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_ Be safe

Couverture du livre Be safe

Auteur : Xavier-Laurent Petit

Date de saisie : 06/09/2007

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France

Collection : Médium

Prix : 10.50 € / 68.88 F

ISBN : 978-2-211-08806-0

GENCOD : 9782211088060

Sorti le : 06/09/2007

Il m'avait déjà émue avec "Miée", et là, je suis à nouveau éblouie par son nouveau roman. Xavier-Laurent Petit aborde un thème qui a été vaguement traité dans les journaux, le recrutement "abusif" des jeunes par l'armée. Il a la virtuosité de ne pas situer son roman géographiquement, de ne donner aucune date, les prénoms ont des consonances américaines, mais...
Jeremy et son frère font une pause entre deux morceaux de musique joués dans le garage familial et vont s'offrir un Coca au centre commercial sur lequel se trouve un car de l'armée. Ses soldats patrouillent sur le parking à la recherche de nouvelles recrues. Jeremy, sans avenir scolaire voire même professionnel signe, dans l'espoir de "construire des ponts". Sauf que c'est "là-bas" que Jeremy part.
Chacun de leur côté, les deux frères vont faire l'apprentissage de la réalité, de la distance, de l'éloignement, de la peur. Ils vont grandir séparément, chacun à leur façon.
Un très grand texte, juste et sans fioritures, qui décrit un autre aspect de la guerre sans jamais s'attarder sur les horreurs que l'on voit à la télé, mais qui peint à merveille les dégâts qu'elle engendre bien loin du lieu des combats.


Annie Falzini - 25/10/2007


  • Les présentations des éditeurs : 15/09/2007

Il y a quelques semaines encore, je grattais la guitare avec Jeremy dans le garage, en rêvant de gloire et de rock'n'roll pendant que P'pa, couché dans le cambouis, trafiquait ses moteurs. Il a fallu que nous croisions les sergents recruteurs, sur le parking du supermarché, un jour où nous avions soif de Coca.
Ils lui ont promis qu'il aurait un bon job, qu'il construirait des ponts.
Alors il a signé.
«Le soldat spécialiste de première classe Jeremy O'Neil est définitivement affecté à la compagnie Sygma du 3e bataillon du 504e régiment de parachutistes de la 82e division aéroportée» dit le papier.
En clair, ça veut dire que Jeremy part là-bas. Là où la guerre fait rage. Il y va pour tuer ou pour se faire tuer. On ne va pas le revoir avant des mois. Il a promis de m'écrire.
Et tous ses mails, il les termine par cette formule : Be safe. Reste en vie.

Photographie de couverture : Franck Juery.


  • Les courts extraits de livres : 15/09/2007

Juillet

La guitare a rugi le dernier accord de What's my name ? tandis que Jeremy la brandissait à bout de bras. Les yeux fermés, ses cheveux longs et son tee-shirt collés par la sueur, il semblait attendre l'ovation des milliers de spectateurs venus l'acclamer. La dernière note s'est éteinte avec un petit sifflement aigu tandis que notre vieil ampli à lampes crachotait. Au-dessus de nos têtes, les tôles de la toiture craquaient sous le soleil.
Jeremy a repoussé la mèche qui lui barrait le visage.
- On s'offre un Coca ?
Il s'était tellement déchiré la gorge à imiter Joe Strummer, le chanteur des Clash, qu'il en avait la voix cassée. J'ai posé la basse contre le mur du garage pour me lancer dans l'exploration de mes fonds de poches, à la recherche des rares pièces qui pouvaient y traîner.
À vrai dire, notre groupe de rock se résumait à ce qu'on fait de plus simple. Mon frère et moi. Jeremy au chant et à la guitare, moi à la basse et aux choeurs, un boulot que j'assurais à moi seul, ce qui demandait une certaine détermination. La plupart du temps, on reprenait des morceaux des Pixies, des Clash ou des Sex Pistols, qu'on braillait comme des déments dans des micros achetés trois fois rien au Cash Converters du coin. Mais notre véritable originalité était ailleurs. On formait certainement le seul groupe de toute l'histoire du rock à ne pas avoir de batteur. On n'aurait pas demandé mieux mais tous ceux qui s'étaient proposés jusqu'à présent étaient de vrais bûcherons, des types qui tapaient comme des sourds sans se soucier une seconde de ce qui se passait autour d'eux.
Nous, on en recherchait un bon. La perle rare.
La seule chose qu'on pouvait vraiment nous reprocher, c'était de faire pas mal de bruit. Nos plus proches voisins n'étaient pas très amateurs de hard rock et ne se gênaient pas pour nous le faire savoir... Depuis le début des vacances, on jouait donc tous les jours, du matin au soir, enfermés dans le garage et toutes portes closes malgré la chaleur étouffante de juillet. Le reste de l'année, on jouait aussi, mais seulement quand le lycée m'en laissait le temps. C'était ma priorité et je ne tenais pas à finir comme mon frère, qui était en vacances depuis deux ans. Ou presque.


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