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Auteur : Antoni Casas Ros
Date de saisie : 29/03/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 12.50 € / 81.99 F
ISBN : 978-2-07-011930-1
GENCOD : 9782070119301
Sorti le : 10/01/2008
Un roman au style magnifique où l'on ne sait plus où est la réalité et la fiction. Un personnage haut en couleur qui semble être l'auteur mais qui devons-nous croire ? Entre féerie, passion, un voyage intemporel.
Défiguré à la suite d'un accident, le narrateur émerge lentement de sa solitude, réconcilie la forme et le sans-forme, explore le monde duquel il s'était retiré.
Le double regard, celui, distant, d'Almodovar qui le filme et celui, passionné, d'un transsexuel, lui fait comprendre peu à peu qu'il y a une fête au centre du vide.
Antoni Casas Ros est né en 1972 en Catalogne française. Le théorème d'Almodovar est son premier roman. Il vit à Rome.
Jeune auteur défiguré et invisible, Antoni Casas Ros signe un premier roman magistral. Impressionnant...
Mystification ? Tour de passe-passe à la Romain Gary ? Face à un auteur invisible et à la lecture d'un premier roman aussi maîtrisé, la question ne peut pas ne pas se poser. Chez Gallimard, bien sûr, on l'a évoquée puis repoussée. Agent littéraire, coups de fil, adresse Internet, blog... autant d'indices qui étayent l'existence d'un nouvel écrivain. Quoi qu'il en soit, la beauté du texte demeurera.
Dans cette Barcelone almodovarienne (sombre, humide, rappelant ce qu'avait écrit Jean Giono : «Je n'ai pas aimé Barcelone. C'est un Marseille asthmatique»), où Casas Ros trouve la motivation pour un projet susceptible de le tirer de son isolement difforme, les prostituées vivaient dans des immeubles dessinés par l'architecte Gaudí, décors monumentaux pour une marginalité sans complexes et impossible...
Le roman de Casas Ros ne parle pas de Gaudí, mais il présente des outrances modernistes et cultive un romantisme philosophique qui s'accordent bien aux fascinantes disproportions de l'architecte. C'est un roman sur la beauté dont le narrateur est condamné à la difformité, un exercice d'exhibitionnisme psychologique de la monstruosité, avec des envolées de lyrisme naïf, illuminant une confession sombre et torrentielle.
Rares sont les livres qui, une fois terminés, laissent le lecteur dans un état de sidération persistant...
Sur un sujet propice à l'obscénité, il trouve la juste distance, entre réalisme et baroque, dans une langue absolument splendide. Et au-delà du drame humain, Le théorème d'Almodóvar est une formidable leçon sur la nécessité de raconter sa vie. Qui vaut parfois tous les romans du monde.
Antoni Casas Ros, dont c'est le premier roman, raconte son histoire. Celle d'un homme défiguré à 20 ans par un accident de voiture qui coûta la vie à sa petite amie. Depuis quinze ans il vit reclus, à Barcelone, à Nice, puis à Gênes, l'ego en berne, tentant peu à peu de se réapproprier le visage qui gît entre les tôles broyées de sa 4L d'étudiant...
Casas Ros interroge les frontières entre imagination et réalité et les dynamite une à une. Pour atteindre ce graal, lieu ou sentiment, évoqué par le poète argentin Roberto Juarroz dans l'exergue du livre : trouver la fête au centre du vide.
Difficile même d'ancrer ce Théorème d'Almodóvar dans un genre littéraire aux contours trop précis. Certes, le narrateur du récit porte le nom de l'auteur, ce qui incite à voir une dimension autobiographique dans les faits et pensées que déroule l'ouvrage. Mais le caractère fantasque de l'intrigue et des situations fait vite voler en éclats toute certitude quant à la part de réel, d'imaginaire romanesque et onirique que contient cette histoire - en réalité, cette interrogation elle-même s'épuise rapidement tant il est vite avéré que là n'est vraiment pas la question...
Tout cela sur quelque 150 pages étranges et souvent belles, saturées de réflexions poétiques ou kitsch. Des pages où profondeur et candeur sans cesse se frôlent - tantôt se rejoignent et s'épousent.
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