Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Eux, les STO

Couverture du livre Eux, les STO

Auteur : Jean-Pierre Vittori

Date de saisie : 22/11/2007

Genre : Histoire

Editeur : Ramsay, Paris, France

Collection : Document

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-84114-912-4

GENCOD : 9782841149124

Sorti le : 22/11/2007

  • Les présentations des éditeurs : 17/12/2007

Qui connaît vraiment l'histoire du S.T.O. ? Avec Jean-Pierre Vittori, c'est derrière ce sigle fort célèbre mais bien mal connu que nous allons chercher une vérité souvent disputée : le sigle STO (S comme service ; T comme travail ; O comme obligatoire). Derrière ces trois lettres, l'un des drames de la Seconde Guerre mondiale. Un drame mais aussi un mystère. Car, bien que un million de travailleurs français aient été employés dans les usines du IIIe Reich, le S.T.O. reste un des aspects les plus méconnus de la guerre 1939-1945.
Pour découvrir et parfois rétablir la vérité, Jean-Pierre Vittori a rencontré et longuement interrogé une centaine de déportés du travail. Il a également dépouillé quelque six cents questionnaires... Aussi bien, dans son récit taillé à même les témoignages, apprenons-nous ce que furent vraiment le recrutement, les conditions de travail, les salaires, les permissions, les révoltes tentées, la répression subie de ceux dont Hitler avait confié le ramassage et la garde à Fritz Sauckel, son fidèle Gauleiter, plus tard condamné à mort au procès de Nuremberg et pendu.
Enquête obstinée que complète une patiente étude des textes, cette plongée au coeur des années noires ne prétend ni flatter ni condamner. Avec Eux, les S.T.O., nous sommes loin des clichés sur les quarante millions de résistants ou les quarante millions de pétainistes. Car la vérité sur le S.T.O., c'est aussi la vérité sur toute une époque. La pire.

Jean-Pierre Vittori, journaliste, écrivain, cinéaste, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d'Algérie, a publié des essais, notamment La Vraie Histoire des appelés d'Algérie (Ramsay, 2001} et un roman, Un moment d'inattention (Stock, 1979).


  • Les courts extraits de livres : 17/12/2007

On demande des volontaires...

Difficile de rencontrer des hommes qui ont volontairement travaillé en Allemagne de 1940 à 1945. Il suffit de poser la question pour éteindre les sourires et susciter la méfiance : «Vous en connaissez des volontaires ?» Non, personne n'en connaît et puis, l'on ne fréquentait pas ces gens-là ! D'ailleurs on n'imagine pas un ouvrier qui se vanterait d'un séjour de son plein gré en Allemagne. Pourtant, ils existent ces hommes, poussés par la faim, la cupidité ou l'idéologie, entrés un jour dans un bureau de placement allemand pour en ressortir quelques minutes plus tard un contrat de travail en poche. Ils existent, mais se taisent obstinément depuis leur retour.
Souvent, la paix revenue, ils ont cassé le fil des connaissances cherchant ailleurs l'incognito. J'imagine ainsi leur attitude, puisque beaucoup me parlent de travailleurs perdus de vue depuis le retour d'Allemagne, quand il valait mieux ne pas s'avouer volontaire. Changement de région ou simplement d'usine pour commencer une nouvelle vie et peut-être aussi pour ne jamais rencontrer le regard méprisant des camarades ? Non, vraiment, ce n'est pas facile de rencontrer un volontaire et encore moins facile de lui arracher des confidences.
- Vous êtes un volontaire. C'est-à-dire que vous avez choisi de travailler pour les Allemands sur le territoire du Reich.
- Choisi, c'est un mot un peu fort.
- Vous êtes parti en novembre 1940, parmi les premiers. Personne ne vous y obligeait.
- Sans doute mais j'étais marié, père de deux enfants. Et au chômage.
- Tous les autres chômeurs ne sont pas partis et il y en avait près de huit cent mille à cette époque dans la zone occupée.
- J'ai hésité. Mais le bruit courait que les Allemands embauchaient et qu'ils offraient des contrats de six mois avec des conditions financières intéressantes.
- Tout de même, il s'agissait de travailler pour les nazis.
- Et alors ? La guerre était finie et il fallait bien vivre...
- Ils occupaient la France.
- Je n'avais pas d'argent... Depuis mon retour à Paris après l'Exode, je ne travaillais pas.
Face à cet homme qui me demande à plusieurs reprises le respect de son anonymat, je mesure que le volontariat ne peut se juger en quelques lignes méprisantes. Certes, je ne me sens pas partie prenante des propos exprimés avec beaucoup de réticences et mes questions manquent d'amabilité, l'homme le sent bien. Il n'essaie d'ailleurs même pas de se justifier, il raconte.
- Cours de Vincennes, il y avait un bureau allemand. Je me suis présenté et j'ai signé un contrat. Quelques jours après, je partais.
- Tous ces hommes avec vous, c'était quel genre ? Collaborateurs, pétainistes ?
La plupart n'avaient pas d'idées très précises sur la guerre sur Pétain ou les Allemands. Beaucoup de chômeurs, d'autres qui répondaient à la propagande sur les hauts salaires. - Mais des idéologues, des partisans de l'Allemagne ?
- Quelques-uns. Vraiment très peu à cette époque.
- Vous étiez nombreux dans le train ?
- Entre cinq cents et mille, je suis incapable de préciser.
- Vous êtes resté combien de temps en Allemagne ?
- J'avais un contrat de six mois. À l'issue de ces six mois, les Allemands essayaient de nous garder par tous les moyens. À cette époque-là, on pouvait pourtant revenir sans problème si on le désirait. Moi je suis rentré. J'avais compris.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia