Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.
Libraires,partagez vos découvertes.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : Delphine de Vigan
Date de saisie : 22/08/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Lattès, Paris, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-7096-2861-7
GENCOD : 9782709628617
Sorti le : 22/08/2007
Lou a 13 ans, elle est en seconde, c'est une enfant surdouée. Elle se sent différente et seule dans sa classe où les autres élèves l'appellent Le cerveau, sauf Lucas...Sa mère est en dépression et son père fait ce qu'il peut pour maintenir un semblant de vie de famille. Gare d'Austerlitz, où elle va souvent regarder les gens, elle rencontre No, une jeune SDF. Une véritable amitié va lier les deux jeunes filles et Lou va décider d'aider No avec l'aide de ses parents. Mais Lou va se rendre compte qu'on n'apprend pas tout dans les livres. Ce roman, écrit à la première personne, est très émouvant. C'est un pur moment de bonheur. C'est à mon avis un livre tout public.
Céline Biteau - 31/10/07
Delphine de Vigan
Emmanuel Delhomme - 28/08/2007
Elle avait l'air si jeune. En même temps il m'avait semblé qu'elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu'elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur.
Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes.
Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l'errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n'est à l'abri...
Delphine de Vigan vit à Paris. Son précédent roman, Un soir de décembre (Lattès 2005), a reçu un bel accueil critique et public. No et moi est son quatrième livre.
Auteur de trois romans, cette jeune romancière de 40 ans confirme avec son dernier livre un vrai talent d'écrivain généreux...
Sensible, sincère, le livre regorge de tendresse et de simplicité. Autant de qualités qui lui vaudront sans doute l'étiquette prochaine de «nouvelle Gavalda». Voilà qui commence bien.
Deux êtres qui n'auraient jamais dû se rencontrer vont vivre une aventure commune et en sortiront changés... on a lu ça mille fois. Mais Delphine de Vigan a plus d'un tour dans son sac, et elle aime trop la littérature pour céder à la facilité. Elle ne simplifie pas, elle ne tombe pas davantage dans le piège du discours moralisateur. Son roman plaira à tous ceux, ils sont nombreux, qui ont gardé l'esprit d'enfance. L'enfance, l'adolescence, l'auteur les restitue avec beaucoup de naturel et de délicatesse dans ces pages qui, en fin de compte, ne réservent que de bonnes surprises.
No est assise par terre, appuyée contre un poteau, elle a déposé devant ses pieds une boîte de thon vide dans laquelle sont tombées quelques pièces. Je n'ai pas vérifié les horaires des trains sur le panneau d'affichage, je me suis dirigée directement vers les quais, à l'endroit même où elle m'avait abordée, je m'avance vers elle d'un pas décidé, je m'approche et soudain j'ai peur qu'elle ne se souvienne pas de moi.
- Salut.
- Tiens, Lou Bertignac.
Elle a dit ça sur un ton hautain, celui qu'on utilise pour imiter les gens un peu snobs dans les sketches comiques ou les publicités. J'ai failli faire marche arrière mais j'avais pas mal répété et n'avais pas envie de renoncer.
- J'ai pensé qu'on pourrait aller boire un chocolat... ou autre chose... Si tu veux. Je t'invite.
Elle se lève d'un bond, attrape son sac en toile, marmonne qu'elle ne peut pas laisser tout ça là, elle désigne du menton une petite valise à roulettes et deux sacs en plastique pleins à craquer, je prends les sacs et lui laisse la valise, j'entends un merci derrière moi, sa voix me paraît moins assurée que la première fois. Je suis fière d'avoir fait ça, d'ouvrir la marche, et pourtant je suis morte de peur à l'idée de me retrouver en face d'elle. Près des guichets nous croisons un homme avec un grand manteau sombre, il lui fait un signe, je me retourne, je la vois répondre, de la même manière, avec un petit mouvement de la tête, imperceptible, en guise d'explication elle me dit qu'il y a beaucoup de flics dans les gares. Je n'ose pas poser de question, je regarde autour de moi si j'en repère d'autres, mais je ne vois rien, je suppose qu'il faut beaucoup d'entraînement pour les reconnaître. Comme je m'apprête à entrer dans le café situé à côté du panneau d'affichage des trains, elle me retient par l'épaule. Elle ne peut pas aller là, elle est grillée. Elle préférerait sortir. Nous passons devant le relais à journaux, elle fait un détour pour saluer la femme qui tient la caisse que j'observe de loin, elle a une grosse poitrine, ses lèvres sont peintes et ses cheveux roux flamboyant, elle donne à No un Bounty et un paquet de petits Lu, No me rejoint. Nous traversons le boulevard et entrons dans l'une de ces brasseries aux larges vitrines qui se ressemblent toutes, j'ai juste le temps de lire le nom inscrit sur l'auvent. À l'intérieur du Relais d'Auvergne ça sent la saucisse et le chou, je cherche dans ma base de données interne à quelle spécialité culinaire peut correspondre cette odeur, potée au chou, chou farci, choux de Bruxelles, chou blanc, savez-vous planter les choux, il faut toujours que je prenne les chemins de traverse, que je me disperse, c'est énervant mais c'est plus fort que moi.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2010 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia