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Le boulevard périphérique

Couverture du livre Le boulevard périphérique

Auteur : Henry Bauchau

Date de saisie : 18/04/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Collection : Domaine français

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 978-2-7427-7169-1

GENCOD : 9782742771691

Sorti le : 04/01/2008

Un antidote contre la sinistrose. Un roman éblouissant au soir de la vie.


Le boulevard périphérique est ce chemin inexorable, fil conducteur chargé de réalité quotidienne qui conduit chaque jour le narrateur au chevet de sa belle-fille hospitalisée, touchée par un cancer.
Périphérique, l'espace hors du temps où se rejoignent les vivants et les morts, où se tissent l'espérance et le désespoir, où la haine et l'amour se confrontent dans une danse sublime autour des souvenirs du narrateur.
Un roman limpide et magnifique sur "l'ombre de la mort portée en soi".


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

Paris, 1980.
Alors qu'il " accompagne " sa belle-fille dans sa lutte contre un cancer, le narrateur se souvient de Stéphane, son ami de jeunesse. Au début de la guerre, cet homme l'a initié à l'escalade et au dépassement de la peur, avant d'entrer dans la Résistance puis, capturé par un officier nazi - le colonel Shadow -, de mourir dans des circonstances jamais vraiment élucidées. Mais Shadow, à la fin de la guerre, s'est fait connaître du narrateur.
Son intangible présence demeure en lui, elle laisse affleurer les instants ultimes, la mort courageuse - héroïque, peut-être - de Stéphane. Et la réalité contemporaine (l'hôpital, les soignés et les soignants, les visites, l'anxiété des proches, les minuscules désastres de la vie ordinaire, tout ce que représentent les quotidiens trajets sur le boulevard périphérique) reçoit de ce passé un écho d'incertitude et pourtant d'espérance...
L'ombre portée de la mort en soi, telle est sans doute l'énigme dont Henry Bauchau interroge les manifestations conscientes et inconscientes, dans ce captivant roman qui semble défier les lois de la pesanteur littéraire et affirmer, jusqu'à sa plus ultime mise à nu, l'amour de la vie mystérieusement éveillée à sa condition mortelle.

Né en 1913, en Belgique, Henry Bauchau est poète, dramaturge, romancier et psychanalyste. Son oeuvre, essentiellement publiée par Actes Sud, est aujourd'hui traduite dans toute l'Europe, aux Etats-Unis, en Chine et au Japon.



  • La revue de presse Catherine David - Le Nouvel Observateur du 21 février 2008

A 94 ans, Henry Bauchau rassemble, dans «le Boulevard périphérique», les vivants et les morts. Magnifique. Quelquefois, nous dit Henry Bauchau, les souvenirs des jours heureux prennent une intensité foudroyante. Surtout quand la vie avance vers sa fin, il peut arriver qu'un être aimé, depuis longtemps disparu, vienne se placer devant notre rétine pour occuper tout l'espace de nos pensées, former cette mythologie personnelle qui structure notre expérience de la vie.


  • La revue de presse Robert Solé - Le Monde du 25 janvier 2008

Comme dans tous les romans d'Henry Bauchau, les détails les plus réalistes de la vie quotidienne se mêlent à la mythologie. On passe insensiblement de l'épisode le plus banal - le narrateur qui cherche les toilettes de l'hôpital - à des scènes de tragédie grecque...
Chaque personnage (le mari, la mère...) est parfaitement campé, avec une admirable sobriété. Dans le style aussi, c'est une éclatante victoire de la légèreté face à la pesanteur...
Il faut le dire en mesurant ses mots, en se gardant de toute exagération : Henry Bauchau a écrit un roman magnifique, un livre éblouissant.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 10 janvier 2008

Les raisons d'éprouver la plus grande affection pour le nouveau roman d'Henry Bauchau surgissent l'une après l'autre, en bon ordre. La liberté de ton est sidérante, comme si l'urgence de raconter faisait délibérément trembler les bases de l'écriture. Ils sont deux garçons, au début de la guerre, pas encore trentenaires, qui s'en vont grimper dans les rochers. Le narrateur se souvient, cela se passe quarante ans avant. Il détaille l'aridité d'une escalade. Prise ou absence de prise, rétablissement, un pied, une main, le risque de dévisser, la sueur froide, et puis le surplomb franchi. Rien de montagnard chez le narrateur, et rien de primaire, il n'est pas de ceux qui se fondent avec la nature. Mais il a un maître en la personne de Stéphane, son compagnon d'échappées belles, incarnation de la sensualité, de l'équilibre gracieux, par qui il est initié à «l'énergie du plaisir difficile». A une forme d'amour, aussi, sans «désir, ni possession».


  • La revue de presse Bruno Frappat - La Croix du 9 janvier 2008

Henry Bauchau ne se regarde jamais écrire. Il décrit exactement ce qu'il voit ou croit voir, et surtout ce qu'il ressent. Avec des mots simples, sans emphase ni afféteries de langage. C'est la vie intérieure qui lui importe d'abord, et le courant de mots qui passe, ou ne passe pas, entre les êtres. Le dialogue des vivants et des mourants, avec le jeu de masques de ce qui se dit toujours dans ce genre de circonstances («Oh, ça a l'air d'aller beaucoup mieux aujourd'hui...») constitue la trame d'une grande partie de l'oeuvre de Bauchau. Par ses poésies, ses pièces, ses romans et ses pages de journal régulièrement livrées au public (lire La Croix du 12 avril 2007), cet écrivain discret, qui n'a rencontré un certain écho que très tard, brode autour de la question de la destinée une expérience qui touche au coeur. Quels que soient nos ardeurs, nos prétentions, nos ambitions, notre culture (ou absence de culture), nos goûts, il y a place pour nous tous dans ces variations et ces vibrations douces que sont ses oeuvres. Elles font vibrer les songes, trembler les âmes, osciller les lignes de vie. Le tout sur un fond de récits où le corps et le psychisme, intimement associés, courent ensemble à leur perte ou à leur équilibre enfin trouvé. Avec Henry Bauchau, qui ne fut pas toujours écrivain et ne se livra à l'écriture qu'à la maturité, la méditation sur notre mortalité, née de l'expérience d'une vie qui ne fut pas facile, ne s'arrête pas. Cette coulée de mots qu'il met sur le temps, avec délicatesse, n'a pas pour but de répondre à nos questions mais humblement de les poser. C'est en cela que l'imaginaire y devient la vie même.


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 3 janvier 2008

À 95 ans, Henry Bauchau, l'écrivain connu pour ses ouvrages inspirés de la psychanalyse et de la mythologie grecque livre un roman dans l'ombre de la mort mais nimbé d'espérance.
Le nouveau roman d'Henry Bauchau récapitule sa vie, met en perspective les forces qui y furent à l'oeuvre. Écrit à bout de forces par un homme de 95 ans, il est traversé d'un souffle qui impose le silence. Tout est dit, songe-t-on en refermant le livre...
Henry Bauchau écrit comme parlaient les prophètes de la Bible. Il ne maîtrise pas son texte, il le délivre. On peut comprendre le passage du Livre des rois sur lequel se clôt Le Boulevard périphérique comme une métaphore de la dynamique de son oeuvre : le prophète Élie, lorsqu'il eut constaté que le Seigneur n'était pas dans le vent fort et puissant qui fracasse les rochers, ni dans les tremblements de terre, et pas plus dans le feu, entendant «le bruissement d'un silence ténu», «se voila le visage avec son manteau» devant l'Éternel.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 2 janvier 2008

Dans un souffle fragile et léger, imperceptiblement insistant comme celui de la dernière heure, il chuchote que nous sommes tous liés les uns aux autres, avançant dans un monde en accordéon, portés par la mémoire, ralentis par l'amnésie, asphyxiés par la peur, dopés par l'amour...
Henry Bauchau incite à guetter autour de soi les messagers anonymes, à la fois gouffres et tremplins, qui vous révèlent à vous-mêmes. Dès qu'il croit se cogner à ses propres limites («chaque fois que je pense, ou que j'essaie de suivre mes états d'inconscience, je retrouve mon insuffisance»), il les repousse secrètement. Il est de ceux qui savent, comme son ami Stéphane, qu'«il ne faut que regarder en soi toujours plus fort, toujours plus profondément», jusqu'à ce que les «yeux intérieurs ne soient plus deux, mais toute une constellation, un dôme de regards fixés sur l'obscurité». Henry Bauchau fait partie de ces êtres d'exception qui abolissent les murs entre le quotidien le plus routinier et la quête intellectuelle la plus foisonnante, qui luttent contre l'intermittence de la réflexion et mènent une existence aux aguets. Sur le qui-vive, sur le qui-meure, avec la même foi en l'humanité.


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