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Grâce au talent de Philippe Geluck, Le Chat (d'abord créé en Belgique en 1983 dans le quotidien Le Soir, puis popularisé initialement en France par le magazine (À Suivre) édité par Casterman) est devenu au fil des années un personnage extraordinairement populaire, connu de tous. Ses aventures, toujours sur format court (illustration, strip ou planche), sont faites d'aphorismes, de gags, de clins d'oeil ou de jeux de mots - autant de facettes de l'inépuisable humour de Philippe Geluck, gagman au long cour et à la notoriété sans cesse grandissante..
Philippe Geluck poursuit, depuis 1975, une carrière qui l'entraîne de la scène au dessin humoristique. Il anime dès 1979 plusieurs émissions au ton mordant à la radio et à la télévision belge. C'est en 1983 que Le Chat fait sa première apparition dans le quotidien Le Soir. Douze albums de l'illustre félidé sont parus chez Casterman. Depuis septembre 1999, les Français semblent avoir cédé à la Geluckomania, et sont de plus en plus nombreux à suivre ses tribulations dans On va s'gêner, On a tout essayé, avec L. Ruquier sur Europe 1 et France 2, et dans Vivement Dimanche Prochain, avec M. Drucker, sur France 2 également.
La revue de presse Philippe Delerm - Le Figaro du 24 janvier 2008
Toujours est-il qu'on oublie l'ampleur du succès pour retrouver un délice intrinsèque. Plonger dans un album du Chat. Car le Chat a sa marque...
Au coeur de l'album, des images en noir et blanc font ressortir par contraste une recherche toujours soignée des couleurs, jouant le plus souvent du camaïeu, dans les beiges, les gris-bleu, mais là encore sans systématisme. La variété dans la taille des images, la longueur des gags, allant de la double page à la vignette unique, tout cela concourt non seulement à éviter une éventuelle monotonie mais à donner au lecteur la sensation de s'immerger dans un monde...
Finalement, c'est avec son créateur, élégamment nommé «le type qui me dessine» que le Chat entretient son rapport le plus constant. Ou peut-être avec son lecteur. Le Chat n'est pas nécessairement politiquement correct, trouve que la boxe pour aveugles est un spectacle assez rigolo. Bref, il n'est pas sympathique. Il n'est pas beau. Mais il est parfait. Terriblement corrosif dans un univers faussement rassurant, il a une indépendance à la Desproges, mais qui n'appartient qu'à lui. Créature dérisoire et grande création.
La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 15 novembre 2007
Le Chat fait tellement partie de notre environnement qu'on se sent capable, comme pour ceux de Sempé, de raconter les dessins de Philippe Geluck. Dans ce quatorzième album, on trouve des strips, des dessins individuels, des histoires qui font deux pages et de fausses gravures détournées. On apprendra ce que signe à la pointe de l'épée le Zorro chinois, comment une maman Chat sabote la visite chez l'ophtalmo de son petit fils Chat, l'état d'esprit des animaux quand le Chat les appelle à table au milieu de la plaine, et la vérité sur la manière dont M. Quiès en a été réduit à l'invention de ses fameuses boules. Sans compter les nouvelles craintes que peuvent inspirer Al-Qaeda et les confusions apportées dans la vie quotidienne par un islamisme radical...
Les aphorismes et autres questions existentielles du Chat ont toujours la part belle dans l'album. Aucune question de société n'est écartée.