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Auteur : Vladimir Fedorovski
Date de saisie : 13/09/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Rocher, Monaco, France
Collection : Un nouveau regard
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-268-06290-7
GENCOD : 9782268062907
Sorti le : 13/09/2007
Les passions et la fureur de l'histoire marquent les personnages de ce livre. Ils sont souvent inattendus, parfois déroutants, toujours démesurés. Un Staline insolite surgit comme un revenant ne pièce de Shakespeare. Poutine agit tel un James Bond. Les tueurs à gages peaufinent leur talent d'empoisonneur. Les amours sont hors norme, absolus, rappelant l'esprit du célèbre roman de Pasternak, Le Docteur Jivago, dont on fête cette année le cinquantenaire de la parution.
Ce livre annonce le lancement d'une nouvelle collection ayant pour ambition de jeter un «nouveau regard» sur nombre de vérités établies qui ne sont pas conformes à la réalité historique. Ceci concerne particulièrement l'histoire russe, notamment le personnage de Staline. Les archives étant désormais accessibles, il est possible aujourd'hui de dresser un portrait plus précis du tyran rouge. Il offre aussi, à la lumière d'une longue enquête, un nouveau regard sur les faces cachées de Poutine, personnage-clé de la Russie actuelle. Cette évocation est d'autant plus propice que l'actualité est marquée par le quatre-vingt-dixième anniversaire de la révolution bolchevique, sans oublier les élections législatives et présidentielles en Russie.
Ce livre renoue avec les précédents ouvrages d'évasion de Vladimir Fédorovski tels que le Roman de Saint-Pétersbourg car, à la base de documents inédits, l'auteur met en scène la vraie Lara du roman de Pasternak, antithèse lumineuse des personnages terribles du XXe siècle.
Ce livre se situe dans le droit fil du triptyque emblématique de Vladimir Fédorovski : Le Roman de Saint-Pétersbourg, Le Roman du Kremlin, Le Roman de la Russie insolite. Le Fantôme de Staline est son vingtième ouvrage.
Comment comprendre la fascination que Joseph Djougachvili continue à exercer sur une partie des Russes ? Pourquoi s'acharnent-ils à défendre et à honorer la mémoire du minotaure qui a dévoré des millions de vies humaines ? Que signifie sa «réhabilitation», obstinée, presque obsessionnelle par Poutine ? Pour Vladimir Fédorovski, ancien diplomate et porte-parole du Mouvement des réformes démocratiques à l'époque de la perestroïka, la réponse à ces questions est contenue, tout entière, dans la vieille hantise des Slaves : la puissance. Tout doit être grand dans l'empire des glaces. Les tsars, les canons, les cloches. Et même les nains russes qui, selon un proverbe, sont les plus grands du monde. Qu'on le veuille ou non, Staline reste un symbole de cette démesure...
La dépouille mortelle du minotaure est expulsée du Mausolée de la place Rouge, mais son fantôme continuera à hanter la Russie. Comme si Staline attendait son heure. Celle de sa réhabilitation. Elle a commencé.
STALINE OU LE GENIE DU MAL
«Lénine a improvisé l'URSS, Staline l'a maîtrisée.»
De même que l'art de Lénine avait été, en 1917, de bousculer les concepts et les catégories établis en adaptant à la guerre civile et à la révolution les méthodes de la guerre totale européenne en cours depuis 1914, de même le génie de Staline fut de saisir que révolution et restauration, loin de s'opposer, se renforcent l'une l'autre.
Quel fut l'ultime objectif politique de Staline ? Croyait-il à la révolution, à ce rêve d'une régénération du monde ? Non, ce qu'il voulait, c'était le pouvoir absolu sur la «Grande Russie». Et ce qu'il aimait hors de toute mesure, c'était dominer les hommes. Sans doute ne faut-il pas chercher une stricte rationalité dans les actes de Staline, et laisser aussi la part au hasard, à la maladresse, aux circonstances. Cependant, à l'instar des grands tragédiens, le dictateur connaissait parfaitement les règles de l'unité de temps et de lieu. Et il a joué une gigantesque partie de poker menteur avec l'Histoire, avec ses tricheurs, ses joueurs médiocres, ses artistes inspirés, car, faute de documents sur sa vie privée, sa carrière, sa manière de travailler, une quantité de légendes et de rumeurs ont circulé à son sujet. Les archives étant désormais accessibles, il est possible aujourd'hui de dresser un portrait plus précis du tyran rouge et de lever bon nombre de mystères sur son règne.
Un vieux bolchevique ! le décrivait comme «perfide, fourbe et vindicatif», mais aussi doté d'«une volonté inhabituelle, surhumaine».
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