Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.
Libraires,partagez vos découvertes.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.
est notre partenaire « Télé » : chaque jeudi soir, un portrait de libraire est diffusé dans l’émission de François Busnel « La Grande Librairie ».
est notre partenaire « Radio ». Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche soir, François Busnel reçoit deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée.
Auteur : Albert Piñol
Traducteur : Marianne Millon
Date de saisie : 26/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Lettres hispaniques
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-7427-6907-0
GENCOD : 9782742769070
Sorti le : 03/09/2007
Albert Sanchez Piñol est un auteur qui avait précédemment publié un roman magistral qui s'appelait La peau froide, sorti aux éditions Actes Sud Babel. Pandore au Congo, c'est tout ce qu'on attend d'un roman, d'une véritable fiction, et c'est tout ce qu'on attend d'un grand romancier comme Albert Sanchez Piñol, à savoir qu'il est capable de vous raconter une histoire, vous en tant que lecteur de vous asseoir à côté de lui et de vous faire rentrer dans son univers, dans son imaginaire. Ça reste de la littérature, mais en même temps on est très proche de la fiction, et de la fiction à la Philippe K.Dick sans que ça en soit réellement puisque ça n'est pas du tout en plus présenté comme tel dans cette collection, à travers le destin d'un jeune type qui part en expédition au Congo à des vues de prospection aurifères. C'est vraiment un roman magistral.
C'est l'histoire d'un écrivain qui se rend compte un jour qu'il est nègre de nègre de nègre de nègre. Le jour où il se rend à l'enterrement de son commanditaire, il va être abordé par un avocat qui vient le voir en lui disant : «Eh bien, voilà, j'ai déjà lu ce que vous avez écrit et je cherche justement quelqu'un qui serait capable d'écrire une histoire. Je suis avocat d'un type qui s'appelle Marcus Garvey qui est un type aux origines douteuses, un peu gitan, qui serait parti au Congo en 1910 avec deux jeunes aristocrates anglais.» Et le seul à être revenu de cette expédition est Marcus Garvey. Il est arrêté par la police, emprisonné, jugé et condamné à la pendaison. Or pour son avocat, la seule possibilité et la seule chance de voir un jour son client être sauvé serait peut-être d'écrire un roman pour raconter son histoire. Et c'est là où la plume magistrale d'Albert Sanchez Piñol entre en jeu, puisqu'il est quand même capable à travers les traits de Marcus Garvey de nous raconter l'histoire incroyable de cette aventure au Congo menée par ces deux aristocrates et ce gitan. À découvrir et à ne jamais oublier...
Thomas Thomson, nègre pour un écrivain populaire, est embauché par un avocat pour écrire l'histoire de son client, un gitan accusé du meurtre de ses maîtres. Un récit qui mènera le lecteur de Londres à l'étouffante jungle du Congo, et même au centre de la Terre.... Il n'est pourtant pas ici question d'exotisme : c'est à une réflexion sur l'irréductible étrangeté du rapport à autrui que nous convie Sanchez Piñol. Poursuivant la voie qu'il avait ouverte avec La Peau Froide, l'auteur dresse un portrait lucide de notre humanité, en perpétuelle balance entre l'amour le plus pur et la plus abjecte tyrannie.
1914.
L'Empire britannique est à son zénith et Londres s'apprête à subir les foudres du Kaiser. Thommy Thomson oeuvre dans l'ombre pour un plumitif mégalomane quand un avocat lui propose un marché insolite : écrire l'histoire de son client, Marcus Garvey, un gitan accusé d'avoir assassiné au Congo les fils du duc qu'il servait. Publié avant le procès, le récit concourt par son immense succès à sauver de la potence celui que tout accuse.
Il met au jour le détail de l'expédition enragée de deux aristocrates qui s'enfoncent dans la jungle congolaise jusqu'aux confins du monde, aiguillonnés par la fièvre de l'or. Avec Marcus, ils vont mener la première guerre verticale de l'histoire contre une armée insolite surgie des entrailles de la terre. Par convoitise pour une de ces créatures, les hommes ouvrent la boîte de Pandore et les intenses tropiques débrident ceux qui ne savent plus tenir leur rang.
Les sang-bleu se révèlent de fieffées canailles et un pauvre domestique s'érige en sauveur de l'humanité. Dans cette aventure qui semblait établir le triomphe de la justice des hommes, tout n'est que chimère ; seule la fiction y gagne des lettres de noblesse.
