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Auteur : Marisha Pessl
Traducteur : Laetitia Devaux
Date de saisie : 29/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Du monde entier
Prix : 24.50 € / 160.71 F
ISBN : 978-2-07-077620-7
GENCOD : 9782070776207
Sorti le : 30/08/2007
Bleue, adolescente, orpheline de mère est bringuebalée par son père, professeur universitaire jusqu'à son année de terminale où tous deux s'installent dans une petite ville. Bleue est vite remarquée par Hannah Schneider, un de ses professeurs qui l'introduira dans un petit groupe d'élèves privilégiés. Bleue découvrira par la suite Hannah pendue et tentera d'élucider ce mystère...
Un très beau (premier) roman, très riche, très imaginatif, truffé de références à des ouvrages existants ou pas, de comparaisons animales. Un humour fin, une écriture audacieuse et un style original. Un roman novateur sur le fond, mais aussi sur la forme, organisé comme un rapport universitaire.
Un vrai coup de coeur, (en espérant que vous l'ayez eu aussi), à faire partager, à faire découvrir !
Vivement le prochain Pessl !
«Ca se passe aux Etats-Unis sur un campus. L'héroïne est une lycéenne précoce que son père trimballe sur les routes après la mort de sa mère. Son esprit tourne à 150 à l'heure, elle fait des métaphores à toutes les pages, c'est très drôle. Ca démarre comme un roman d'apprentissage, on avance et c'est un thriller.»
Vu sur le Le Nouvel Observateur du 23 août 2007
Entrons dans la vie de Bleue Van Meer, jeune étudiante Américaine, pour la suivre tout au long de sa dernière année de lycée, avant que cette surdouée ne rentre à Harvard. Après avoir passé sa jeunesse avec son père, brillant professeur d'Histoire, elle sort du cocon familial... et surtout rencontre un professeur de cinéma, ressemblant à une femme fatale des années 50, qui va la fasciner...
A travers les 600 pages de ce roman l'auteur, la jeune Américaine Marisha Pessl - à n'en pas douter future grande prodige de l'écriture - nous livre un ouvrage hors catégorie :
Un style déjà bien à elle, des anecdotes puisées autant dans des ouvrages obscurs que dans des sources beaucoup plus populaires, des références littéraires savoureuses (la construction du livre !).
Ce premier roman - très intelligent - est tour à tour drôle et poignant, émouvant et érudit.
Il se veut autant être un roman d'apprentissage qu'un récit de voyage, une enquête littéraire qu'une comédie romantique.
En sommes, ce roman est une vraie «boîte à outils». Remarquable !
Bleue Van Meer serait une adolescente américaine tout à fait ordinaire. Sauf que, à cinq ans, elle perd sa mère dans un accident de voiture et que son père, un intellectuel exubérant et excentrique, la ballotte désormais d'une ville universitaire à l'autre, vers de nouvelles aventures, toujours sur la route.
Ils vivent une relation fusionnelle, multiplient les joutes oratoires, se lancent dans des citations savantes, refont l'histoire de la littérature et de la physique quantique. Mais un jour, elle découvre le cadavre pendu d'Hannah Schneider, son professeur préféré. Que peut-elle bien faire ? Suivre les conseils paternels et reconstituer l'histoire, avec rigueur, un zeste de comique, si possible, et moult anecdotes. Cela suffira-t-il à élucider le drame et à percer les secrets d'un entourage plus mystérieux qu'il n'y paraît ?
Mine de rien, sous couvert de jeu et d'humour, Marisha Pessl propose une vision critique inédite de la société consumériste américaine.
À la fois noir, drôle et poignant, ce roman étourdissant de verve et de brio nous offre une héroïne inoubliable et marque l'entrée en scène fracassante de Marisha Pessl, conteuse née et enfant prodige de la jeune littérature américaine.
Marisha Pessl est âgée de 27 ans. Elle est née à Ashville, en Caroline du Nord. Elle est diplômée de l'Université de Columbia. Elle travaille comme consultante financière dans un bureau international privé d'audit et de conseil.
Marisha Pessl a trouvé sa voix : celle de Bleue est étonnamment attachante. Bien sûr, les références littéraires qui truffent l'enquête de la jeune fille peuvent agacer. On a parfois l'impression que le jény veut nous éblouir par son érudition. Jusqu'à ce que l'on découvre que la plupart de ces références sont... totalement inventées. «J'ai en effet plagié des titres de thèses universitaires, de bouquins de psy à la mode, de romans, de poèmes... C'est un jeu entre le lecteur et moi», explique Marisha Pessl. La Physique des catastrophes est donc à la fois un campus novel, un thriller politique, un roman noir et une parodie. C'est ce qui fait qu'on ne lâche pas cet énergique pavé...
Marisha Pessl voit le monde à travers les mots. Son roman est une formidable métaphore sur la perte de l'adolescence
A 28 ans, l'Américaine Marisha Pessl nous donne «La physique des catastrophes», un premier roman ultraréférencé et ultraculotté de 600 pages. Explosif, mais le plaisir est à la clé...
«La physique des catastrophes» est une métaphore de 600 pages sur la perte de l'adolescence et le meurtre du père. Un roman chrysalide...
La physique des catastrophes» est au roman ce que le bouquet final est au feu d'artifice : un scandale de couleurs et de virtuosité.
