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Auteur : Joël Rose
Traducteur : Marie de Prémonville
Date de saisie : 22/08/2007
Genre : Policiers
Editeur : Anne Carrière, Paris, France
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-84337-464-7
GENCOD : 9782843374647
Sorti le : 22/08/2007
L'histoire à un crime, d'un poète et d'une ville.
1841, le meurtre sanglant de Mary Rogers traumatise la société new-yorkaise et inspire à Edgar Allan Poe une de ses nouvelles les plus célèbres.
L'affaire ne sera jamais résolue.
Les circonstances de la mort du poète restent elles aussi à ce jour mystérieuses.
Un grand roman entremêlant littérature, énigme policière et peinture sociale.
«Dans Noir Corbeau, Joël Rose a su capturer avec un panache époustouflant la sauvagerie et la vitalité du New York d'Edgar Allan Poe. Il offre un portrait plein de vie de la ville dans tout l'éclat et toute l'exubérance de sa jeunesse, et la peuple de personnages inoubliables et impertinents, le tout servi par un récit trépidant et divertissant. Un roman extraordinaire.» Patrick McGrath, auteur de L'Alise, Spider et Port Mungo
Joël Rose est l'auteur de deux autres romans : Mort aux pauvres et A fleur de peau, qualifié par Irvine Welsh, auteur de Trainspotting, de «chef-d'oeuvre moderne».
Noir Corbeau raconte une enquête de Jacob Hays, 69 ans, chef de la police. On a retrouvé dans l'Hudson le corps d'une jeune vendeuse de cigare, Mary Rogers. Très vite, la presse agite l'affaire et l'émotion populaire. On accuse du meurtre des bandes de voyous. Dans la réalité, ce meurtre a bien eu lieu, en juillet 1841. Lisant et utilisant tous les articles publiés, Poe en tira aussitôt l'un de ses plus célèbres récits policiers, le Mystère de Marie Roget...
Rose prend prétexte de l'affaire pour ressusciter le New York assez terrible de ces années-là : sa police, sa presse, ses écrivains, ses bandes, ses quartiers populaires. D'autres personnages essentiels sont les frères Colt, dont l'un, Samuel, inventa l'arme qui porte son nom. L'autre, John, plagie les poèmes de Poe. Il est aussi accusé du meurtre de Mary Rogers...
Son roman est souvent écrit au présent. Il balaie par flashs le temps, qui vide les personnages.
Acceptant la main que lui tendait Balboa, Hays grimpa dans sa voiture, une calèche noire à capote, et il ne lui fallut guère plus de quelques minutes pour retrouver son bureau des Tombs, face à sa fenêtre à barreaux, baigné d'un rayon de lumière de midi.
Le sergent McArdel, de la patrouille de nuit, qui avait pénétré dans la pièce exiguë par le couloir, se tenait à présent derrière lui dans l'embrasure de la porte. Il se racla la gorge.
«Eh bien, sergent, qu'y a-t-il ? s'enquit Hays en se tournant vers son subalterne au visage mou et rougeaud et à la chevelure rousse.
-Un monsieur a demandé à vous voir, m'sieur», répondit McArdel.
A trente-neuf ans, le sergent McArdel faisait partie de la police depuis dix-sept années, dont trois seulement à titre permanent. Auparavant, il avait travaillé le jour comme porteur de charbon, principalement dans le Troisième Quartier, autour de Columbia Collège. Les emplois de complément en dehors de la police, comme dans le cas du sergent, n'étaient pas une exception et n'avaient rien de singulier. La plupart des agents menaient de front une autre activité pour arrondir les maigres émoluments (officiellement, quatre-vingt-sept cents par tour de garde) que leur allouaient la mairie, le conseil municipal et les comités de quartier.
«Si vous me permettez, monsieur, ajouta McArdel, je dirais que l'homme avait l'air passablement inquiet.»
La prison, dans les entrailles de laquelle Hays avait son bureau, avait été bâtie trois ans plus tôt, en 1838, en remplacement de la Old Bridewell. Appelé fort à propos maison de détention pour hommes de Manhattan, ou encore, dans certains cercles, le Palais de Justice, ce bâtiment lugubre en pierre grise de Weehawken, construit sur pilotis, se dressait à l'intersection des rues Elm, Centre, Anthony et Léonard, sur la rive ouest de l'ancien réservoir d'eau douce, un vaste étang dont on tirait autrefois toute l'eau potable de la ville de New York. Mais, depuis la pose de la première pierre, on n'appelait plus l'édifice que les «Tombs».
Le bureau du directeur de la police se situait en plein couloir de la mort, près de la grande cellule de dégrisement où défilait quotidiennement un flot ininterrompu d'ivrognes, de voyous et de joueurs de bonneteau qu'on enfermait le temps pour eux de dessoûler, de payer leur amende (en général, deux dollars cinquante) et de s'en retourner là d'où ils étaient venus.
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