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Auteur : Rainer Karlsch
Traducteur : Olivier Mannoni
Date de saisie : 29/10/2007
Genre : Histoire
Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-7021-3844-1
GENCOD : 9782702138441
Sorti le : 17/10/2007
Le 6 août 1945, quand la première bombe atomique explose au-dessus de Hiroshima, les plus influents physiciens allemands, réunis autour de Werner Heisenberg et de Cari Friedrich von Weizsacker, se défendent d'avoir jamais construit une telle arme, et prétendent même avoir veillé à partir de 1942 à ralentir la recherche nucléaire allemande.
Soixante ans plus tard, l'historien berlinois Rainer Karlsch exhume la vérité. Des scientifiques ont bien travaillé, sous l'égide de la SS, à la construction d'un réacteur et à l'élaboration d'une minibombe A, qu'ils ont testée par deux fois avec succès, en 1944 et en 1945, causant la mort de plusieurs centaines de prisonniers. Mais en mars 1945, alors que Heinrich Himmler et Albert Speer comprennent que «l'arme miracle» de Hitler n'est pas assez aboutie pour pouvoir changer le cours de la guerre, l'avancée des Alliés met un terme à ces recherches.
Ces révélations fracassantes apportées par Rainer Karlsch s'appuient sur des comptes rendus de recherches, des plans de constructions, des prises de vue aériennes, des journaux de scientifiques mais aussi d'espions russes et américains. L'auteur a en outre lui-même procédé à des mesures sur le terrain, identifiant avec précision les isotopes laissés par les deux explosions atomiques soixante ans auparavant.
Rainer Karlsch est né en 1957. Il enseigne l'histoire sociale et politique à l'université Humboldt et à l'université libre de Berlin, et siège à la Commission historique de Berlin. Il a déjà publié plusieurs livres sur l'histoire allemande contemporaine.
Extrait de l'avant-propos :
Y a-t-il eu une bombe atomique allemande ? Jusqu'ici, la recherche internationale a considéré que, dans la course à la bombe, les physiciens nucléaires allemands ont été largement distancés par les Américains. Des documents d'archives récemment découverts et des analyses physiques présentées pour la première fois au public dans ce livre exigent que l'on revienne sur cette question.
La bombe de Hitler, une arme nucléaire tactique dont le potentiel de destruction était bien inférieur à celui des deux bombes atomiques américaines, fit à plusieurs reprises, peu avant la fin de la guerre, l'objet d'essais positifs. Son emploi faillit ajouter un autre chapitre effroyable à la Seconde Guerre mondiale.
Les images forgent notre réflexion. Parmi les plus violentes que l'on associera à tout jamais à l'histoire du XXe siècle, on trouve les photos et les films de champignons atomiques. La boule de feu ravageuse, le gigantesque nuage de poussière, le désert au centre de l'explosion, les dégâts considérables à des kilomètres : tout cela s'est profondément gravé dans la mémoire des peuples. Aucun de ceux qui ont vu les photos de ces restes humains fondus, réduits à néant, n'oubliera jamais l'horreur qui en émane. Hiroshima est devenu l'une des métaphores centrales du siècle passé.
Depuis que les Américains ont largué leurs bombes sur Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, l'explosion nucléaire est devenue synonyme de la plus grande force de destruction imaginable. Quel que soit le dégoût de l'être humain face à la bombe atomique, nous en savons peu, concrètement, sur le mode de fonctionnement de ces armes et sur les dangers qu'elles représentent. Les responsables en sont notamment les gouvernements de ces États qui détiennent la bombe atomique. Outre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France, on compte aujourd'hui parmi eux Israël, l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord. De nombreux autres États disposent en outre des connaissances théoriques permettant la fabrication d'armes nucléaires, ce qui accroît encore cette manie du secret.
On a ainsi des idées totalement erronées sur la durée et l'intensité des rayonnements après une explosion nucléaire. Beaucoup pensent que le site où a eu lieu une explosion reste contaminé pendant des décennies et qu'on ne peut plus y mettre les pieds sans risquer sa santé, voire sa vie. En réalité, quelques heures suffisent pour que la charge radioactive, dans la zone de l'explosion, diminue déjà fortement. Quelques semaines après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima, les scientifiques américains ont eu bien du mal à détecter une hausse de la radioactivité. S'il n'y avait pas de monuments commémoratifs dans les deux villes qui ont été atteintes, un visiteur non informé ne devinerait même pas aujourd'hui quelles tragédies s'y sont déroulées en août 1945.
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