Recherche

Recherche par mot :
Recherche par genre :

Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.

Libraires,partagez vos découvertes.

Editeurs,valorisez vos livres.

A ne pas manquer

Minh Tran Huy

raconte avec humour une séance de dédicaces chez un libraire...

Pascal Quignard

a été libraire, dans une autre vie. Ecoutez-le...

L'éditrice Claire Paulhan

vous invite au dixième festival littéraire "Par Monts et par Mots"...

Philippe-Marie Bernadou est libraire ET romancier,

écoutez-le raconter Cadaquès, aller simple...

Ecoutez Anne Lamy, éditrice chez Milan,

présenter la collection "Déclic de soi" ...

Ecoutez Rémy Toulouse, fondateur des "Prairies ordinaires",

raconter son métier d'éditeur ...

Karine Henry est romancière ET libraire :

de quoi intéresser lechoixdeslibraires.com ...

Marie-Rose Guarniéri invite

tous les lecteurs à voyager dans le paysage de nos librairies à travers toute la France, toutes les régions, toutes les villes. Ecoutez-la ...

Anne Vallaeys raconte comment

un village entier a su désobéir à Vichy. Ecoutez-la ...

Entre Philippe Besson et les librairies,

c'est une grande histoire d'amour ! Ecoutez-le ...

Francine Perrot vous présente

un des livres majeurs de Marie-Louise von Franz, dont elle fut l'élève ...

Eric Fottorino, prix Femina 2007 pour "Baisers de cinéma",

raconte son "premier deuil littéraire"...

Patrick Modiano, auteur de Dans le café de la jeunesse perdue,

raconte à Patricia Martin les refuges que sont pour lui les librairies...

Muriel Barbery,
auteur de l'Elégance du Hérisson

rend hommage à sa libraire, Joëlle Sauvage...

Présentation

Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.

France 5 est notre partenaire « Télé » : chaque jeudi soir, un portrait de libraire est diffusé dans l’émission de François Busnel « La Grande Librairie ».


France Info est notre partenaire « Radio ». Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche soir, François Busnel reçoit deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée.
Le Magazine Littéraire est notre partenaire « Presse écrite ». Découvrez prochainement et en exclusivité le palmarès des livres préférés des libraires de France.


Le rapport de Brodeck

Couverture du livre Le rapport de Brodeck

Auteur : Philippe Claudel

Date de saisie : 20/02/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 21.50 € / 141.03 F

ISBN : 978-2-234-05773-9

GENCOD : 9782234057739

Sorti le : 22/08/2007

Un vrai petit bijou !
On est complètement plongé dans ce village d'après-guerre. On le contemple, on le respire et on le vit à travers le héros.
On y sent la méfiance, la trahison, la peur ! ! !
On s'appelle Brodeck et on y est pour rien, mais on a tout subi...
L'écriture est magnifique, suffisamment détaillée pour ressentir les ambiances, mais pas du tout pesante. L'histoire est lourde, noire, mais belle à travers un héros, qui n'en est pas vraiment un. Et bien que l'on devine facilement l'Evènement, il n'en reste pas moins un suspens suffisant pour nous rendre avide de la fin.
A NE PAS RATER ! ! ! !


Dominique Mazuet - 23/10/07


Vanieria - 23/10/07


Isabelle Le Cleac'h - 09/10/2007


Emmanuel Delhomme - 28/08/2007


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

Le métier de Brodeck n'est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s'améliore.
«On ne te demande pas un roman, c'est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c'est tout, comme pour un de tes rapports.»
Brodeck accepte. Au moins d'essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu'il ne sait pas s'exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d'accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l'extrême, il ne veut rien cacher de ce qu'il a vu, il veut retrouver la vérité qu'il ne connaît pas encore. Même si elle n'est pas bonne à entendre.
«A quoi cela te servirait-il Brodeck ? s'insurge le maire du village. N'as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ? Qu'est-ce qui ressemble plus à un mort qu'un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes...» Brodeck a écouté la mise en garde du maire.
Ne pas s'éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n'existe pas ou ce qui n'existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.

Philippe Claudel est né en 1962. Il est l'auteur notamment des Âmes grises (Stock, 2003) et de La petite fille de Monsieur Linh (Stock, 2005). Ses livres sont traduits dans près de trente langues.



  • La revue de presse Delphine Peras - L'Express du 6 septembre 2007

Après Les Ames grises, Philippe Claudel scrute de nouveau les visages du Mal...
Avec Le Rapport de Brodeck, Philippe Claudel va jusqu'au bout de son obsession pour ce thème de la haine de l'autre et du mal infligé au nom de cette haine. Exempte du moindre pathos, son écriture est d'une virtuosité et d'une beauté stupéfiantes. Son propos humaniste n'en est que plus fort. Inoubliable.


  • La revue de presse Franck Nouchi - Le Monde du 31 aout 2007

D'une écriture simple et limpide, formidablement construit, Le Rapport de Brodeck est un magnifique livre - un roman, une fable, peu importe au fond - sur la question de l'altérité. Ni le mot "juif" ni celui de "Shoah" n'y figurent ne serait-ce qu'une seule fois, mais on comprend très vite que la catastrophe qui vient de se produire est bien celle-là ; et que ce que Claudel nous donne à voir, en romancier, c'est bien la "vie" dans les camps d'extermination. Immense sujet, grande réussite littéraire. De la même manière qu'il notait auparavant, dans des rapports que personne ne lirait, des descriptions de la flore et de la faune locales, Brodeck écrit. Sans cesse, sans esprit de vengeance...
"De grâce, dit-il à la fin, souvenez-vous." Nous n'oublierons pas Brodeck. Assurément.Une dernière chose pour terminer, à l'adresse des parents qui voudraient convaincre leurs grands enfants du bonheur que peut procurer la lecture d'un roman, des enseignants qui cherchent quoi faire lire à leurs élèves : conseillez-leur la lecture du Rapport de Brodeck. Eux aussi, eux surtout, ne l'oublieront pas. "Raconter est un remède sûr", écrivait Primo Levi dans Le Défi de la molécule.


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 30 aout 2007

Une fois que tout est accompli et le livre refermé, le monde tel que l'auteur l'envisage et le restitue avec ses outils de styliste doué, continue d'imprégner la vision du lecteur, et en cela, c'est un roman réussi. Dans cet univers, les seuls êtres innocents sont les enfants et les bêtes - oiseaux, renards, loups, chiens ont leur mot à dire chez Philippe Claudel, ainsi que les fantômes des morts. Les individus sont bien plus tributaires et solidaires les uns des autres qu'il n'y paraît - à cet égard, les tableaux de foule, compacte et mouvante, sont éloquents : le «je» est uni au «nous»...
Ce ballet de scènes villageoises est plutôt de la même eau que les gravures du compatriote lorrain de Philippe Claudel, Jacques Callot : d'une encre très noire, mais saturé de vie et de couleur dans les détails.


  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 23 aout 2007

Quatre ans après les «Ames grises», «Brodeck» évoque en effet une autre guerre de sinistre mémoire : celle de la collaboration, de la peur de l'autre et des camps. Les âmes sont toujours aussi blafardes, l'atmosphère délétère, la cruauté des hommes énigmatique...
N'allez donc pas lui reprocher d'avoir fait de l'extermination nazie un ingrédient de fiction. L'enjeu de «Brodeck» n'est tout simplement pas là. Il n'est pas question de la spécificité du nazisme dans ce roman où «le mot juif n'apparaît pas une seule fois»...
Pour son roman, il n'a en tout cas utilisé aucun document. Il s'est juste réveillé un matin avec cette phrase en tête : «Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien.» Comme il n'aime rien tant que commencer un chapitre sans savoir ce qui va s y passer, il a déroulé le fil, celui de la culpabilité et du témoignage; imaginé un mystérieux lynchage; tissé des échos troublants entre crimes collectifs et responsabilités individuelles; montré toute l'ambivalence des liens entre l'écrivain et la communauté.


  • La revue de presse Louise Chevalier - Le Point du 23 aout 2007

Philippe Claudel, l'auteur des «Ames grises», Renaudot 2003, publie «Le rapport de Brodeck», un approfondissement de son étude du mal. Impressionnant...
Cette fois, Philippe Claudel nous emmène au fond du «cratère», dans l'enfer même, où Brodeck fait, sous la contrainte, le chien Brodeck, tenu en laisse, couchant dans une niche avec des dogues, moins bien nourri qu'eux. Un chien ? Moins qu'un chien mais décidé à survivre, coûte que coûte, si macabre que soit la danse, parce qu'il est amoureux. Gueules à la Bruegel, comptable devenu tortionnaire, jolie poupée blanche et blonde que ravissent les pendaisons, marchand de cochons aviné, prêtre qui ne croit plus en Dieu, solitaires ensauvagés, traîtres, tout est là qui révulse et bouleverse. Parce que, sans pathos ni démonstration, avec une vraie maîtrise technique (voyez la manière dont sont imbriqués rapport, récit, descriptions de la nature), Philippe Claudel a su conférer à ce roman, sur le sujet entre tous périlleux de la Shoah, le don d'humanité.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien.
Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.
Moi je n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.
Mais les autres m'ont forcé : «Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études.» J'ai répondu que c'étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d'ailleurs, et qui ne m'ont pas laissé un grand souvenir. Ils n'ont rien voulu savoir : «Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Ça suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s'embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront. Et en plus, tu as la machine.»
La machine, elle est très vieille. Plusieurs de ses touches sont cassées. Je n'ai rien pour la réparer. Elle est capricieuse. Elle est éreintée. Il lui arrive de se bloquer sans m'avertir comme si elle se cabrait. Mais cela, je ne l'ai pas dit car je n'avais pas envie de finir comme l'Anderer.
Ne me demandez pas son nom, on ne l'a jamais su. Très vite les gens l'ont appelé avec des expressions inventées de toutes pièces dans le dialecte et que je traduis : Vollaugä - Yeux pleins - en raison de son regard qui lui sortait un peu du visage ; De Murmelnër - le Murmurant - car il parlait très peu et toujours d'une petite voix qu'on aurait dit un souffle ; Mondlich
- Lunaire - à cause de son air d'être chez nous tout en n'y étant pas ; Gekamdörhin - celui qui est venu de là-bas.
Mais pour moi, il a toujours été De Anderer - l'Autre -, peut-être parce qu'en plus d'arriver de nulle part, il était différent, et cela, je connaissais bien : parfois même, je dois l'avouer, j'avais l'impression que lui, c'était un peu moi.
Son véritable nom, aucun d'entre nous ne le lui a jamais demandé, à part le Maire une fois peut-être, mais il n'a pas, je crois, obtenu de réponse. Maintenant, on ne saura plus. C'est trop tard et c'est sans doute mieux ainsi. La vérité, ça peut couper les mains et laisser des entailles à ne plus pouvoir vivre avec, et la plupart d'entre nous, ce qu'on veut, c'est vivre. Le moins douloureusement possible. C'est humain.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia