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Celle qui plante les arbres

Couverture du livre Celle qui plante les arbres

Auteur : Wangari Maathai

Traducteur : Isabelle Taudière

Date de saisie : 23/09/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-35087-057-1

GENCOD : 9782350870571

Sorti le : 25/10/2007

  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

«Je ne veux pas mourir avant d'avoir accompli ma mission.»

Ce livre retrace l'incroyable combat de Wangari Maathai. À la tête du Mouvement de la ceinture verte, le plus grand projet de reboisement d'Afrique, elle mène une lutte acharnée avec les femmes kenyanes contre la déforestation : quelque trente millions d'arbres sont plantés en trente ans. Mais son mouvement, outre les arbres, sème aussi des idées. Sa croisade écologique se heurte alors de plein fouet au régime. Elle est victime de brutalités policières, de harcèlements, et se retrouve à maintes reprises derrière les barreaux, mais en ardente militante, jamais elle ne cède.

À travers son histoire personnelle, Wangari, la petite paysanne des Hautes Terres devenue Prix Nobel, démontre que des gestes simples suffisent parfois à susciter de profonds bouleversements sociaux et politiques. Son témoignage sans concession est un message d'espoir autant qu'un plaidoyer pour l'action. Elle conclut d'ailleurs par un seul mot d'ordre : «Nous n'avons le droit ni de fatiguer ni de renoncer.»

Née en 1940 à Nyeri au Kenya, Wangari Muta Maathai est une militante féministe, pacifiste et écologiste. Biologiste, enseignante, elle devient en 2004 la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix pour «sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix».


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Les origines

Je suis née le 1er avril 1940 dans le petit village d'Ihithe, non loin de Nyeri, capitale de la province Centre du Kenya. Cette région des Hautes Terres, butant sur les contreforts des monts Aberdare et dominée, au nord, par le mont Kenya, avait également vu naître mes grands-parents et mes parents. C'étaient des paysans de la tribu des Kikuyu, l'une des quarante-deux ethnies du Kenya et, à l'époque comme aujourd'hui, la plus importante par le nombre. Ils cultivaient un petit lopin de terre et élevaient quelques vaches, chèvres et moutons.
Deux semaines après le début de mbura ya njahi, la saison des longues pluies, ma mère me mit au monde à la maison, dans une hutte traditionnelle aux murs de terre et de bouse séchée, sans eau courante ni électricité. Elle était entourée de quelques cousines, tantes et amies, et la sage-femme du village était venue l'aider. J'étais le troisième enfant et la première fille de la famille. Et j'appartenais à cette génération charnière qui eut le privilège de connaître les ultimes vestiges d'un monde ancien, dont la culture, les traditions, les croyances et jusqu'aux paysages commençaient inexorablement à disparaître.
Les campagnes des environs d'Ihithe étaient alors encore vertes, luxuriantes et fertiles. La région était tapissée de forêts, sous-bois et fourrés, foisonnants de fougères et de toutes sortes de plantes ram­pantes. Certains arbres, comme le mitundu, le mikeu et le mûgumo, donnaient des baies et des noix dont se régalaient les enfants. La terre, d'un beau rouge sombre, était riche et humide. Notre peuple cultivait de vastes champs de maïs, de haricots, de céréales et de légumes bien irrigués, et ne connaissait pas la faim. Le rythme des saisons était si régulier que l'on pouvait prédire sans trop de risque de se tromper que les grandes pluies de mousson commenceraient à la mi-mars. Ces pluies enflaient si bien les rivières que jamais on ne manquait d'eau potable. Et quand juillet arrivait, le brouillard à couper au couteau n'étonnait personne : on savait qu'à cette période de l'année, on ne verrait pas à trois mètres devant soi, et que les matins seraient si froids qu'une gelée blanche recouvrirait les pâturages. En langue kikuyu, juillet se dit d'ailleurs mworia nyoni, «le mois où les oiseaux pourrissent», car les oiseaux mouraient de froid et tombaient des branches !
Chaque naissance était célébrée par un très beau rituel, par lequel la communauté accueillait le nouveau-né sur la terre de ses ancêtres, aussi abondante que généreuse. À peine le bébé avait-il poussé ses premiers vagissements que les femmes qui avaient assisté à l'accouchement allaient couper sur l'arbre un gros régime de bananes encore vertes. Si un seul fruit était un peu trop mûr ou avait été picoré par les oiseaux, le régime était jugé indigne de cette grande occasion : il fallait alors en chercher un autre, généreux et entier, qui symboliserait la plénitude et le bien-être, deux valeurs essentielles aux yeux de la communauté. Puis elles faisaient la tournée des potagers et de leurs champs pour ramener aussi à la jeune mère des patates douces et de la canne à sucre - mais pas n'importe laquelle ! Seule la kigwa kia nyamuiru, une variété indigène à tige mauve, faisait l'affaire.


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