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Auteur : Philippe Gloaguen
Date de saisie : 24/10/2007
Genre : Guides Tourisme, Voyages
Editeur : Hachette Tourisme, Paris, France
Collection : Le guide du routard
Prix : 14.90 € / 97.74 F
ISBN : 978-2-01-244167-5
GENCOD : 9782012441675
Sorti le : 24/10/2007
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LES MAYAS AUJOURD'HUI
Le Guatemala est le pays d'Amérique latine qui compte le plus de descendants des civilisations précolombiennes. Les Indiens sont largement majoritaires dans le pays, et pourtant, depuis la Conquête, ils demeurent marginalisés, sans guère de participation à la vie politique et sociale du pays. Et, surtout, victimes de tous les abus. En 1524, la brusque irruption des Espagnols menés par Pedro de Alvarado fut synonyme de guerres, domination, esclavage, anéantissement de certaines communautés, massacres et humiliations, destruction systématique des croyances et cultures précolombiennes. Quatre siècles plus tard, cette population indigène a de nouveau subi de rudes coups lors de la guerre civile : déplacements de population, enrôlement obligatoire dans l'armée, destruction totale de villages. Néanmoins, malgré cette sauvage répression, ces communautés ont su conserver leur caractère culturel, leur mode de vie et certaines de leurs traditions. Si vous vous baladez dans l'Altiplano, vous verrez les plus beaux costumes et marchés d'Amérique centrale, et vous assisterez certainement à d'étranges cérémonies religieuses. Car, côté religion, la rencontre des deux mondes donna naissance à un syncrétisme exceptionnel, où les anciens rituels se mêlent aux croyances catholiques, et où les anciens dieux se confondent avec les saints du calendrier grégorien. Au fond d'eux-mêmes, les Mayas ont toujours les mêmes systèmes de représentation sociaux et culturels qu'autrefois. Ils s'identifient encore à «l'homme de maïs», proche de la terre et des forces naturelles, continuant à vivre au quotidien ces croyances ancestrales. Ils vivent dans une sorte de fatalisme qui s'explique par leur esprit traditionaliste et le respect des lois de leurs ancêtres. C'est sans doute ce caractère humble et soumis qui leur a permis de conserver l'essentiel de leur culture ; mais à quel prix ! Les conditions de vie de la plupart des indigènes restent proches de la misère. Leur vie s'organise autour de la milpa (la parcelle de maïs), quelques cultures vivrières, le marché et les rituels religieux. Ils sont les premières victimes de la crise du café et des sécheresses qui sévissent depuis plusieurs années.
Cependant, le prix Nobel de la paix attribué à Rigoberta Menchù en 1992, l'une des figures emblématiques du Conseil international des Indiens, a mis du baume au coeur de la communauté indigène (voir «Personnages»). L'irruption de Marcos sur la scène internationale a également permis de sensibiliser l'opinion sur ces populations oubliées, en passe d'acculturation ou de disparition. À la suite d'une médiation entre les gouvernements guatémaltèque et mexicain, l'ONU a commencé, fin 1994, à organiser le rapatriement des indigènes du Guatemala qui avaient émigré au Chiapas.
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