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.. Le portrait

Couverture du livre Le portrait

Auteur : Pierre Assouline

Date de saisie : 13/09/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 18.90 € / 123.98 F

ISBN : 978-2-07-077614-6

GENCOD : 9782070776146

Sorti le : 13/09/2007

Pierre Assouline - 24/09/2007


  • Les présentations des éditeurs : 21/09/2007

Et si un tableau pouvait parler ? Dire tout ce qu'il voit et tout ce qu'il entend, partout où il est accroché ?
Le portrait de la baronne Betty de Rothschild, peint par Ingres en 1848, raconte, à travers ce roman surprenant, un siècle et demi des fastes et des tourments de sa famille, l'une des dynasties financières les plus légendaires et secrètes d'Europe.

Pierre Assouline est journaliste et écrivain. Il est notamment l'auteur de quatre romans et de dix biographies, parmi lesquelles celles de D.-H. Kahnweiler, de Paul Durand-Ruel et du comte de Camondo. Son dernier roman, Lutetia, va être prochainement adapté au cinéma.



  • La revue de presse Jean-Paul Enthoven - Le Point du 11 octobre 2007

Quand un portrait prend la parole et devient son propre romancier... Pierre Assouline se régale. Et nous aussi ! L'idée est excellente, mirobolante, digne du Guitry qui fit parler le château de Versailles ou de la Louise de Vilmorin de «La fin des Villavide» qui prit un fauteuil pour héros de roman : ici, c'est un portrait qui se confie. Pas n'importe lequel, bien sûr, puisqu'il s'agit de la baronne James de Rothschild, peinte par Ingres en 1848 - un chef-d'oeuvre. On y voit la légendaire Betty, vêtue de soie rose et bleue, avec ses poignets grassouillets et son regard indécis ; elle a, comme Mme de Staël, «de la gaîté dans l'esprit et de la mélancolie dans les sentiments» ; elle converse ? s'ennuie ? sourit ? Non, elle se souvient. Et elle raconte tout ce qu'elle a vu de son vivant - et depuis sa mort. D'où le principe de ce roman-histoire : détailler la saga prodigieuse des Rothschild à travers les yeux et les oreilles d'une grande dame encadrée. C'est habile - trop, peut-être. En tout cas, Pierre Assouline se régale. Et, ma foi, le lecteur marche volontiers dans sa combine...
Mais peu importe : son livre possède un vrai charme et un don prodigieux d'empathie. Ingres, sa Baronne encadrée, Balzac, Proust, Heine, et la théorie de fantômes qui les escortent, ne pourront que se réjouir du regain de vie qui vient d'être accordé à leur éternité


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express du 11 octobre 2007

Le journaliste écrivain fait parler le portrait de la baronne Betty de Rothschild peint par Ingres. Un tour de magie effectué de main de maître...
Redevenons sérieux. Le journaliste, biographe à succès (Dassault, Gallimard, Simenon, Camondo...) et formidable enquêteur, n'a jamais dansé avec la baronne. En revanche, Ingres et lui se sont bien côtoyés, se partageant les rôles. Au peintre de livrer le corps de Betty et à l'écrivain de lui donner une voix.


  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 26 septembre 2007

Tout le XIXe siècle, encore agrippé aux rêves d'une restauration monarchiste, court dans ces pages...
Pierre Assouline, pour honorer son cher tableau, convoque deux complices : Cartier-Bresson et l'historien de l'art Daniel Arasse - deux autres chers disparus qui traversent ce roman nostalgique dédié au regard.


  • Les courts extraits de livres : 29/09/2007

À force de nous vouloir discrets sur le sujet, nous l'avions si bien intériorisé que nous n'en parlions plus. C'était là, l'homme était innocent, notre religion était faite depuis le début, inutile de jeter de l'huile sur le feu. Jusqu'au jour où il nous devint impossible de demeurer plus longtemps au Jockey tant les antidreyfusards y rendaient l'atmosphère irrespirable. Ils avaient même dénoncé leurs abonnements au Figaro, jugé trop favorable au «traître», c'est dire. Tant pis pour les agréments de la vie de cercle. On est du Jockey quand on naît du Jockey, avait-on coutume de dire. C'est fini désormais et pour longtemps. On ne songe pas sans amertume aux premiers jours de ce cercle aristocratique parmi les plus fermés, qui sut trouver deux Juifs sur la place pour financer sa création en 1835, Rothschild et Fould. Dix ans avant l'Affaire, la moitié des actifs du Jockey Club était constituée d'actions des Chemins de fer du Nord.
Ils sont deux à en parler devant moi lorsque le nom de leur ami Clermont-Tonnerre revient dans la conversation :
«N'est-ce pas son aïeul Stanislas qui avait dit un jour à la Constituante de tout donner aux Juifs comme citoyens mais rien comme nation ?
- Pardon ! comme individus...
- C'est pareil ! L'important est dans l'idée de leur retirer ce qui les rend spécifiques comme groupe afin de mieux garantir leurs libertés individuelles !
- Les Juifs restent un mystère pour vous, n'est-ce pas ? Vous ne comprenez pas qu'ils sont comme tout le monde, seulement un peu plus.»
Certains croient nous faire plaisir en nous disant qu'avec les quelques autres noms de la haute société juive de Paris, les Camondo, les Bischoffsheim, les Stern, les Goudchaux, les Worms de Romilly, les Cahen d'Anvers, les Koenigswarter et les Ephrussi, nous avons trois quarts de siècle d'avance mondaine sur nos coreligionnaires, comme si c'était la question ; généralement, ce sont les mêmes qui nous excluent du lot comme si notre réussite nous préservait à leurs yeux d'une fatalité génétique. C'est probablement le cas de celui qui se manifeste à présent devant moi, le secrétaire général du Louvre, cet aigri d'Horace de Viel-Castel, dit «Fiel-Castel», on comprend pourquoi, dont le seul titre de gloire est de dîner un soir sur deux chez la princesse Mathilde :
«Depuis que je suis à même de voir les Juifs de près, je comprends les édits de nos rois qui les bannissaient. Plus que jamais nous sommes aujourd'hui leur proie, l'argent de la France passe entre leurs mains ! En vérité, les Juifs sont odieux aux Français, et ils le seront toujours, parce qu'ils sont invariablement usuriers et voleurs à quelque haute position qu'ils soient parvenus...»


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