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La solution finale

Couverture du livre La solution finale

Auteur : Michael Chabon

Traducteur : Isabelle D. Philippe

Date de saisie : 15/12/2007

Genre : Policiers

Editeur : R. Laffont, Paris, France

Collection : Pavillons

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-221-10499-6

GENCOD : 9782221104996

Sorti le : 11/10/2007

Annick Khan - 23/11/07


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

Qui est donc Linius Steiman, ce petit garçon de neuf ans réfugié en Angleterre après avoir fui l'Allemagne nazie ? Aphasique et parlant à peine l'anglais, Linius est l'objet d'une surveillance attentive de la part de ceux qui l'accueillent. Mais n'est-ce pas plutôt son compagnon, Bruno, un perroquet gris d'Afrique, qui les intrigue ? Volubile et polyglotte, Bruno récite en allemand de longues listes de chiffres mystérieux qui paraissent fasciner les personnes qui l'approchent.
Ces chiffres seraient-ils ceux d'un code SS top-secret ? Ou ceux d'une série de comptes bancaires suisses appartenant à la famille de Linius, disparue sous la botte des SS ?
Un homme est assassiné, Bruno enlevé, et la police impuissante à résoudre cette énigme. Un vieux détective, célèbre en son temps pour son flair infaillible et ses méthodes peu orthodoxes, accepte de se charger de l'enquête. Déroutant, irritant, il met tout son talent au service non de la police, mais du petit Juif qui n'a plus qu'un oiseau pour famille.
Évidemment le détective de génie élucidera le secret - dévastateur - des nombres récités par le perroquet. Et en retrouvant Bruno, il rendra un peu de bonheur au petit garçon juif dont tous les souvenirs sont contenus dans les chants étranges d'un perroquet gris.

Michael Chabon vit en Californie, avec sa femme Ayelet Waldman, écrivain elle aussi, et leurs quatre enfants. Il est l'auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles. Les Mystères de Pittsburg (Fixot, 1988) ; Avenue de l'Océan (Nouvelles, Fixot, 1991) ; Des garçons épatants (Nouvelles, Robert Laffont, 1995 et 2001) ; Les Loups-garous dans leur jeunesse (Robert Laffont, 1999) ; Les Extraordinaires Aventures de Kavalier & Clay (prix Pulitzer, 2001 - Robert Laffont, 2004).



  • La revue de presse Jacques Baudou - Le Monde du 8 novembre 2007

Sherlock Holmes suscite toujours l'intérêt des auteurs contemporains et non des moindres. En 2006, Caleb Carr le confrontait à un fantôme écossais dans Le Secrétaire italien (Presses de la Cité). Aujourd'hui, c'est Michael Chabon qui ajoute un titre éblouissant à la longue liste des pastiches holmesiens...
Ce court roman est d'une infinie richesse. Il offre, dans une prose raffinée, non seulement le roman d'énigme annoncé en sous-titre, mais aussi le portrait d'une insolite famille anglaise, une brève mais fulgurante méditation sur les signes, le sens et la causalité et un admirable hommage au grand détective, Michael Chabon poussant la virtuosité jusqu'à imaginer au chapitre 6 une fort alléchante "untold story", rendant ainsi un signalé service à la mythologie holmesienne.


