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Auteur : George Hagen
Traducteur : Pierre Furlan
Date de saisie : 20/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 4004
Prix : 8.50 € / 55.76 F
ISBN : 978-2-264-04365-8
GENCOD : 9782264043658
Sorti le : 15/03/2007
La famille Lament est un petit monde joyeux, libre, loufoque, réinventant sans cesse le quotidien, n'hésitant pas à parcourir tous les continents afin de trouver son bonheur... Drôle ou émouvant, mais éloigné des clichés et pathos usuels de la littérature, le roman de G. Hagen nous séduit par son caractère extraverti, tonique, original et inventif... Une belle lecture pour jours de soleil ou de pluie, qui donne la pêche, remonte le moral, et propose une vision généreuse du monde autour de nous.
Les Lament forment une tribu passablement excentrique et farouchement globe-trotteuse. Leur devise : «Un Lament voyage toujours !». Et tandis qu'Howard, le père spécialiste ès tuyauteries, rêve d'irriguer le Sahara et d'emmener toute sa petite famille en Afrique, Julia, sa femme, rebelle à l'éducation bourgeoise et artiste à ses heures, élève tant bien que mal ses trois petits diables. Sous la plume de George Hagen, comparé à John Irving et Jonathan Franzen, le destin des Lament est en marche : de la Rhodésie au New Jersey en passant par l'Angleterre et Bahreïn, ils n'auront de cesse de trouver un endroit où ils auraient enfin leur place.
«La saga de Hagen est un prodige d'aisance. Pas de pathos, ce qu'il faut d'ironie, une manière percutante de conduire les personnages, des rebondissements constants, on ne lâche pas les Lament. [...] Un premier roman bluffant, drôle et percutant.»
Marie-Françoise Leclère, Le Point
George Hagen est né en 1958 à Harare, au Zimbabwe, où son père était exploitant minier. Il a ensuite émigré avec toute sa famille en Angleterre en 1964, puis aux États-Unis en 1969. Après des études de cinéma et une carrière de scénariste, il a choisi de se consacrer à l'écriture. La Famille Lament est son premier roman. George Hagen vit aujourd'hui à New York.
Sans nom
LE BÉBÉ LAMENT AVAIT PEUT-ÊTRE COMPRIS que ses parents n'arrivaient pas à lui donner de nom. À la maternité, peu après sa naissance, il eut un sourire énigmatique et sa bouche étonnée se fendit d'une oreille à l'autre devant l'agitation qui avait lieu au-dessus de son berceau : la famille, en effet, se disputait au sujet de son prénom. Sa mère, Julia Lament, était particulièrement consciente du poids de la décision à prendre. Un prénom est, pour un enfant, un portail qui s'ouvre sur le monde. Il fallait trouver le bon.
«Si on donnait les prénoms à la fin de la vie des gens, on ne ferait pas l'erreur d'appeler Charity des égoïstes ou Léo des timides», déclara-t-elle.
Julia tenait le sien d'un abominable chef de clan, à savoir son arrière-grand-père Julius, un individu grincheux, magnat du cuivre de Johannesburg, en Afrique du Sud, qui, marié trois fois, avait fini en prison pour avoir lentement empoisonné sa dernière épouse en lui donnant chaque soir un verre de lait additionné d'arsenic. Même après l'incarcération de Julius, les Clare s'entêtèrent à nommer leurs enfants comme lui, s'efforçant désespérément de s'attirer ses bonnes grâces pour conserver les mines de cuivre au sein de la famille. D'où quatre Julia, deux Julius, un ou deux Julian, plusieurs Julianna et un minuscule chien particulièrement hargneux du nom de Ju-Ju.
Malveillant jusqu'au bout, l'oncle Julius légua toute sa fortune à une infirmière de l'hôpital de la prison. Elle s'appelait Ida Wicks. Ni compatissante ni attentionnée, elle minimisait les problèmes de santé de ses patients pour mettre en valeur les siens, parmi lesquels on comptait des troubles de la circulation, des migraines, un lumbago, un zona, des oignons et des acouphènes. Néanmoins, l'oncle Julius fut heureux de voir une femme chaque matin pendant ses derniers jours sur Terre, et l'infirmière Wicks survécut à ses maux assez longtemps pour dépenser l'argent de Julius - tâche qui permit à son coeur de pierre de battre encore quelques heures après son centième anniversaire.
Howard Lament, tendre époux de Julia et père du bébé anonyme, estimait urgent d'attribuer un prénom à cet enfant, même s'ils se trompaient. Homme efficace, doté d'un large front, d'un nez aquilin qui semblait moulé dans de la cire et d'une gerbe de cheveux cuivrés qui ondulait en point d'interrogation entre ses tempes, Howard détestait l'indécision.
«Je lui donnerai mon nom, ça fera très bien l'affaire, dit-il. Après tout, c'est la tradition !»
Julia n'avait jamais été très favorable à la tradition. L'histoire de l'oncle Julius lui avait appris une chose ou deux à cet égard, sans parler du fait qu'elle avait été élevée dans celle, poussiéreuse, des pensionnats pour jeunes filles.
«La tradition.» Elle fit la moue. «A-t-elle jamais apporté quoi que ce soit à quelqu'un, la tradition ?
- Oh, soupira son mari. Chérie, s'il te plaît, ne recommence pas avec cette école.»
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