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La baie d'Alger

Couverture du livre La baie d'Alger

Auteur : Louis Gardel

Date de saisie : 02/02/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre rouge

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-02-034889-8

GENCOD : 9782020348898

Sorti le : 23/08/2007

... Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler de Louis Gardel et de son dernier livre : La baie d'Alger, paru au Seuil. Pourquoi ce livre ? D'abord parce que c'est un livre qui m'a profondément touché à la lecture dans la mesure où Louis Gardel qui est un monsieur un peu plus âgé que moi a vécu la décolonisation de l'Algérie et l'abandon, si j'ose dire, de la France en Algérie au début des années soixante, avec toutes les douleurs que ça présuppose, et que cela fait écho en moi à des situations familiales connues, à de grands souvenirs de joutes diverses et variées dans ma famille. Là, il n'y a pas d'emphase, il n'y a pas de grandes envolées. Il y a simplement une réalité, et je pense que les gens qui vivaient en Algérie à cette époque-là ont vécu cette réalité, avec beaucoup de douleur, et c'est très bien dit, avec parfois sans doute beaucoup moins de pudeur, avec beaucoup plus de sentiment d'être écorché par les situations douloureuses qu'ils ont eues à traverser. Et le narrateur est un adolescent de quinze ans, qui comprend bien et intuitivement que la chose n'est plus possible. Toute la force du livre, c'est que, à partir du début et jusqu'à la fin, la démonstration s'affirme évidemment que quelque soit le bord où on est dans cette situation-là, cela ne peut pas être une situation qui est faite pour durer. La présence de la France en Algérie est condamnée depuis le début du récit, et elle est condamnée dans les faits tout au long de l'histoire qui dure sept ou huit ans. Le narrateur a une grand-mère qui a des amis, une couturière, un couturier, des serviteurs, des copains de son âge. Tous les échanges et tout ce qui se passe dans cet ouvrage amènent à la conclusion que l'inéluctable, ça sera l'indépendance de l'Algérie, ça sera l'abandon de la France en Algérie. Je trouve ce livre particulièrement évocateur et très intéressant pour des gens qui ont pu avoir à vivre cette période d'une part, pour en avoir entendu parler, et deuxièmement, je trouve que c'est un style particulièrement intéressant parce que d'une simplicité élémentaire et d'une émotion très grande. Eh bien, je vous recommande la lecture de ce livre, vous allez passer un bon moment...


Philippe Authier - 18/07/07


  • Les présentations des éditeurs : 30/01/2008

Le narrateur est né en Algérie quand elle était française.
Il sort de l'adolescence alors que la guerre d'indépendance commence. Un soir, devant la baie d'Alger, il est traversé par la certitude que l'univers où il a grandi est condamné à disparaître. Mais, à quinze ans, la lucidité est une vertu encombrante. Il préfère les élans de son âge. Tenter de séduire les filles. Discuter avec Solal, camarade de classe et frère d'élection. S'enflammer pour Proust grâce à un éblouissant professeur qui mène, hors du lycée, de mystérieuses activités.
Pêcher avec Bouarab sur la plage de Surcouf. Découvrir que les gens ne sont jamais ce qu'on croit qu'ils sont. Cependant, la violence des événements s'accélère. Comment résister ? Dans cet apprentissage, Zoé, sa grand-mère, l'accompagne. Généreuse, elle reste aussi proche du président Steiger, le meneur des colons, que du garçon arabe avec qui elle partage son café du matin. Elle avance, avec sa force de vie, sans gémir sur le paradis perdu.

Louis Gardel est né à Alger et vit à Paris. Il a publié huit romans au Seuil, dont Fort Saganne, La Maison du guerrier (Dar Baroud), L'Aurore des bien-aimés. Il a aussi écrit une douzaine de films pour le cinéma et la télévision.



