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Le prince et le moine

Couverture du livre Le prince et le moine

Auteur : Robert Hasz

Préface : Georges Castellan

Traducteur : Chantal Philippe

Date de saisie : 12/12/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : V. Hamy, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-87858-250-5

GENCOD : 9782878582505

Sorti le : 10/09/2007

Je suis très heureux d'intervenir aujourd'hui sur «le choix des libraires.com» afin de vous présenter un livre que j'ai sélectionné au sein de la partie littérature étrangère de cette rentrée, un ouvrage qui mérite à mon sens de sortir quelque peu du lot parmi le choix impressionnant qu'offre une fois de plus cette rentrée littéraire. Ce roman est signé Robert Hasz et s'intitule Le Prince et le moine, publié par les éditions Viviane Hamy qu'il est, je pense, inutile de présenter, qui nous habituent toujours à de très beaux textes au fil de leurs publications, et traduit à l'origine du hongrois. Robert Hasz, dont c'est ici le troisième roman, avait notamment publié voilà quelques années un roman s'intitulant La Forteresse, qui l'avait d'ores et déjà placé à l'époque parmi les grands écrivains. Je vais donc tâcher de vous donner envie de vous plonger dans son nouveau roman : Le Prince et le moine. Dans ce roman qui peut s'apparenter à un récit historique, Robert Hasz fait revivre à travers sa plume une période de l'histoire hongroise que nous, lecteurs, ne connaissons pas forcément avant d'ouvrir le livre. Mais c'est là tout le talent de l'auteur : nous n'avons à aucun moment envie de le refermer avant la dernière page. Le Prince et le moine, c'est l'histoire avant toute autre chose d'un peuple perdant ses racines, et donc ses repères, dans le domaine du sacré, du religieux, un domaine prépondérant s'il en est dans l'Europe Centrale du Xe siècle de notre ère. Le peuple qui nous intéresse, les Magyars, était soumis à l'autorité de deux princes : l'un issu du pouvoir spirituel, le Künde, et l'autre chargé d'un pouvoir un peu plus réel, chargé de veiller sur les hommes, notamment par le biais militaire. Mais un jour, le Künde, chargé du spirituel, se fait assassiner, et depuis, son peuple erre sans instances spirituelles. Dans le même temps, les deux empires que sont Rome et Byzance luttent pour acquérir ces territoires. Le pape choisit d'envoyer un émissaire en la personne de Stéphanus, un moine bénédictin en apparence anodin propulsé au-devant de la scène pour faire parvenir un message de la plus haute importance au prince restant. Mais à peine arrivé à la frontière du monde chrétien, Stéphanus se fait enlever sans explications et se fait ballotter d'une tribu à l'autre sans pouvoir remplir sa mission auprès des Magyars. Le mystère s'épaissit d'autant plus qu'au fil des mois, ce simple moine est traité avec de plus de plus de respect chez les Magyars. Malgré mon désir, je me retiens d'en dire un petit peu plus car les rebondissements qui vont suivre seront de plus en plus nombreux et passionnants. Au gré des batailles, des trahisons et d'une extraordinaire épopée, ce simple moine va progressivement perdre sa naïveté et nous permettre de plonger au coeur du mythe fondateur de la Hongrie et de ses légendes. Certes, ce roman se présente sous l'aspect d'un récit assez dense, mais qui a la grande qualité de tenir le lecteur en alerte tout au long du roman, grâce notamment à des récits enchâssés l'un dans l'autre, entre le moine Stéphanus et l'un de ses proches, moine bénédictin resté à l'abbaye, ces deux narrateurs qui enrichissent l'un et l'autre l'histoire grâce à deux points de vue différents certes, mais qui vont dans le même sens. La Hongrie a une tradition de grande littérature, et ce roman de Robert Hasz y fait honneur. C'est un livre qui m'a réellement passionné, qui est à la fois mené de main de maître et très bien écrit. Pour conclure, je dirai que Robert Hasz signe ici un roman original, ambitieux et de très grande envergure. C'est une réussite totale.


Olivier Augier - 17/09/2007


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

Voici le monde, je te le confie, veille sur mes animaux et sur mes prairies. Tu peux prendre ce dont tu as besoin, mais pas plus qu'il ne t'est nécessaire. Le Dieu-Ancêtre détela un des douze Chevaux blancs de son char de feu et l'apporta à l'homme sur la Terre, disant : Voici ton cheval, afin que sur la terre tu sois plus rapide que le vent, et que dans le ciel, tu voles plus haut que le faucon. Puis il lui donna aussi l'Arc d'or afin qu'il protège les animaux qu'il lui avait confiés.
Enfin le Dieu-Ancêtre planta un grand arbre qui touchait le ciel, et il dit à l'homme : Voici l'Arbre-qui-touche-le-ciel, il relie l'homme au Dieu-Ancêtre. S'il te faut quelque chose, grimpe jusqu'au sommet et tu trouveras dans le ciel ce dont tu as besoin. " Le Prince et le Moine est l'épopée du peuple magyar. Le lecteur plonge au coeur de l'Europe centrale du Xe siècle et du mythe fondateur de la Hongrie.
Au gré des batailles, des légendes et des trahisons, les chroniques enchâssées les unes dans les autres du moine Stéphanus de Pannonie forment une époustouflante chanson de geste.



