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Auteur : Hélène Berr
Préface : Patrick Modiano
Date de saisie : 17/01/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Tallandier, Paris, France
Collection : Archives contemporaines
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84734-500-1
GENCOD : 9782847345001
Sorti le : 03/01/2008
«J'ai porté la tête haute, et j'ai si bien regardé les gens en face qu'ils détournaient les yeux. Mais c'est dur. D'ailleurs, la majorité des gens ne regardent pas. Deux gosses dans la rue nous ont montrées du doigt en disant : «Hein ? T'as vu ? Juif.» Mais le reste s'est passé normalement. Je suis repartie pour la Sorbonne ; dans le métro, encore une femme du peuple m'a souri. Cela a fait jaillir les larmes à mes yeux, je ne sais pourquoi.»
«Pourquoi suis-je si inquiète ? Objectivement, il y a de quoi, parce que j'ai l'impression que nous sommes la dernière fournée, et que nous ne passerons pas entre les mailles du filet. Il ne reste plus beaucoup de juifs à Paris ; et comme ce sont les Allemands qui font les arrestations maintenant, il y a peu de chances d'y échapper, parce que nous ne serons pas prévenus.»
D'avril 1942 à février 1944, cette jeune fille française a tenu son journal au jour le jour. Un texte d'une qualité littéraire exceptionnelle, où se mêlent l'expérience quotidienne de l'insoutenable et le monde rêvé des lettres, où alternent à chaque instant l'espoir et le désespoir.
Ses derniers mots, le 15 février 1944, «Horror ! Horror ! Horror !», sont un pressentiment de l'inéluctable. Arrêtée le 8 mars 1944, elle est déportée à Auschwitz avec son père et sa mère. Elle survit presque jusqu'au bout à l'épreuve, succombant à l'épuisement à Bergen-Belsen en avril 1945, quelques semaines avant la libération du camp.
Le texte que publient les éditions Tallandier fait partie de ces témoignages qui survécurent miraculeusement à leur auteur. Hélène Berr est morte du typhus à Bergen-Belsen en avril 1945, à la veille de la libération du camp par les Anglais. Elle venait d'avoir 24 ans. Un an plus tôt, quelques jours avant son arrestation, elle avait confié son journal intime à la cuisinière de ses parents. Dédié à son fiancé, aujourd'hui conservé au Mémorial de la Shoah, il s'agit là d'un document exceptionnel sur la vie au jour le jour d'une étudiante juive dans le Paris de l'Occupation...
"Beaucoup de gens se rendront-ils compte de ce que cela aura été que d'avoir 20 ans dans cette effroyable tourmente, l'âge où l'on est prêt à accueillir la beauté de la vie, où l'on est tout prêt à donner sa confiance aux hommes ?", se demandait un jour Hélène Berr. On l'aura compris : son journal, comparable, par sa profondeur d'analyse, sa qualité littéraire et sa sombre lucidité, à celui de la Hollandaise Etty Hillesum, sa presque contemporaine, qui mourut comme elle en déportation, apporte à cette question l'une des réponses les plus poignantes qui nous aient été données à lire.
Je suis très heureuse que le journal d'Hélène Berr paraisse enfin. Mariette Job, sa nièce, me l'avait prêté il y a quelques années. Ce livre m'a tellement émue, touchée, que sa publication me semblait indispensable...
Le Journal d'Hélène Berr est à la fois le journal d'une jeune juive sous l'Occupation, d'une sensibilité et d'une qualité littéraires exceptionnelles, et une référence historique.
Voici l'un de ces livres qui poursuivent chaque lecteur jusqu'à son dernier souffle...
Elle s'avère digne d'une Simone Weil dans son empathie ardente ; elle devance les travaux d'une Hannah Arendt quand elle analyse l'engrenage de l'extermination, les responsabilités collectives et individuelles...
La jeune fille gorgée de littérature et de musique sera déportée le jour de ses 23 ans, en mars 1944. Elle tiendra jusqu'en avril 1945 (à deux semaines près, elle était sauvée). Son Journal oppose à la «pureté» scélérate des nazis la limpidité d'une âme anéantie, hélas !, mais désormais impérissable.
Parvenant jusqu'à nous soixante ans plus tard, ce texte sauvé de la destruction par des mains attentives fait entendre une voix exceptionnelle de dignité et de lucidité, bouleversante d'intelligence et de fierté : celle d'une jeune fille tiraillée entre un irrésistible désir de bonheur et la conscience de la tragédie en cours d'accomplissement. Dans la belle préface qu'il donne au livre, Patrick Modiano évoque, à propos d'Hélène Berr, les noms de Simone Weil et d'Etty Hillesum - on ne saurait mieux dire le souci éthique et la grâce qui imprègnent ce texte, l'urgence absolue qu'il y a à le lire.
Hélène Berr, cette jeune Parisienne juive a tenu son journal, entre avril 1942 et février 1944. Elle est amoureuse, elle aime la vie, mais rien de «l'effroyable tourmente» ne lui échappe. Un témoignage d'une force rare. Les textes qui décrivent le quotidien pendant les heures noires sont rares. C'est pour cela que le document qu'a laissé Hélène Berr (1921-1945) devrait être porté à la connaissance de tous...
Il y a des pages terribles dans ce livre, la tension y est permanente sous une plume légère.
Ce sera l'événement éditorial du début de l'année 2008. Une évidence depuis la foire du livre de Francfort en octobre...
Ce journal intime tenu entre 1942 et 1944 par une jeune fille de la bourgeoisie juive dans Paris occupé par les Allemands est d'abord un document exceptionnel. L'historien Michel Laffitte, qui en cite de longs passages dans son livre Juif dans la France allemande, raconte comment, en le découvrant, il a été «saisi» par la richesse du témoignage «alors qu'on pensait que tout avait été dit sur les Juifs pendant l'Occupation». Il est aussi exceptionnel par sa qualité littéraire. Hélène a 21 ans quand elle en écrit...
Elle raconte à la fois ce qu'elle voit de la persécution des Juifs et ce qu'elle entend dire, elle rassemble des informations éparses, comprend la réalité de la menace...
On a le sentiment que cette ouverture, cette porosité à la souffrance des autres, est aussi liée à l'état d'hypersensibilité que contient l'amour naissant. Et c'est sans doute ce qui passe de cet état dans son écriture qui nous la rend si proche, si vibrante, qui touche au plus profond de nous. La dernière entrée du journal est datée du 15 février 1944. Alors que des nouvelles atroces lui parviennent de partout, les derniers mots qu'elle écrit sont une citation d'Au coeur des ténèbres de Conrad : «Horror ! Horror ! Horror !»
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