  • La revue de presse Gilles Martin-Chauffier - Paris-Match du 25 octobre 2007

C'est l'histoire d'un adolescent qui, un soir, s'aperçoit que la vie n'est qu'un pont d'allumettes entre la naissance et la mort. Cette révélation lui saute au coeur sur le balcon de sa grand-mère d'où il observe la plus belle baie du monde, celle d'Alger...
Mais on est en 1955 et ce lycéen pressent tout à coup que la nuit va engloutir ce décor, ses amis et ses souvenirs. Cinquante ans plus tard, devenu un écrivain parisien, le jeune Algérois raconte comment son intuition a pris forme. Et cela donne un texte humain sur la guerre qui n'a jamais osé dire son nom...
Tout est perdu et, si l'on doit un jour enterrer la hache de guerre, ce sera dans la tête de l'ennemi. Mais il ne le dit pas. Il ne veut pas blesser sa grand-mère, ni démoraliser son meilleur ami qui parle de partir pour Israël. Il va se contenter de passer son bac et de s'inscrire en prépa à Paris. C'est une fin courtoise, en douceur, sans drame ni pathos. On n'est pas saisi d'horreur, ni soulevé d'indignation. On est seulement ému car, au lieu d'un héros, on voit vivre un être humain. Et on partage tout ce qu'il a envie de nous dire. C'est tellement plus efficace que les pamphlets ou les coups de poing en pleine poire


  • La revue de presse Albert Sebag - Le Point du 18 octobre 2007

Du cher Albert Cohen, il y eut «Le livre de ma mère». Désormais, grâce à Louis Gardel, il y aura «le livre de ma grand-mère», tant le portrait de son aïeule qu'il dresse dans ce nouveau récit est à plus d'un titre bouleversant et juste. On retrouve dans «La baie d'Alger» toute l'odeur de sable chaud de «Fort Saganne», qui lui apporta gloire - grand prix du roman de l'Académie française en 1980 - et succès - l'adaptation par Corneau avec Deneuve et Depardieu en 1984 fut à l'époque le plus gros budget de l'histoire du cinéma français. Mais dans cette «Baie d'Alger», on respire aussi le parfum du miel et des premières amours d'un adolescent dont la lucidité est, selon René Char, souvent «la blessure la plus rapprochée du soleil».


  • La revue de presse Jacques Nerson - Le Nouvel Observateur du 6 septembre 2007

Ici se trouve le secret du charme de ce récit. L'Algérie de Gardel est une «Cerisaie» méditerranéenne dont les personnages, comme leurs homologues russes, n'ont «pas de prise sur l'issue du drame dans lequel ils jouent», l'auteur ayant par ailleurs fait sienne la morale tchékhovienne : ne condamner personne, n'absoudre personne. Quant à son écriture, c'est le summum de l'élégance. Rien ne trahit l'effort. Tout semble facile et souple. Ni coups de gueule ni coups de cravache. Calme, docile comme un cheval bien dressé, la phrase obéit au doigt et à l'oeil aux intentions de l'écrivain. Va où il veut, comme il veut, quand il veut. L'émotion frappe d'autant plus violemment le lecteur qu'il ne la voit pas venir.


  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 30 aout 2007

Louis Gardel évoque une jeunesse algérienne, vécue par l'enfant d'une famille de colons juste avant «les événements», à quelques années de l'indépendance de l'Algérie. On ne sait pas par quel miracle la simplicité de la narration rend l'histoire si émouvante ; ni par quelle magie les mots deviennent parfum ; les phrases, des scènes vivantes. Sans doute, l'auteur de Fort Saganne n'en rajoute-t-il pas ; et c'est ce qui donne toute la puissance à ce roman. Il parle surtout de la «fin», ce sentiment qui fait glisser, sans prévenir, le présent vers les souvenirs : c'est la fin de l'enfance, la fin d'une époque, la fin de son pays natal. Il a cette jolie expression pour adoucir sa peine : «Pour me réconforter ou, en tout cas, tenter d'arrêter mes larmes, je me dis que la géographie résiste à l'histoire.» Même s'il devine «l'issue fatale».


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