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Auteur : Collectif
Traducteur : Clive Dixon | Jeff Probst | Nick Purser
Date de saisie : 26/05/2010
Genre : Architecture
Editeur : Imbernon, Marseille, France
Prix : 60.00 € / 393.57 F
ISBN : 9782951639614
GENCOD : 9782951639614
Sorti le : 01/11/2004
Visitez les Riviera de Charles Garnier et Gustave Eiffel grâce au superbe ouvrage coordonné par Jean-Lucien Bonillo. A partir de la collaboration de l'architecte et de l'ingénieur sur le chantier de l'observatoire astronomique de Nice sur le Mont-Gros, l'ouvrage présente les réalisations de Charles Garnier à Monaco et Bordighera.
Liminaire de Jean-Lucien Bonillo :
On savait les muses indispensables aux poètes, mais on ignorait qu'elles pouvaient être utiles aux scientifiques. Il fallait sans doute un artiste, peintre celui-là, pour exprimer la part de rêve qu'un autre artiste, architecte de métier, avait su mettre dans un programme dominé par des impératifs fonctionnels et techniques, celui de l'observatoire astronomique de Nice conçu par Charles Garnier... et son prestigieux invité, Gustave Eiffel. Dans son tableau, La muse de l'observatoire, Alexis Mossa réussit à traduire ce sentiment de mystère qui frappe tout un chacun lorsqu'il découvre au terme d'un sinueux parcours dans l'enceinte de l'observatoire, l'intrigante présence du grand équatorial. La beauté sévère et apollinienne de sa muse semble nous parler des mythes dont le bâtiment est porteur, au-delà de sa pure fonctionnalité. Car les étranges cérémonies qui s'y déroulent la nuit, l'observation et l'interprétation du ciel et des astres, le situent à mi-chemin du monde des dieux et des hommes, de la science et de l'art, de la raison et du rêve. Le programme d'une cité de la science qui avait pour objet d'explorer les limites du monde connu ne pouvait qu'inspirer son auteur, le fameux architecte de l'Opéra, qui pensait que sa mission à l'instar de celle du poète, était de transporter les sens, d'embellir le quotidien et de faire rêver, et qui s'était fixé une règle de conduite qui correspondait à son penchant naturel, artiste et hédoniste, de «donner toujours la préférence au sentiment sur la théorie». Pour que sa vision romantique d'une architecture génératrice d'émotions puisse prendre corps, il fallait en quelque sorte, que le rêve porte toujours la raison : «les théories ont surtout pour but l'explication de ce qui a été fait... j'ai donc pu dès lors et sans crainte de mal tourner, raisonner ensuite mon sentiment... en art, ce qu'il y a d'abord de plus facile c'est de rêver tout ce qui vous passe par la cervelle, ce n'est que peu à peu que les idées s'équilibrent, et que l'on peut être certain que, si l'on donne libre cours à son imagination, c'est que celle-ci est raisonnable et raisonnée.»
Au-delà de l'observatoire astronomique de Nice, l'objectif de cet ouvrage aura été d'avancer plus généralement dans la connaissance de l'oeuvre produite par Charles Garnier sur les Riviera italienne et française. Il est surprenant de constater à quel point, eu égard à l'importance et à la notoriété de l'architecte, les publications le concernant sont peu abondantes et relativement récentes. Notre travail a bénéficié des acquis de deux approches générales traitant de la pensée et de l'oeuvre. D'abord, chronologiquement, celle de François Loyer dans la préface qu'il donna à la réédition de A travers les arts dont la vision, quoique remarquable de précision et de concision, reste encore marquée par une sorte de préjugé concernant les ambiguïtés et les contradictions, là où il faudrait plutôt voir la richesse assumée des contraires et le balancement fécond entre intuition et calcul, pragmatisme et théorie, fierté et modestie, invention et norme, ascétisme et baroquisme. L'exercice accompagnait et présentait, il est vrai, un ouvrage qui n'est pas la meilleure production de Charles Garnier. Ensuite, celle de Jean-Michel Leniaud et Béatrice Bouvier ? dont la très complète monographie approfondie est véritablement venue combler une lacune. Elle traduit admirablement les rapports entre la personnalité et l'oeuvre, saisissant l'originalité de la démarche derrière le conventionnel et démontrant, à contre courant des idées reçues, le chaînon que l'oeuvre établit dans sa diversité entre les esthétiques extrêmes de la fin du XVIIIe siècle et les sensibilités qui préparent l'avènement de la modernité.
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