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Auteur : Carl Aderhold
Date de saisie : 22/08/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Hachette Littératures, Paris, France
Collection : Domaine littéraire de Michel Bulteau
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-01-237272-6
GENCOD : 9782012372726
Sorti le : 22/08/2007
«Contrairement à l'idée répandue, les cons ne sont pas réformables ; les campagnes de prévention ou les actions pédagogiques n'ont pas de prise sur eux. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquille : la peur. Je veux qu'ils sachent que je les surveille et que le temps de l'impunité est révolu.
Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu'ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat.»
Qui n'a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse ? Ou d'envoyer dans le décor l'automobiliste qui vous serre de trop près ? Le héros de cette histoire, lui, a décidé un jour de passer à l'action.
1. On ne fait jamais assez attention aux petites choses de la vie. Pourtant le plus souvent, ce sont elles qui sont à l'origine des changements importants de notre existence. La littérature et le cinéma nous encombrent l'imagination de grands drames qui bouleversent la destinée du héros. Mais dans la réalité, ces brusques coups de tonnerre prennent presque toujours la forme de détails ridicules.
Un jour, ma femme m'a raconté qu'elle avait quitté son précédent mari en voyant, un matin, sa brosse à dents traîner sur le bord du lavabo. Lorsque son regard s'était posé sur la brosse, négligemment abandonnée une fois de plus sur l'émail taché de dentifrice, toutes les petites contrariétés auxquelles elle s'était habituée pour pouvoir vivre en couple lui avaient sauté à la gorge, l'odeur de son mari au réveil, sa façon de manger si rapide qu'on avait l'impression d'une pelleteuse creusant un trou, son laisser-aller - il ne se rasait pas le week-end, portait un vieux jean qu'il ne boutonnait jamais, et se déplaçait dans l'appartement, une main retenant son pantalon -et bien d'autres choses, son raclement de gorge à chaque fois qu'il commençait à parler, comme s'il allait dire quelque chose d'important, et sa toux nerveuse qui lui écorchait les oreilles quand elle l'appelait au téléphone, tout avait resurgi en même temps avec une précision incroyable. Elle avait alors sorti sa valise de l'armoire et jeté quelques affaires dedans.
2. Quant à moi, c'est une petite chatte, une saleté de boule de poils noire avec une tache blanche sur l'oreille, qui changea le cours de ma vie. Et encore, cet animal n'était même pas le nôtre. Ma femme n'aurait jamais supporté d'avoir un chat à la maison. Il appartenait à notre voisine qui l'avait appelé Zarathoustra. Comme nous nous étonnions de ce drôle de nom, surtout pour une chatte, elle nous avait expliqué que c'était en souvenir de son premier grand amour, un professeur de philosophie.
Les soirs d'été, lorsque nous laissions la fenêtre ouverte, Zarathoustra (vite devenue Zara) entrait par le balcon et venait s'installer sur notre canapé.
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