Marisha Pessl, cette Américaine de vingt-neuf ans publie un premier roman de 600 pages, dont l'ambition et la maîtrise laissent pantois...
Le récit est riche, pétillant, insolite. Il y est question de solitude, de mensonges, de trahison. Une adolescente grandit et perd ses illusions. Le livre terminé, on n'a qu'une envie : le reprendre à zéro, de peur d'avoir raté des pépites que cette conteuse débutante surdouée aura semées comme un Petit Poucet malicieux.
Aussi l'arrivée de Marisha Pessl, 27 ans, auteur d'un gros livre plein d'énergie, d'intelligence et de brio, n'est-elle pas passée inaperçue...
Rien qui empêche, cependant, de se lancer avec plaisir dans les aventures de Bleue Van Meer, adolescente américaine complètement atypique et surdouée, encline aux citations et aux références culturelles comme d'autres au tabagisme compulsif ou aux tics faciaux...
Le livre terminé, Marisha Pessl a doublement bouclé son histoire : en même temps qu'une énigme policière, Bleue a percé les secrets qui la protégeaient de l'âge adulte.
Venons-en donc à l'essentiel, qui n'est ni le roman de formation ni l'énigme policière, mais le ton de miss Pessl : la désinvolture, l'ironie, le goût de la parodie, la pyrotechnie narrative, le vertige de l'érudition, les jeux des vraies et des fausses pistes, et surtout la pure, l'obsédante fascination pour la littérature dont elle fait preuve ici. Bien sûr, il y a de la tragédie dans ce livre. Mais aussi, par contrepoint, une formidable ironie. Celle qui peut naître d'une overdose de culture dont l'auteur joue en maître, comme une parodie éblouissante des références livresques et des titres de roman que chaque bon étudiant se doit d'avoir étudié et lu. Une question pour conclure : l'excès de culture rend-il fou ? Tourneboule-t-il les jeunes demoiselles ? Au- dessus des orages de la vie, il permet du moins de déployer l'arc-en-ciel d'une excessive sensibilité. Et de nous donner un roman aussi bizarre que celui-ci.
Extrait de l'introduction :
Papa disait toujours qu'il faut une sublime excuse pour écrire l'histoire de sa vie avec l'espoir d'être lu.
«À moins que ton nom ne soit comparable à ceux de Mozart, Matisse, Churchill, Che Guevara ou Bond - James Bond -, il vaut mieux que tu consacres ton temps libre à peindre avec tes doigts ou à pratiquer le palet, car personne, mis à part ta pauvre mère aux bras flasques et aux cheveux rêches qui te couve d'un regard tendre comme du veau, ne voudra écouter le récit de ta pitoyable existence, laquelle s'achèvera sans doute comme elle a commencé - dans un râle.»
Avec des critères aussi stricts, j'étais persuadée que je ne trouverais de toute façon pas ma sublime excuse avant d'avoir au moins soixante-dix ans, lorsque je serais pleine de tavelures et de rhumatismes, mais dotée d'un esprit aussi tranchant qu'un couteau de boucher, d'un mas provençal à Avignon (où je pourrais me délecter de 365 fromages différents), d'un amant de vingt ans plus jeune qui travaillerait aux champs (des champs de quoi, je l'ignore, sans doute une plante dorée et vaporeuse) et, peut-être, d'un petit succès à mon actif en sciences ou en philosophie. Et pourtant, la décision - ou plutôt, la nécessité impérieuse - de prendre la plume pour raconter mon histoire, et tout particulièrement l'année où elle se défit comme un pull dont on a tiré une maille, eut lieu beaucoup plus tôt que je ne l'aurais imaginé.
Tout commença par une banale insomnie. Cela faisait près d'un an que j'avais découvert le corps de Hannah, et je pensais avoir effacé en moi toute trace de cette nuit-là, un peu comme, à force d'exercices de prononciation, le professeur Henry Higgins finit par gommer l'accent cockney d'Eliza (voir My Fair Lady).
Je me trompais.
Fin janvier, je me réveillais à nouveau en pleine nuit, tandis que le couloir obscur se taisait et que des ombres hérissées se blottissaient à l'arête du plafond. Mes seuls biens en ce monde se limitaient à quelques gros manuels suffisants tel qu'Introduction à l'astrophysique ainsi qu'à un triste et silencieux James Dean prisonnier de son affiche en noir et blanc et des bouts de scotch qui le plaquaient au dos de notre porte. En l'observant à travers les ténèbres en taches d'encre, je vis tout à coup Hannah Schneider comme si elle était là.
Elle était pendue à un mètre du sol au bout d'une rallonge électrique orange. Sa langue - gonflée et rose comme une éponge de cuisine - dépassait de sa bouche. Ses yeux ressemblaient à des glands, des cents ternis, ou encore à ces boutons noirs que les enfants plantent sur la tête d'un bonhomme de neige, à ce détail près qu'ils ne voyaient rien. Ou peut-être était-ce là le problème : ils avaient tout vu. J. B. Tower écrit que l'instant d'avant la mort revient à «voir d'un coup tout ce qui a un jour été» (même si je me demande comment il savait ça, ayant pondu Mortalité dans la fleur de l'âge). Et ses lacets - on aurait pu rédiger un traité sur ses lacets écarlates et parfaitement symétriques - étaient bien serrés avec d'impeccables doubles noeuds.
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