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.. La limousine : histoire d'une race bovine, XIXe-XXe siècles

Couverture du livre La limousine : histoire d'une race bovine, XIXe-XXe siècles

Auteur : Dominique Danthieux | Philippe Grandcoing

Préface : Jean-Marc Moriceau

Date de saisie : 27/09/2007

Genre : Nature, Animaux

Editeur : PULIM, Limoges, France

Collection : Rencontre des historiens du Limousin

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-84287-444-5

GENCOD : 9782842874445

Sorti le : 27/09/2007

  • Les présentations des éditeurs : 13/10/2007

Aujourd'hui considérée comme une des meilleures races à viande, connue et implantée dans le monde entier, la race limousine est le fruit d'une longue histoire.
Ce livre retrace sur deux siècles l'évolution de cet animal dans son bassin d'origine, le Limousin. Il étudie les modifications des discours et des pratiques des éleveurs, des pouvoirs publics et des organismes agricoles, tout en retraçant les évolutions de l'agriculture limousine et plus globalement des méthodes d'élevage.
Plus encore qu'à suivre les mutations d'une race, le lecteur est convié à découvrir l'histoire sociale, économique et culturelle de l'élevage bovin en Limousin du XIXe siècle à nos jours.

Dominique Danthieux est professeur d'histoire-géographie, docteur en histoire contemporaine, diplômé de l'université Paris IV-Sorbonne.

Philippe Grandcoing est professeur agrégé d'histoire en Classes préparatoires aux grandes écoles, docteur en histoire contemporaine, diplômé de l'Université de Paris I Panthéon -Sorbonne.


  • Les courts extraits de livres : 13/10/2007

Extrait de l'introduction :

Robert Delor l'a proclamé il y a déjà longtemps : les animaux ont une histoire. Dans le sillage de l'école des Annales, des historiens se sont intéressés à l'animal en ce qu'il constitue un poste idéal d'observation des mutations des sociétés humaines, mais aussi plus largement des changements affectant les milieux «naturels». L'histoire des animaux participe aussi à l'origine de cette démarche impérialiste d'annexion des autres objets scientifiques - en l'occurrence ici ceux propres à la paléontologie et à la zoologie - qui fut celle de Fernand Braudel. Aussi cette l'histoire s'est-elle d'abord inscrite dans un temps long et sur une large échelle, englobant à la fois l'animal sauvage et l'animal domestique. Ce type de recherche s'inscrit tout naturellement dans une histoire sociale et culturelle, centrée sur le regard porté par l'homme sur le monde animal et sur les interactions qui en découlent.

Aboutissement du processus, l'ethnozoologie est ainsi devenue une discipline à part entière, à une époque où les préoccupations environnemen­tales ont en partie supplanté les interrogations sur la croissance économique ou les mutations sociales propres aux années 1930-1970. La récente synthèse d'Eric Baratay s'inscrit dans cette perspective, notamment lorsqu'elle se propose d'étudier le statut de l'animal en tant que «combinaison complexe de traitements et de perception unis par des relations et des interactions»2. Une telle démarche invite généralement à la pluridisciplinarité, tant les liens qui se tissent entre l'homme et l'animal sont au carrefour de savoirs spécialisés. Ethnologues, historiens, sociologues, zoologues, géographes, agronomes, philosophes, lexicologues, biologistes, généticiens peuvent confronter utilement leurs connaissances dans une perspective commune. La revue Ethnozootechnie est un de ces lieux où s'élabore un regard croisé sur l'animal. Le parcours intellectuel personnel de Bertrand Vissac, zootechnicien ayant inclus dans sa démarche de chercheur à l'INRA des préoccupations d'ordre historique, sociologique et ethnologique, constitue un autre exemple de cette complémentarité des savoirs sur l'animal.

L'intérêt pour l'histoire des animaux se nourrit également des renouvellements de l'histoire rurale. A l'époque des grandes thèses régionales d'inspiration labroussienne, l'élevage fut le parent pauvre d'une histoire économique dominée par le schéma physiocratique. En particulier, le progrès agricole a été mesuré à l'aune des rendements céréaliers et l'élevage est resté longtemps la «Cendrillon de l'histoire des campagnes» pour reprendre la formule de Jean-Marc Moriceau. Mais depuis une quinzaine d'années le développement d'une micro-histoire soucieuse d'être au plus près des réalités du terrain a renversé la perspective. L'abandon d'une histoire rurale «vue d'en haut» a entraîné une réévaluation du rôle de l'élevage dans les pratiques agricoles et a permis de mettre en lumière des stratégies d'insertion dans une économie marchande et des dynamiques de progrès. En particulier, les zones périphériques du Bassin Parisien, l'Ouest et le Massif Central notamment, ont connu une réhabilitation de leurs systèmes agraires, au regard de l'évolution de leur économie pastorale. Parallèlement, des productions spécifiques, à forte valeur ajoutée et où le rôle de l'État était primordial, ont fait l'objet d'études approfondies, particulièrement les chevaux. Concernant ce domaine particulier, l'histoire de l'élevage s'est révélée particulièrement riche, au carrefour d'une histoire politique, sociale, économique et intellectuelle.


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