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.. Vice repetita

Couverture du livre Vice repetita

Auteur : Hervé Sard

Date de saisie : 20/01/2007

Genre : Policiers

Editeur : Krakoen, Bihorel, France

Prix : 8.00 € / 52.48 F

ISBN : 978-2-916330-15-0

GENCOD : 9782916330150

Sorti le : 20/01/2007

  • Les présentations des éditeurs : 07/12/2007

Un matin d'hiver, le corps d'une jeune femme est retrouvé en vallée de Chevreuse. L'instruction est rondement menée. Un homme est arrêté, son ADN a parlé. Pourtant le violeur assassin nie en bloc, y compris l'évidence. L'affaire va prendre une tournure inattendue ; un marginal avoue ce crime et vient semer le trouble. Des zones d'ombre laissent planer le doute. Que masquent-elles ? Ou plutôt qui ?
Derrière les apparences, la piste des certitudes ne serait-elle qu'un trompe-l'oeil ? Cela se pourrait bien : d'Etretat à Rambouillet, le plus court chemin n'est pas forcément la ligne droite.
Des années s'écouleront avant que la sagacité d'un étudiant à l'Ecole nationale de la magistrature ne fasse jaillir l'étincelle de vérité.
Pour le meilleur, comme pour le pire...

Dans cette intrigue au cordeau, Hervé Sard nous promène à travers le temps dans une quête de vérité libérant les consciences criminelles.


  • Les courts extraits de livres : 07/12/2007

JEUDI 12 MAI 2050 HÔPITAL DE SAINT-CLOUD UNITÉ DE SOINS INTENSIFS

Madame Grain est l'archétype de l'infirmière dévouée. Souriante, mais sérieuse ; affable tout autant que discrète, elle est l'exemple même de la personne que l'on aimerait voir s'occuper de soi lors d'un séjour à l'hôpital. Une perle rare.
L'unité de soins intensifs est difficile. Peut-être la plus difficile de toutes. Non pas que les patients y soient particulièrement exigeants, c'est loin d'être le cas, mais difficile par l'ambiance qui y règne. Le silence est pesant, palpable, à peine troublé par le tic-tac rythmé des appareils de survie. Le pas feutré des infirmières qui vont et qui viennent. Le murmure des internes, le chuchotement des chirurgiens. Les roues des lits qui grincent sur le sol propre, mais gris ; qui transportent là des corps usés, pour plus tard revenir les chercher, sans vie. Plus rarement, la voix faible d'un malade qui réclame, le son inquiétant d'une alarme. C'est ainsi.
Une perfusion à renouveler, un drap à chan­ger, des parents qui cherchent un de leurs pro­ches et qu'il faut rassurer. Voilà le quotidien de madame Grain. Cela lui plaît. Heureusement, il reste des gens comme elle, qui aiment leur métier au point de ne plus en percevoir la terrible réalité. Ou plutôt, au point de l'accepter.
En cette belle matinée de printemps, alors qu'elle prend son service, madame Grain est loin de se douter qu'elle va contribuer à résoudre l'une des plus étranges affaires criminelles de ces dernières décennies. Une affaire qui avait débuté alors qu'elle n'était même pas née. Une affaire dont elle ignore encore tout.
Un crime. Qu'est-ce qu'un crime, sinon la rencontre entre une victime, un coupable, un mobile et des circonstances ? Trouvez les quatre, et l'affaire sera résolue. C'est le rôle de la police, le métier des policiers. Il est des crimes qui passionnent l'opinion. Parfois, c'est parce que la victime ou le coupable sont des gens célèbres. Ou encore parce que les circonstances sont particulièrement horribles, mystérieuses, inquiétantes ou scandaleuses. Le mobile est généralement évident, mesquin, ridicule. Encore faut-il qu'il soit connu. L'argent, la vio­lence, la drogue, le vice. Vengeance, jalousie, folie ou haine. La liste est longue.
Si l'histoire que va découvrir madame Grain est étonnante, ce n'est ni par la personnalité des protagonistes, coupables ou victimes, ni par les circonstances du drame. Elles sont banales, si l'on peut dire. Ordinaires. Dans le cas de l'affaire David, c'est le mobile qui pose problème. Il est en grande partie inconnu, ou pour le moins incertain. Mais cette incertitude va de pair avec des éléments indiscutables, évidents. Des preuves.
Et pourtant.
Des éléments «évidents» C'est quoi, une évidence ? L'acceptation plus ou moins cons­ciente, mais sans réserve, d'une interprétation. Interprétation qui souvent est bonne, parfois erronée. Après tout, une illusion d'optique, tant qu'elle n'a pas été reconnue comme telle, est une évidence. Mais ce n'est qu'une illusion.
Madame Grain n'a que faire des enquêtes criminelles et il y a bien longtemps qu'elle a perdu ses illusions. La mort, elle la côtoie tous les jours. Elle fait partie de son métier. Elle est son métier, d'une certaine façon. Justement, un vieux monsieur est décédé dans la nuit. Pas de famille, pas d'amis. Pas d'histoire, a priori. Du moins pour ce qu'elle en sait. Un homme tran­quille, silencieux, qui souffrait comme tant d'autres d'un mal pernicieux. Un homme dont elle se remémore le regard étrange, sage, affaibli, mais néanmoins toujours curieux. Etonnamment vivant. Le regard d'un mourant encore conscient qui attend son sort, dignement. Elle en a tant vu.
Il est parti dans son sommeil, paisiblement, sans faire de bruit. C'est mieux ainsi. Madame Grain range ses affaires. Le vieil homme en avait peu. Quelques habits bien plies dans sa petite armoire, depuis longtemps inutiles. Pas de photographies, pas de bibelots, aucun souvenir. C'est comme ça plus souvent qu'on ne le croit. Mais, posée là entre deux polos vieillots, une enveloppe marron attire l'attention. Des papiers personnels ? Un testament, peut-être ? On en trouve parfois.
Que faire ?


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