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Auteur : Olivier Adam
Date de saisie : 30/12/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Pocket, Paris, France
Collection : Pocket. Best, n° 11676
Prix : 4.90 € / 32.14 F
ISBN : 978-2-266-17786-3
GENCOD : 9782266177863
Sorti le : 02/11/2007
Antoine a presque dix-neuf ans. Fragile, rêveur, indocile, il sèche le lycée, erre dans le centre commercial de son quartier, et ne fait rien de sa vie. Il cherche l'amour - et les coups. Camille veille sur son grand frère autant qu'elle le peut, et calme ses angoisses en se réfugiant dans la prière.
Quant à Marie, leur mère, elle fait ce qu'elle peut. Mais c'est elle, qui, un beau matin, déclenche l'explosion et les conduit à l'ouest. Pas le point cardinal, non, mais cet état second où rien n'a plus vraiment d'importance...
Egalement chez Pocket : Je vais bien, ne t'en fais pas.
Tout est noir dans la chambre. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. Le radio-réveil clignote. Les chiffres s'affichent en vert. Tout à l'heure, comme chaque matin, Marie se tenait derrière la porte. La radio s'est mise en route. Elle a fait demi-tour, rassurée. Antoine a entendu le pas de sa mère dans les escaliers. La porte a claqué. Puis au-dehors, le bruit bientôt flou de ses talons qui s'éloignent. Antoine a grogné, a envoyé valdinguer l'appareil. Il s'est retourné, enroulé dans ses draps. S'est rendormi.
Maintenant, le silence est tout à fait installé. À peine, au loin, le moteur des voitures, le bus qui ralentit, s'immobilise, ouvre et referme ses portes, repart, le cri des enfants traînant des cartables trop lourds, portant des tenues trop chaudes, la voix d'une femme (Kevin fais attention tu vas te salir), une poubelle que l'on rentre et dont les roues claquent contre le trottoir. La vie du lotissement. Tout ça très menu dans la douleur du crâne.
Antoine se frotte les yeux, s'étire, repousse les draps. Il tend la main vers la droite, tâtonne et rencontre un paquet de cigarettes. Il l'écarté, cherche du bout des doigts le petit cône de papier, le briquet. Joint du matin, chagrin. Joint du soir, espoir. Il l'allume, tire une bouffée. Il reste ainsi à fumer dans le noir quelques minutes. Il se gratte les cheveux, s'étire, enfile un tee-shirt qui sent la sueur. Écrase son mégot au fond d'un verre. Se lève et gagne la salle de bains. Il pisse, puis passe de l'eau sur son visage et sur ses cheveux. Il se regarde dans la glace, tente un sourire. Essaie de détailler les diverses imperfections de sa peau. Ses yeux s'égarent dans la blancheur des murs carrelés. Ses mains tiennent le lavabo. Il se dandine d'avant en arrière. Il ne regarde rien, ne pense à rien. Il reste là cinq minutes. Puis semble revenir à lui, d'un bref clignement de paupière. Quelque chose pue. Un retour d'égout ou un truc comme ça, qui remonte dans les tuyaux, sort par la douche. Antoine vomit, éclabousse le lavabo et le carrelage autour, jusqu'au miroir. À grande eau, à coup d'Ajax, de Monsieur Propre, il efface les traces.
La cuisine est sombre. Antoine fait chauffer le lait, pose un bol sur la toile cirée. Il vise le cercle brun que laisse chaque matin la tasse à thé de sa mère. Dans le placard, il prend un paquet de biscottes. Il tourne le bouton du vieux poste de radio. Une station diffuse une musique sans paroles, au rythme lent et affolé. Il verse le lait bouillant dans le bol ébréché. C'est un bol bleu et blanc. Au fond on voit la mer, un voilier. Sur la porcelaine, son prénom est écrit à la main, avec un genre de peinture bleu marine. Un de ces bols achetés en Normandie, dans la rue qui mène à la plage. Un cadeau de sa grand-mère, quand lui aurait préféré un ballon, une bouée, un seau, avec une pelle rouge ou un râteau vert, une Majorette, des lunettes de soleil, enfin un truc bien quoi.
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