  • La revue de presse Bruno Corty - Le Figaro du 11 octobre 2007

Sherlock Holmes, la Seconde Guerre mondiale, un enfant et un perroquet sont au menu de cet émouvant roman du lauréat du Pulitzer 2001...
Parce que sa première nouvelle, écrite à onze ans, était un pastiche de son auteur favori, Conan Doyle, Michael Chabon a tenu, des années plus tard, à lui rendre hommage. Il l'a fait avec le talent de conteur qu'on lui connaît, sa sensibilité et l'envie de prouver «qu'il est possible de dire des choses graves via la littérature de genre». En taisant le nom de Holmes, trop encombrant, car la proie des clichés, il lui a redonné une humanité qui colle parfaitement à son histoire. Après les déboires des cousins juifs Kavalier et Clay à New York et avant The Yiddish Policemen's Union, énorme roman «uchronique» à paraître en France en 2008, La Solution finale est le deuxième volet, poignant, d'une trilogie passionnante que Chabon consacre à ses racines juives.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Un petit garçon, un perroquet sur l'épaule, suivait la voie ferrée. Sa dégaine était rêveuse, et il balançait une pâquerette à la main en marchant. À chaque pas, l'enfant raclait la pointe de ses chaus­sures dans le terre-plein central, comme pour mesu­rer le chemin parcouru par des traces bien régu­lières dans le ballast. On était en plein été, et il y avait quelque chose dans les cheveux noirs et le museau pâle du garçonnet qui se détachaient sur le drapeau vert des collines herbeuses déployé au loin, dans la pâquerette qui roulait son oeil blanc, dans les genoux noueux sous les culottes courtes et l'air suffisant du beau perroquet gris aux plumes de queue d'un rouge sauvage, quelque chose qui charma le vieil homme pendant qu'il les regardait passer. Qui le charma, ou éveilla son sens de l'anomalie, d'une anomalie prometteuse - faculté autrefois réputée dans toute l'Europe.
Le vieil homme abaissa le dernier numéro du British Bee Journal sur le plaid de laine shetland qui couvrait ses genoux, noueux eux aussi mais tout sauf charmants, et approcha l'ossature allongée de sa tête du carreau de la fenêtre. La voie ferrée - un embranchement de la ligne Brighton-Eastbourne, électrifiée à la fin des années vingt avec l'unification des réseaux du Southern Railway
- suivait un remblai à cent mètres au nord du cottage, entre les poteaux de béton d'un treillage barbelé. Ne datant pas d'hier, la vitre par laquelle le vieil homme lorgnait foisonnait d'ondulations et de bulles d'air qui déformaient et gauchissaient le monde extérieur. Pourtant, malgré les distorsions, le vieil homme eut le sentiment de n'avoir jamais vu jusqu'alors deux êtres plus complices que ces deux-là dans leur façon de partager un bel après-midi d'été.
Il était frappé aussi par leur silence apparent. Dans tout mariage d'un perroquet gris d'Afrique - une variété notoirement bavarde - et d'un enfant de neuf ou dix ans, il lui semblait vraisemblable que l'un des deux dût parler à un moment ou à un autre. Encore une anomalie. Quant à ce que celle-ci promettait, le vieil homme n'en avait pas la moindre idée - bien qu'il eût jadis bâti sa fortune et sa réputation grâce à une longue et brillante série d'extrapolations à partir d'improbables associations de faits.
Alors qu'il arrivait à peu près à hauteur de la fenêtre du vieux monsieur, à quelque cent mètres de là, le garçonnet s'immobilisa. Il tourna son dos étroit au vieil homme, comme s'il avait senti son regard posé sur lui. Le perroquet jeta un coup d'oeil d'abord à l'est, puis à l'ouest, avec un air étrangement furtif. Cet enfant mijotait quelque chose. La courbure de ses épaules, comme une anticipation dans la flexion des genoux. C'était une histoire mystérieuse - éloignée dans le temps mais profondément familière - oui -

- le mécanisme édenté s'enclencha, le Steinway désaccordé résonna : le rail conducteur.
Même par un après-midi étouffant comme celui-là, quand le froid et l'humidité ne lui rouillaient pas les articulations, c'était déjà une entreprise de longue haleine que de réussir à se lever de son fau­teuil, à éviter les piles branlantes du fatras d'un vieux garçon - feuilles de chou autant que journaux sérieux, pantalons, flacons de baume et pilules pour le foie, annales et trimestriels savants, plats de miettes - qui rendaient périlleuse la traversée du salon, et à ouvrir sa porte d'entrée au monde exté­rieur. La perspective décourageante du trajet du fauteuil au pas de sa porte était, en effet, une des raisons qui expliquaient son absence de commerce avec le monde, aux rares occasions où le monde venait timidement actionner le heurtoir de cuivre, forgé dans la forme hostile d'une Apis dorsata géante. Neuf fois sur dix, il demeurait assis, guettant les tâtonnements et les murmures stupéfaits de ses visiteurs, se rappelant qu'ils étaient désormais peu nombreux à être encore en vie (...)


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