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.. L'incroyable histoire de mademoiselle Paradis

Couverture du livre L'incroyable histoire de mademoiselle Paradis

Auteur : Michèle Halberstadt

Date de saisie : 03/01/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Romans français

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-226-18201-2

GENCOD : 9782226182012

Sorti le : 03/01/2008

  • Les présentations des éditeurs : 29/12/2007

À dix-sept ans, Maria-Theresia von Paradis est un être d'exception : fille unique du conseiller de l'impératrice d'Autriche, pianiste virtuose, belle et aveugle. Lorsque son père fait appel au célèbre Mesmer qui soigne par magnétisme, elle découvre la passion et toutes les émotions dont sa cécité la protégeait.
Au siècle de Mozart et de Salieri, un roman lumineux où tout est dit des sentiments, du destin et de la liberté.

Née en 1955, Michèle Halberstadt a publié deux romans, Prends soin de toi en 1991 (Flammarion) et un très remarqué Café viennois à la rentrée littéraire 2006. Journaliste à ses débuts (Europe 1, Radio 7, Première...), elle est aujourd'hui productrice de cinéma et a notamment produit La chambre des officiers de François Duperyon, Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau et, cette année, Le deuxième souffle d'Alain Corneau.



  • La revue de presse François-Guillaume Lorrain - Le Point du 28 février 2008

Entre le monde immaculé des sonates de Mozart et la réalité mesquine et déceptive qu'il faut soudain affronter, la vraie liberté ne dicte-t-elle pas de refermer les yeux ? Derrière le style, qui court léger comme sur des touches de piano, Halberstadt nous martèle une histoire de fuite, d'enfermement dans l'univers pur de l'art. Une délicatesse qui masque un profond désabusement.


  • Les courts extraits de livres : 29/12/2007

Elle ne connaît pas la couleur du ciel ni la forme des nuages. Elle ne sait pas ce que signifient le bleu, le rouge, le pâle ou le foncé. Elle vit dans le noir, c'est le nom qu'ils ont donné à ce qu'elle décrit. De la lumière, elle distingue la chaleur, l'odeur, parfois même le bruit : le souffle de la bougie, le crépitement du feu. Elle sait que le jour palpite d'agitation, que le silence attend la nuit pour se faire entendre. Cela tombe bien. Ecouter, c'est ce qu'elle sait faire de mieux.
Elle perçoit les sons auxquels personne ne prête l'oreille : la vitre de la serre qui frémit dans son châssis par vent d'ouest, la langue du chat qui râpe contre son poil quand il fait sa toilette. Elle n'a jamais confondu un dièse avec un bémol, un ramier avec une tourterelle. Ce qui la passionne ce sont les nuances, qu'il s'agisse de l'éventail des sons ou de la gamme des sentiments. Elle distingue la frayeur de la peur, la risée de la brise, la courtoisie de la sincérité, l'allégro de l'allégretto. Elle ressent, elle frémit. Elle vibre, tremble et frissonne.
Elle rougit aussi.
Elle espère être belle, mais n'est pas rassurée par l'émotion qui émane de ses visiteurs. Comment leur faire confiance ? Ils sont aveuglés par la pitié qu'elle inspire. Une jeune fille assise devant son instrument de musique, c'est une belle image. Elle l'imagine, la compose derrière ses paupières. Ce pourrait être le nom qu'on donnerait à un tableau. La Demoiselle au piano. Il faudrait, pour qu'il soit réussi, que la jeune fille soit gracieuse.
Elle se souvient qu'entendant la question qu'elle posait un jour timidement à Nina, la femme de chambre : «Est-ce que tu dirais que je suis jolie ?», son père, accouru du salon, lui avait pris les mains pour les placer autour des hanches rebondies de Nina puis les avait posées autour de son corps à elle, en murmurant : «Tu es si frêle, ta taille tient dans tes deux mains presque jointes» et la fierté qu'elle avait ressentie à cet instant lui avait traversé le corps comme une onde de chaleur.
Frêle, donc. Dotée d'une agréable silhouette. Elle a les cheveux épais et longs, que Nina emprisonne dans un filet de soie pour qu'ils ne viennent pas caresser son visage. C'est dans son cou qu'ils se nichent, en un chignon bas dont le poids s'alourdit au fil des heures. Ses joues lui semblent douces au toucher, son nez droit est un peu long, sa bouche charnue, ses lèvres craquelées à force qu'elle les mordille puis qu'elle tente en vain d'en apaiser le feu d'un coup de langue.
Elle est fière de ses doigts fins aux ongles coupés court, qu'elle lustre chaque matin avant de chercher sur le clavier en bois les fleurs gravées autour de la serrure dont la clé ne quitte jamais sa poche.
C'est son piano. Il n'appartient qu'à elle.
Elle y enferme son univers. Sept notes qui se révèlent exponentielles pour qui veut se donner la peine de les apprivoiser. Pour elle ce ne fut pas de la peine mais de la souffrance.


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