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Auteur : Metin Arditi
Date de saisie : 26/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Domaine français
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-7427-6901-8
GENCOD : 9782742769018
Sorti le : 17/08/2007
On entre dans ce roman comme on se glisse dans une tragédie grecque. Le décor, une petite île grecque enveloppe immédiatement le lecteur dans un climat de beauté et de sérénité. Cependant, si l'île implique une vie à huis clos qui la préserve de l'extérieur, la famille des Louganis n'échappe pas à cette promiscuité qui va lui être fatale. Une solide fraternité est à l'origine de cette lignée qui se compose de deux frères, leur femme et leur enfant respectif : une fille et un garçon.
Tout comme dans une tragédie grecque, cette petite famille est marquée par les coups du destin et bientôt les malheurs vont s'enchaîner de façon inéluctable. Fatalité et fraternité sont intriquées dès le début ; une trahison va poursuivre cette famille et la fille des Louganis en sera le fruit.
Seulement, la malédiction ne s'arrêtera pas là ; c'est l'enfant de la fille des Louganis qui en portera la marque fatale, l'enfant qu'elle sera forcée d'abandonner.
Ainsi, ce roman retrace l'histoire de cette femme qui a été trompée par le destin, aveugle sur ses origines. L'histoire d'une femme qui a perdu son amour, son enfant et qui survit dans l'espoir de retrouver ce dernier.
Une histoire qui parle de sentiments, des sentiments si forts qu'ils anéantissent ceux qui aiment et les mènent à la folie.
Metin Arditi nous gâte pour cette rentrée littéraire avec ce magnifique roman. Il s'agit de secret de famille, d'amour et d'abandon. Pavlina vit à Spetses sur une île grecque et elle éprouve une passion amoureuse pour son cousin Aris. Lors d'une soirée dramatique, ils couchent ensemble et Aris
part nager mais ne reviendra jamais. Pavlina va alors connaître la tristesse, la perte de son enfant né de cette union et, plus tard les secrets qui ont maudit sa famille.
On peut se dire "encore un énième roman sur les secrets de famille" mais Metin Arditi apporte par son écriture une vraie profondeur au roman. Des paragraphes courts décrivant la pensée de Pavlina interrompent la narration et libèrent une certaine émotion.
Les îles grecques sont un cadre propice à ce thème-là. La description est tellement juste, les prénoms sont comme une mélodie à notre oreille.
Magnifique.
Imaginez-vous sur une petite île Grecque en pleine mer Egée. Dans chaque mot et chaque phrase de l'auteur, se reflète l'éclat du soleil frappant la pierre, et le bleu intense de la Méditerranée à perte de vue...
Sur cette petite île, Spetses, la jeune Pavlina va se retrouver au centre d'une histoire tout autant moderne qu'intemporelle, ayant tous les ingrédients d'une grande tragédie Grecque.
Jeune adolescente, Pavlina va tomber amoureuse de celui qu'elle imagine être son cousin. Mais ce beau Grec, Aris, est du même père qu'elle, un lourd et terrible secret familial qu'elle ignore.
Contrainte, elle devra confier l'enfant, fruit de l'inceste, dès son accouchement à l'adoption.
Dès lors, d'Athènes jusqu'à Genève, la recherche de sa fille deviendra la quête obsessionnelle de son existence.
Magnifiquement écrit et plein d'émotions, Metin Arditi signe ici un très grand roman, sans aucun doute l'un des meilleurs romans de la rentrée littéraire 2007.
Dans la beauté solaire de son île grecque, la jeune Pavlina aime celui qu'elle croit son cousin, Aris.
