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.. Garden-parties

Couverture du livre Garden-parties

Auteur : Alain Voline

Date de saisie : 22/08/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Lattès, Paris, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-7096-2943-0

GENCOD : 9782709629430

Sorti le : 22/08/2007

  • Le journal sonore des livres : Lu par Alain Voline - 06/09/2007

Alain Voline - 06/09/2007


  • Le journal sonore des livres : Lu par Alain Voline - 06/09/2007

Alain Voline - 06/09/2007


  • Les présentations des éditeurs : 06/09/2007

Juillet 1976. Le village de Barbizon, en bordure de la forêt de Fontainebleau, affronte la sécheresse que personne n'a senti venir. Les feux d'artifice et l'arrosage sont interdits, une mort lente guette les jardins.
Au parc des Grisards, chez le docteur Brucke qui veut fêter avec faste ses quarante ans, Dem, le nouveau jardinier, succède à beaucoup d'autres. Il ne sait pas encore qu'à l'abri des haies du parc, la montée inexorable de la température va échauffer les esprits, modifier les perceptions du monde et du temps, pousser chaque être à rencontrer son destin.
Dem, lui-même, qui connaît les humains et sait lire les signes subtils que la nature nous envoie, se retrouve bouleversé par Nelly, l'insatisfaite femme du docteur. La sagesse propose, l'amour dispose.

Alain Voline vit près de Paris, il a exercé les métiers de graphiste et de paysagiste. D'origine russe, il est le petit-fils du révolutionnaire Voline. Garden-parties est son premier roman.


  • Les courts extraits de livres : 06/09/2007

Dimanche 11 juillet 1976

Le parc des Grisards occupait 2 hectares en lisière de forêt, au sud de Barbizon. Du portail à la maison bourgeoise tapissée de lierre et de vigne vierge, je comptai 230 pas et 28 paires de marronniers d'alignement. Tout en grimpant les marches du perron de pierre, je convertis malgré les aboiements des chiens : 140 mètres d'allée principale gravillonnée plus 56 arbres taillés me vaudraient plusieurs milliers de coups de râteau le matin et plusieurs millions à l'automne.
Soucieux de ne pas relancer l'excitation des chiens en sonnant, j'attendis devant la porte vitrée que chacun eût terminé de m'annoncer. Le plus gros, un mâle bull-terrier blanc et rose, griffait le panneau de verre en exhibant la denture de sa gueule démesurée. L'autre, une femelle fox-terrier, bondissait sur le carrelage du hall.
Du point de vue du jardinier, rien n'est pire qu'un couple de ces animaux. Ils défoncent les plates-bandes, aboient et poursuivent le premier qui bouge, bornent leur territoire de giclées puantes et de crottes à vomir. Par deux, ils possèdent une raison supplémentaire de galoper avec bruit grâce à la possibilité de s'asticoter. Enfin, leur qualificatif a valeur d'euphémisme.
Mon enthousiasme douché, je reconsidérai le cas de la haie vive doublant la barrière côté rue. Poussée en hauteur, dégarnie du pied, elle avait besoin d'une coupe qui la rendrait encore plus affreuse. Ce piètre résultat immédiat me vaudrait l'incompréhension réprobatrice du docteur Brucke. Quant aux grisards, énormes peupliers hybrides qui avaient donné leur nom au parc, ils dominaient par la taille mais aussi par la multiplication de drageons le long des racines superficielles. Mon employeur n'apprécierait pas d'avoir à choisir entre l'avenir des pelouses et l'abattage de ces arbres.
Il était temps de rebrousser chemin. Je savais maintenant pourquoi on m'avait tendu les bras au téléphone. Malmené par de prétendus jardiniers, le parc faisait peur aux vrais.
Madame Brucke me coupait la retraite au bas du perron.
- Les chiens ne m'obéissent pas vraiment. Voulez-vous visiter le parc ?
Je posai ma valise en tôle ondulée d'aluminium, descendis ensuite les marches du grand escalier des Grisards sous le regard mutin d'un mannequin menu, cependant pourvu de rondeurs appétissantes pailletées de roux.
Tout était roux chez madame Brucke, sauf sa robe de coton blanc. Cheveux roux en casque, taches de rousseur, regard clair, lumineux et... roux.
- Bonjour, madame, dis-je, hypnotisé.
Arrêtés sur l'avant-dernière marche en partant du haut, mes 180 centimètres me firent tendre la main à une altitude inhabituelle, vu les circonstances et la petite taille de madame Brucke. Sandales à semelles plates et gonflant des cheveux compris, elle devait culminer à 160.
- Bonjour, monsieur Sans, répondit-elle, un brin moqueuse.


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