  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 12 décembre 2007

L'histoire des Hongrois était déjà le thème de Róbert Hász dans ses deux précédents romans. Sous des allures de roman historique, cette nouvelle fiction traite en réalité de la mémoire et de la façon dont l'histoire des peuples est transmise ou enterrée.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, octobre 2007

A travers cette fresque, c'est toute l'Europe centrale du Xe siècle qui se dévoile, ses mythes, ses multiples ethnies, ses superstitions, ses rivalités religieuses et politiques. Au passage, l'auteur du Jardin de Diogène en profite pour inviter ses contemporains à suivre l'exemple de son héros, et à renouer avec le divin. «Lorsqu'un peuple perd ses racines sacrées, il est condamné à disparaître. C'est ce que je constate chez les Hongrois d'aujourd'hui. Quarante ans de communisme athée ont mené à un triste résultat», dit Róbert Hász. Le moine et le prince est son roman le plus ambitieux : une épopée tumultueuse doublée d'un exercice spirituel aux accents pascaliens.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Extrait de la présentation de Georges Castellan, Professeur honoraire à l'Institut national des langues et civilisations orientales :

PARTICULARISMES HONGROIS (Extrait)

Les Hongrois se distinguent de leurs voisins par leur origine et leur langue : cependant, de par la situation géographique de la région où ils se fixèrent, et le brassage ethnique qui s'y opéra, ils eurent souvent bien des difficultés pour se soustraire à l'influence de puissances telles que le Saint Empire, l'Empire ottoman puis l'Union soviétique.

Des pasteurs nomades aux sujets d'un roi catholique

Dans une Europe centrale peuplée par les Slaves - Polonais, Tchèques, Slovaques, Slovènes, Ukrainiens -, un îlot d'origine différente : les Hongrois -qui se désignent sous le nom de Magyars - sont un peuple ouralien ou finno-ougrien originaire de la région de l'Oural. Par leur langue, ils sont apparentés aux Samoyèdes de Sibérie, aux Finnois, aux Lapons et aux Estoniens de l'Europe du Nord. Formant une branche des Ouraliens, un groupe proto-ougrien s'en distingua au premier millénaire avant notre ère. Ils formèrent au nord de la mer Noire un peuple de pasteurs nomades, les Magyars, organisés en clans et en tribus qui furent attaqués par les Turcs Petchenègues vers 890 et se mirent en route vers l'Ouest, s'établissant entre les fleuves Dniestr et Danube, région qu'ils désignèrent comme Etelköz, «entre les fleuves». Là, ils furent sollicités par des princes chrétiens voisins dans leurs querelles et apprirent les routes vers l'Europe centrale qu'ils empruntèrent, à la date factice et traditionnelle de 896, pour s'établir dans la plaine de Pannonie sous la direction du prince Arpád. Ils soumirent rapidement les faibles populations slaves puis, pendant cinquante ans, se livrèrent à des raids de cavalerie, pillant la Lombardie, la Bavière, la Gaule. Tout l'Occident retentit de la prière De sagittis Hunga-rorum libera nos Domine ! - «De la fureur des Hongrois, délivrez-nous Seigneur !» - jusqu'à ce qu'en 955 le raid conduit par le roi Bulcsú (qui avait été baptisé à Byzance) fût écrasé par l'empereur Othon Ier à la bataille de Lechfeld près d'Augsbourg, et Bulcsú pendu comme relaps. Ce fait marqua la fin des campagnes en Occident.
Les Hongrois, qui pratiquaient déjà une agriculture temporaire, se sédentarisèrent vite sous l'influence de leur conversion au christianisme. Le clergé allemand qui dominait la Bohême envoya de nombreux missionnaires qui conférèrent le baptême au prince magyar Géza. Celui-ci fit baptiser son fils Vajk qui devint István - Etienne - et confia son éducation à l'évêque de Prague Adalbert, dont les disciples mirent sur pied l'Eglise hongroise. Ayant épousé la fille du duc de Bavière, Etienne reçut du pape, et avec le consentement de l'empereur Othon III, une couronne royale le jour de Noël de l'an 1000. Il organisa son royaume en comitats - héritiers des clans de la période nomade - mais se réserva les deux tiers des terres qu'il distribua largement aux monastères et aux églises. Il mourut en 1038 sans héritier.


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