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Auteur : Franck Pavloff
Date de saisie : 15/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Romans français
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-226-17965-4
GENCOD : 9782226179654
Sorti le : 22/08/2007
Franck PAVLOFF, avec "la chapelle des apparences", métaphore joliment poétique, écrit un roman du conflit du réel et de l'idéal, comme, en d'autres temps, et sous une autre forme, on a pu faire chanter "les Fleurs du Mal".
Il s'agit de mettre en scène, de réaliser un film : la vie de Mandrin, c'est à dire d'un révolté contre l'oppression.
Des personnages très différents ; un metteur en scène grec, qui a souffert de la dictature des colonels, un scénariste italien au passé terroriste - ou résistant ? - une chilienne martyrisée par l'oppression.
Quoi de commun ? la fêlure, la fragilité, le traumatisme incurable qui mêle le passé et le présent pour tenter de donner un sens a l'avenir. L'immobilité du temps : Mandrin, le Darfour, la misère africaine, la clandestinité, l'immigration, époques et pays dévalent et explosent en bombes de beautés baroques.
"La brièveté de l'instant, c'est sa beauté... les gens qui meurent ne sont pas des symboles" Derrière des aphorismes percutants, une écriture esthétisante.
S'il est un dénouement, qu'il serait inélégant de dévoiler, "Soldats perdus, terroristes, truands de Mandrin, résistants tchétchènes, réunis dans le même plan séquence", ce dénouement a "la luminosité d'un rapide mouvement de tête vers le ciel".
A la suite d'une rencontre à Venise, un journaliste au passé secret croise un vieux cinéaste grec qui l'entraîne avec une troupe de saltimbanques sur le tournage de son film. Film plein de démesure, de morts, de crames qui mêle passé et présent, de la province du Darfour à la Tchétchénie. Les destins se lient, se croisent ou se brisent.
«Vous êtes des hommes magnifiques. Ils ont la loi, vous avez la foi. Vous passerez.»
Franco-bulgare, Franck Pavloff, romancier, nouvelliste et photographe, est par ailleurs un spécialiste reconnu de la psychologie et du droit international des enfants, impliqué dans de nombreux projets de développement communautaire.
Auteur culte depuis le succès international de Matin brun (qui a été tiré à un million d'exemplaires et traduit en quinze langues mais aussi en plusieurs dialectes d'Inde en 2007), il a publié une dizaine de romans noirs, et chez Albin Michel Haute est la tour et Le Pont de Ran-Mositar, prix France Télévisions 2005, prix Lettres frontière 2006 (Suisse et Région Rhône-Alpes), sélectionné pour l'Interallié, les prix Giono, Goncourt et Goncourt des lycéens.
L'EAU des rios renvoyait des senteurs de terre sèche, jardin d'automne et chemin de campagne ; le quartier Cannaregio s'éloignait d'une Venise trop fluide, exubérante.
À la hauteur de l'église Santa Sofia, Sisco bifurqua vers l'hôtel. Il devait transmettre son article sur le palmarès de la Mostra en fin de soirée et la nuit était proche. Un couple égaré le dépassa, l'homme, col de chemise entrouvert sur son smoking de fin de festival, elle, en robe de soie mauve, chaussures à la main. Leurs rires se perdirent dans le calme des ruelles.
L'heure d'avant, fuyant la foule et les cocktails de presse, Sisco s'était rendu au cimetière San Michèle, saluer la tombe d'Ezra Pound. Les dernières heures de sa semaine furtive en Italie le rendaient nostalgique, la poésie épique de l'Américain l'aidait à échapper au blues des exilés. Sur le vaporetto du retour, fasciné par les clapotis de l'eau du Canal Grande et les reflets de la Ca' d'Oro qui tiraient des flèches blondes jusqu'au marché aux poissons, il avait laissé tomber à mi-voix deux vers du poète :
«Et maintenant les fourmis semblent vaciller / quand le soleil du soir a pris au piège leurs ombres.»
À deux pas de là, aux abords du Lido, les festivaliers se pressaient par vagues au passage des stars, clamaient le nom des lauréats. Celui de Xerkés, le réalisateur qui revenait en compétition après des années de silence, courait sur toutes les lèvres. Le vieux Grec avait quitté l'île de Cortos pour présenter son film au scénario encore plus épuré que les précédents. Pendant trois heures de projection, un homme solitaire, un fugitif, se perdait aux confins d'un désert de dunes. Pas d'autres développements que la quête mystique du héros. Les images étaient somptueuses, les lumières subtiles, le rythme profond, magique.
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