Elle ignore le secret qui dévastera pour longtemps la famille : Aris est du même père qu'elle. L'enfant qu'elle aura de lui, fruit d'un inceste, sera confié à l'adoption. La Fille des Louganis raconte l'histoire de ce double arrachement, à l'île et à l'enfant. A Genève, où elle émigre, Pavlina poursuivra son existence, comme absente à elle-même, sans renoncer au rêve - obsédant jusqu'à la folie - de retrouver un jour la fille qu'on lui a enlevée. Sur ce thème à la fois intime et universel de l'abandon, sur le hasard des rencontres et la vertu des amitiés, sur les forces vitales et les péripéties du destin qui nous gouvernent par-delà le bien et le mal, Metin Arditi a composé un roman profond, saisissant d'émotion et de vérité.
Né à Ankara, Metin Arditi vit à Genève. Chez Actes Sud, il est l'auteur de Dernière lettre à Théo (2005), La Pension Marguerite (prix Lipp Suisse 2006), L'Imprévisible (prix des lecteurs FNAC Riviera 2006, prix des auditeurs de la Radio suisse romande 2007) et Victoria-Hall (Babel n° 726).
Samedi 2 février 1952
Spiros Louganis et son frère Nikos étaient morts ensemble. Ils avaient eu la tête arrachée par l'explosion d'un pain de dynamite. Le malheur s'était produit alors qu'ils péchaient du côté d'Ayos Yannis, un coin où les loups et les daurades faisaient jusqu'à huit ou dix kilos.
Les poissons vivaient en eaux profondes, et les frères, qui les péchaient avec la même violence qu'ils mettaient en toutes choses, n'hésitaient pas à forcer la charge. D'après la police, le pain qui les avait tués devait peser trois à quatre kilos, peut-être même cinq.
User de la dynamite, c'était déjà défier le destin. A Spetses, bien des pêcheurs avaient donné au "bâton" qui un bras, qui un oeil, qui encore (et beaucoup) quelques doigts. Mais deux morts, et d'un coup, c'était la première fois.
Au moment de l'explosion, Petit Andonis, celui qui tenait sa tête légèrement penchée à droite, comme pour s'excuser, péchait à la traîne à cent mètres du Dio Adelfia, le caïque des Louganis. "Ils se disputaient sur la taille de la mèche", raconta-t-il plus tard dans les locaux de la police, puis au café, chez Stamboulidis, puis à chaque coin de rue, à qui voulait l'entendre. Petit Andonis en était sûr : la voix dominante était celle de Spiros, l'aîné, le plus fort des deux frères, un colérique toujours sur le point d'éclater.
Une fois de plus, Petit Andonis affabulait. Dans les instants qui avaient précédé l'explosion, il devait tout à la fois surveiller sa traîne, maintenir son bateau à faible vitesse et garder le cap. Il n'était pas homme à pouvoir faire quatre choses en même temps... De toute façon, il n'aurait pas pu saisir le détail de propos échangés à cent mètres de sa barque. Heureusement pour lui, l'île était dans un tel émoi que personne ne songea à contester son récit.
Au moment de l'explosion, l'onde de choc avait été si forte qu'elle l'avait frappé comme une gifle. Il s'était mis à trembler tout entier. "Ils sont morts, ils sont morts", avait-il répété à haute voix. Debout dans sa barque, hébété, il était resté cinq longues minutes le dos tourné au Dio Adelfia, sans oser bouger. Puis il avait scruté l'horizon, toujours sans se retourner. Il n'y avait personne qui aurait pu l'aider à ramener les frères au Vieux-Port. Il avait alors ramé jusqu'au Dio Adelfia, dos à la proue, sans même penser à baisser sa voile. Lorsque son caïque buta contre le bateau des Louganis, il avait bien dû tourner la tête. Il l'avait fait à contrecoeur, lentement, les yeux clos. Il avait alors entrouvert les paupières, d'abord très peu, ce qui ne lui permit de voir du caïque que son contour, puis, poussé par le besoin d'en finir, il avait ouvert les yeux tout grands d'un coup. Des morceaux de chair et d'os jonchaient le fond du caïque. A un mètre de la poupe, il aperçut une tête et se détourna d'un mouvement si brusque qu'il dut se rattraper à la barre pour ne pas glisser.
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