Il n'aurait pu s'agir que d'une simple histoire de meurtre. Et pourtant, sans prévenir, les sens vont s'en mêler et plonger notre jeune flic dans un abîme sans fin. Une dégringolade qui pour lui prend les traits de Jack Bell, le Di Caprio du moment, et source de sentiments jusqu'alors inconnus. Un roman captivant qui se lit d'une traite, avec un Besson au meilleur de sa forme.
Le journal sonore des livres : Lu par Philippe Besson
- 21/02/2008
"Nous n'aurions jamais dû nous rencontrer.
Seulement voilà, le hasard nous a mis en présence. Si on veut bien considérer que la découverte d'un cadavre sur les pelouses impeccables de Beverly Hills est un hasard." Deux êtres que tout sépare se trouvent brutalement réunis par la mort d'un inconnu. Aussitôt, entre ces deux-là, surgit, sans qu'ils s'y attendent et sans qu'ils puissent s'y opposer, un sentiment violent. Un sentiment qui va les arracher à la solitude et au mensonge. À Los Angeles, ville mythique et dangereuse, une intrigue criminelle peut quelquefois devenir une intrigue amoureuse.
Philippe Besson est l'auteur, notamment, de En l'absence des hommes, L'Arrière-saison et Se résoudre aux adieux. Ses romans sont traduits en dix-sept langues.
La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 1er février 2008
C'est dans cette usine à rêves, dans cette nostalgie des légendes de Hollywood que Philippe Besson entraîne son lecteur, à la poursuite de cet Homme accidentel, de sa passion et de son cauchemar. L'intrigue policière n'est qu'un prétexte...
Comment se fait-il que, soudain, toucher le corps d'un autre homme devienne "la chose la plus facile du monde" ? Philippe Besson, qu'on dit parfois trop lisse dans ses romans, décrit ici au plus vif et au plus juste cette histoire de possession, de folie amoureuse. Mais "pendant ce temps-là", comme on écrivait dans les films muets, l'enquête continue.
La revue de presse Dominique Fernandez - Le Nouvel Observateur du 17 janvier 2008
Quant au style, il est, comme d'habitude, aisé et fluide. Le charme opère...
Bref, c'est du meilleur Besson, agile, léger, cursif, non parce que l'histoire manque de profondeur, mais parce que l'auteur est un homme pressé, qui écrit au ras de son émotion et ne veut pas la ralentir par des fioritures. Une vie qui se lézarde, un mariage qui craque, une carrière compromise, un couple improbable, d'autres en auraient fait un plat littéraire. Lui traite de ce grand sujet à toute allure. «Un homme accidentel» : le titre dit bien cette volonté de ne pas insister. Une simple chronique de quelques «jours fragiles», selon une formule chère au romancier. Et, pour finir, un livre réussi.
La revue de presse - L'Express du 3 janvier 2008
Philippe Besson vient de réussir un roman intense et fulgurant mais - surtout - parfaitement dérangeant. Un homme accidentel, c'est Brokeback Mountain en version française : comme Annie Proulx, Besson met en mots l'attraction fulgurante qui jette l'un contre l'autre deux hommes programmés pour ne jamais se rencontrer. Deux individus que tout maintenait à distance. Seul un «accident extravagant» était susceptible de les mettre en présence...
Un homme accidentel montre qu'il n'y a d'amour qu'à condition que la frénésie et l'urgence soient au rendez-vous. Besson a raison. Il faut jouer avec le feu. Et tant pis si s'animent d'immenses brasiers.