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Auteur : Olivia Rosenthal
Date de saisie : 23/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Verticales-Phase deux, Paris, France
Prix : 16.50 € / 108.23 F
ISBN : 978-2-07-078531-5
GENCOD : 9782070785315
Sorti le : 23/08/2007
«Le 6 juillet 2004, Monsieur T. a poignardé sa femme de cinq coups de couteau. Quand, lors de son interrogatoire, on a demandé à Monsieur T. pourquoi il avait agi de la sorte, il a été incapable de répondre.
Comment vous appelez-vous ?
Pas moi.
Quel est votre prénom ?
Il ne m'appartient pas.»
On n'est pas là pour disparaître part du portrait d'un homme atteint de la maladie d'Alzheimer pour saisir sur le vif ce qu'est la perte de la mémoire, de la parole et de la raison. Avec ce septième livre optimiste et désespéré, Olivia Rosenthal confirme son talent et son inventivité langagière.
Olivia Rosenthal est l'auteur de six fictions aux Éditions Verticales dont Mes petites communautés (1999), Puisque nous sommes vivants (2000), Les sept voies de la désobéissance (2004) et Les fantaisies spéculatives de J.H. le sémite (2005), ainsi que d'une pièce de théâtre, Les félins m'aiment bien (Actes Sud-Papiers, 2004).
Avec On n'est pas là pour disparaître, qui vient d'obtenir le prix Wepler-Fondation La Poste, Olivia Rosenthal, à 42 ans, se saisit d'un sujet qui effraie, la maladie d'Alzheimer. Sans se laisser aller à des excès de pathos ou de voyeurisme...
Le récit procède par fragments faits de descriptions, d'interrogations, d'hypothèses, confrontant le lecteur aux propos de celui qui affirme "je ne suis plus un occupant du monde", comme aux détours de pensées de la narratrice...
Mais, comme toujours chez Olivia Rosenthal, il y a un rythme et une forme de fantaisie qui empêchent de se laisser aller à la déploration. Et On n'est pas là pour disparaître prolonge la réflexion sur l'identité de tous ses autres livres. Comment joue-t-on avec la mémoire et l'oubli pour construire son identité ? Que reste-t-il de celle-ci quand on perd la mémoire ?
On commence alors à saisir pourquoi cette maladie la fascine. Elle cesse de n'y voir qu'une déchéance. Elle ressent l'attirance du vide, d'une vie sans passé, sans lien, sans poids, sans culpabilité. Elle y voit «l'opportunité d'accéder par la pensée à des lieux sinon inaccessibles» et se demande si «la vie n'est pas plus joyeuse quand on n'a plus rien à perdre». La maladie d'Alzheimer serait-elle un signe des temps ? Le symptôme d'une époque où l'homme s'acharne à tout maîtriser, tout comprendre, et calcule la réussite d'une existence à l'aune de ce qu'elle a accumulé ? La question valait qu'un écrivain la pose.
Par bribes, comme pour chercher un peu d'humanité, elle retrace la vie du Dr Aloïs Alzheimer, qui «ne veut pas léguer à ses enfants le nom d'une maladie qui frappe à l'âge adulte des hommes et des femmes en pleine santé physique». On n'est pas là pour disparaître dit l'absence, l'effacement, l'abandon - autres formes de mort. Olivia Rosenthal hésite - «J'ai un trou»... -, se reprend, défie l'inacceptable avec des petits bouts de poésie, des brins d'humour : «Chaque jour, Monsieur T. embrasse Madame X. pour la première fois.» L'amour toujours recommencé, l'amour parfait ?
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