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Auteur : Charles Dantzig
Date de saisie : 03/09/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : LGF, Paris, France
Collection : Le Livre de poche, n° 30902
Prix : 6.00 € / 39.36 F
ISBN : 978-2-253-11991-3
GENCOD : 9782253119913
Sorti le : 03/09/2007
Birbillaz ! Bir, bi, yazzz. L'essaim de la gloire bourdonne. Tout le monde parle de Birbillaz, le jeune réalisateur de génie, l'auteur du célèbre Un film d'amour. Birbillaz qui, après avoir obtenu le Lion d'argent au festival de Venise, s'est retiré du monde. Vous avez des nouvelles de Birbillaz ? Ses amis l'évoquent au cours d'une émission télévisée tout en dialogues et en surprises, en perfidies et en confidences. Les acteurs du film, son producteur, l'épicière de sa rue, un professeur d'Oxford, le directeur du théâtre San Carlo de Naples et bien d'autres encore. Birbillaz, sa vie, son oeuvre, sa famille impossible. Quel est le secret de Birbillaz ?
Ce livre vertigineux est tout à la fois un exercice de style, une fresque sur la vitalité italienne et la dolce vita romaine, une satirique déclaration d'amour au cinéma.
Jean-Luc Douin, Le Monde des livres.
Ce livre, intelligent de la première à la dernière ligne, vise une sorte de totalité, comme tous les grands livres.
Jacques Drillon, Nouvel Observateur.
Charles Dantzig est l'auteur du Dictionnaire égoïste de la littérature française, prix Décembre, Grand Prix des lectrices de Elle, prix de l'Essai de l'Académie française.
FELLINI ! FELLINI !
Caria Pontecorvo - Federico Balducchi - Galeazzo Gazzerini - Laudomia Gazzerini - Jérôme Poincenot - Bruna Fantini
Caria Pontecorvo
Cette Italienne aux cheveux noirs, à la peau pâle, belle comme la lune, vous l'avez reconnue, c'est Caria Pontecorvo. Caria Pontecorvo est une de ces actrices européennes qui, par bonheur, ont raté leur «carrière américaine» : l'accent qu'elle n'arrivait pas à perdre la confinait dans des rôles d'étrangères, et elle est revenue en Europe pour devenir une des plus grandes tragédiennes de notre temps ; au festival de Saint-Elias (les Français ont été charmés par cet accent étranger), on l'a vue dans Phèdre, entrant en scène en chassant ses voiles comme des mouches, agacée, sèche, déjà folle, captivante ; elle tourne dans les films les plus audacieux ; Caria Pontecorvo est une telle star, avec elle le mot n'est pas abusif, que la légende s'est emparée de sa vie. Selon une version, elle est la fille d'un officier général américain et d'une prostituée de Naples qui serait venue expliquer à cet officier, en 1943, après la libération de la ville, que ses consoeurs atteintes de la syphilis refusaient d'être envoyées clandestinement à Rome pour contaminer les Allemands, comme il avait été génialement prévu par l'Etat-Major allié ; d'autres assurent qu'elle est la fille d'un prêtre croate ; en tout cas, elle n'a rien à voir avec Gillo Pontecorvo, le réalisateur de La Bataille d'Alger. Elle nous reçoit sur son toit-terrasse du Corso, à Rome, pour l'émission que nous sommes en train de tourner ; comme la plupart des intervenants, elle parle français.
- J'ai connu Birbillaz alors qu'il était déjà établi à Rome depuis quelques années. Il louait un appartement via Laurina, c'est une petite rue proche qui relie le Corso à la via del Babuino : vous voyez l'obélisque de la place du Peuple ? À droite. Vous voyez maintenant le toit avec le linge qui sèche, où une grande serviette orange est tombée sur l'assiette du satellite ? Non, à côté de la mouette qui... c'est ça. Le toit d'à côté. Il nous arrivait, quand nous nous apercevions, de nous adresser un salut, parfois même nous conversions par téléphone, moi sur ma chaise longue, lui accoudé à la balustrade, c'était charmant. J'ai été la première à l'inviter. Sur cette terrasse, ici même, pour un dîner où il y avait d'ailleurs mon amie Laudomia Gazzerini, une femme exquise, très intelligente, que j'aime beaucoup, et c'est comme cela qu'il a rencontré son producteur, puisque c'est le mari de Laudomia. J'aime jouer dans les premiers films de talent : mieux que prometteurs, ils tiennent leurs promesses, et avec beaucoup plus de ruse que de maladresse, car ils sont faits par des jeunes gens très enthousiastes et très cultivés. (Je leur reprocherais plutôt de manquer de naïveté.) Birbillaz m'avait montré le scénario, qu'il avait écrit lui-même. Je n'avais rien lu d'aussi intelligent, d'aussi personnel, d'aussi «poétique» depuis des années. D'ailleurs, vous connaissez le résultat : le Lion d'argent au festival de Venise.
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