Né à Barcelone en 1965, Albert Sanchez Piñol est anthropologue. Il est l'auteur d'un essai et d'un recueil de nouvelles. Son premier roman, La Peau froide, best-seller international, a été traduit dans une trentaine de langues. Pandore au Congo suit la même voie.
Albert Sánchez Piñol, anthropologue de son état et auteur d'un précédent roman, La Peau froide, tout aussi excitant, ne craint ni l'improbable ni le réel. Il est de la famille des grands baroudeurs de la narration - dans le même sac, Alexandre Dumas et Alberto Ongaro. Magouilleur et jouisseur, il fait de la manipulation du grand art. Il piège ses personnages (et le lecteur) avec un naturel infaillible. Il batifole, malmène la raison, magnifie l'étrange et, généreux, offre sans mesure un plaisir insolite - une espèce d'euphorie.
Cette histoire commença par trois enterrements et s'acheva sur un coeur brisé : le mien. L'été 1914, j'avais dix-neuf ans et j'étais à moitié asthmatique, à moitié pacifiste et à moitié écrivain. A moitié asthmatique : je toussais moitié moins que les malades, mais deux fois plus que les bien portants. A moitié pacifiste : en réalité, j'étais trop mou pour militer contre les guerres. J'étais juste contre le fait d'y participer. A moitié écrivain : le terme écrivain est prétentieux. Même quand je dis "à moitié écrivain" j'exagère. J'écrivais des livres sur commande. C'est-à-dire que j'étais un nègre. (Dans le monde de l'édition on qualifie de "nègre" celui qui écrit des livres que d'autres signent.)
Qui se souvient aujourd'hui du docteur Luther Flag ? Personne. Il a sombré dans l'oubli. Mais avant la Grande Guerre il jouissait d'une certaine popularité. C'était un de ces écrivains de romans à l'eau de rose. Toutes les histoires du docteur Flag (je n'ai jamais su s'il était vraiment médecin) avaient l'Afrique pour décor et tenaient précisément en quatre-vingts pages.
Sur la quatrième de couverture figurait toujours la même photo du docteur Flag : un homme à l'épaisse chevelure blanche et à la barbe rectangulaire, que la vie avait guidé en ligne droite sur le chemin de la sagesse. Incliné sur une table où était étalée une grande carte du continent noir. D'un doigt il désignait un point inconnu, de l'autre main il tenait un monocle devant son oeil droit. Son regard sous-entendait tous les mystères.
Il n'y avait pas tellement de lieux qui offraient un aussi large éventail d'éléments narratifs que l'Afrique noire. Les Massais, les Zoulous, les rebelles boers. La savane, la jungle. Eléphants, crocodiles, hippopotames et lions, explorateurs et chasseurs. Tout cela. Avec une telle quantité d'ingrédients, si suggestifs, et une imagination vive, il était relativement simple d'écrire une poignée d'histoires faciles. Mais le docteur Flag était devenu l'auteur le plus prolifique des lettres anglaises. Il publiait trois romans par semaine depuis vingt ans. Si chacun d'eux comportait les quatre-vingts pages de rigueur, cela voulait dire qu'il écrivait deux cent quarante pages en sept jours. Une moyenne, sauf erreur de ma part, de 34,2 pages quotidiennes. Et personne ne peut écrire 34,2 pages chaque jour pendant vingt ans. Personne.
A cette époque, je fis la connaissance d'un certain Frank Strub. Il était le nègre du docteur Luther Flag. Ce fut lui qui me proposa le travail. Etant donné que le docteur Flag le payait au feuillet, il avait intérêt à rédiger le plus grand nombre possible de pages par jour. Strub était marié, il avait trois enfants, et trois enfants constituent un grand stimulant pour faire des heures supplémentaires. Mais il y a des limites à tout.
Au service du docteur Flag depuis un certain temps, Strub était au bord de l'effondrement nerveux. Nous nous connaissions depuis peu, mais Strub était un de ces types avec lesquels on devient facilement intime. Un jour, il m'invita à déjeuner dans un restaurant bon marché du nord de Londres plein de bruit et de prolétaires. Il y avait tellement de monde que nous nous vîmes contraints de tenir nos couverts les bras collés au corps, comme les ailes des poules au poulailler. Le bruit se réverbérait et pour nous entendre, bien qu'assis l'un en face de l'autre, nous devions crier comme des gardes champêtres.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia