtant roman frôle la folie et n'est qu'une fantastique mise en abyme. Jérôme Lafargue qui, lui, croit au pouvoir démoniaque de la littérature, jongle avec la raison, avec le fabuleux, use de plusieurs voix, mêle les registres littéraires, le tout nourri de morceaux de textes choisis, déférence à quelques écrivains. Et, espiègle, nomme son personnage fugitif (et son roman) «l'ami». On est en droit de se demander si ce Jérôme Lafargue existe, s'il ne s'est pas évadé de notre imaginaire de lecteur éberlué. Nous avons un second indice pour apaiser nos tourments : une nouvelle, Les Venues, publiée ces temps-ci : l'histoire d'un homme perdu au bord de l'océan. Avec la touche Lafargue : le bonheur d'écrire.


  • Les courts extraits de livres : 17/07/2007

Les nuages devaient la prendre pour une vieille loutre à la fourrure fanée, se dandinant sans grâce, loin de ses rivières, sur un sol encombré de cailloux : mais ce n'était qu'une locomotive avec un ou deux wagons à la traîne qui cahotaient à travers des plaines grisées par la lumière de l'hiver. Une uniformité étrange régnait, comme si chaque pré ployait sous le fer de la froidure et de la désolation. Les quelques habitations qui parsemaient l'espace semblaient elles aussi se rabougrir, tassées par des forces atmosphériques irrépressibles. Les arbres étiques qui les côtoyaient de loin en loin tentaient de se projeter au plus haut, leurs branches presque collées au tronc pour davantage de fluidité, mais sans succès : chaque faîte se courbait, tantôt sur la gauche, tantôt sur la droite, empêché par une main géante qui les éloignait avec négligence du ciel.
Johan se demandait ce qui avait pu conduire Timon dans un tel pays, si éloigné de la trépidation citadine et des soirées baroques qui rythmaient son existence jusqu'il y a peu. Johan n'avait pas connu la petite gloire de son frère, pas plus que les multiples tentations qui en découlaient. Mais les errances de sa propre vie le dispensaient d'être jaloux.
Ses pensées virevoltaient dans le presque désert de son wagon. Fébrile, il ne cessait de gigoter sur son siège, soupirait, sans que personne en fût gêné par ailleurs. Son seul compagnon de voyage était un vieux monsieur qui, installé près de la porte coulissante à plusieurs rangées de lui, n'avait cessé de lire un journal dont le froissement des pages, parfois désagréable, s'acoquinait avec le bruit traditionnel du train. Une fois, Johan se leva, pour se débarrasser d'une idée déplaisante. Il traversa le wagon à deux reprises, sans que le vieil homme ne tourne la tête en sa direction. Le patriarche était vêtu d'un costume gris perle, plutôt froissé, d'un gris comparable à celui des espaces désolés qu'ils traversaient. Son visage glabre s'affaissait par endroits ; il avait ôté ses chaussures, qui reposaient, impeccablement alignées, sur le siège vide à ses côtés. Des chaussures noires, couvertes de poussière grise. Johan s'était rassis, plus mélancolique que jamais.
Il aperçut enfin au bout d'interminables minutes une rupture salutaire dans cet environnement lugubre : une colline, posée comme une offrande sur cet espace plan et sans imagination. Une colline bombée à souhait, sans trop de décrochements ni de volutes sur les hauteurs : un sein énorme et parfait magnifiant un corps gracile. De multiples maisons en colonisaient les flancs en rangs serrés. Au sommet, Johan distingua des remparts, plutôt en bon état, même si quelques tourelles de défense paraissaient endommagées. Un édifice religieux dans les tons ocre, tout en longueur, sans doute une cathédrale, occupait une large place sur la gauche.


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