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Là-bas, le soir, lorsque les voiles du soir s'élèvent en brumes et écumes sur les vagues chevelures des collines, l'on voit le long des coteaux lisses et nus, des filles nubiles descendre lentement vers les sources, les bras portant en équilibre au sommet de la tête, des calebasses au cou d'amphore. Elles descendaient, souples colonnes aux hanches félines, jusques aux sources qui coulent des mamelles des collines, les sources de vie qui font vivre tout le village, pour y puiser l'eau d'un soir, l'eau d'une journée, l'eau d'une vie...
Les textes de ce recueil nous invitent à un voyage africain, un voyage loin des clichés et des images convenues. L'Afrique que nous découvrons dans ces pages est celle du village où se croisent les vivants et les morts, les légendes et la poussière, la vie et la nuit. C'est cette Afrique où l'auteur vit, respire et travaille.
Les courts extraits de livres : 26/10/2007
Pourquoi tarde-t-il encore à rentrer cette nuit, mon père ?
Pourquoi ?
Depuis sept ou neuf jours déjà, il en était ainsi.
Pourquoi ?
Mon père, oh !
Le père dont l'amour expansif et magnétique semblait lui transparaître dans les mains, dans le geste et le regard !...
Le père !
Je ne supporte plus le retour tardif de mon père à la maison. D'ordinaire, avant que les vents du soir ne s'adoucissent et que les palmes des palmiers ne s'assoupissent, il était déjà là, avec des cadeaux insoupçonnés, quelquefois des gâteaux frits à l'huile rouge, parfois des poupées de bois poli au noir, et bien souvent des oiseaux !
Mais depuis sept du neuf jours, il n'en était plus ainsi.
Pourquoi ?
Et nos cadeaux ?
Je n'avais plus mes petits oiseaux couleur arc-en-ciel, ma soeur n'avait plus ses poupées lisses et noires, nous n'avions plus nos doux gâteaux tout rouges d'huile. Nous nous endormions avant le retour du père, mais nous l'attendions jusqu'au fond de nos sommeils et de nos rêves. Et ce soir-ci, nous étions décidés, ma soeur et moi, à voir le retour du père, à lui sauter au cou comme autrefois, à recevoir nous-mêmes, dans nos frêles petites mains, nos cadeaux tant attendus.
Poupées polies ?
Oiseaux arc-en-ciel ?
Gâteaux huileux ?
- Quand viendra Fôô ? me demanda ma soeur ?
Elle se lassait d'attendre, trépignait de ne point le voir apparaître, et les battements de ses cils et de ses paupières semblaient l'appeler de loin.
- Quand ? répéta-t-elle.