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La fureur et l'ennui

Couverture du livre La fureur et l'ennui

Auteur : Richard Flanagan

Traducteur : Renaud Morin

Date de saisie : 31/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-7144-4406-6

GENCOD : 9782714444066

Sorti le : 03/01/2008

L'après 11 septembre a inspiré à Richard Flanagan un roman âpre et cruel sur la paranoïa collective et l'hallucinant pouvoir des médias.


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

Dans une Sydney gangrenée par la peur du terrorisme, la descente aux enfers d'une femme trop fragile, la radiographie sans concession d'une société paranoïaque et cruelle, et d'une hystérie médiatique savamment orchestrée. Un roman impressionnant, nerveux et sombre, ancré dans une troublante actualité.

Gina Davies est strip-teaseuse. Son nom de scène : la Poupée. Au Chairman's Lounge, elle danse nue et ramasse les dollars. Ces dollars qui lui permettront de s'offrir ce dont elle rêve : un nouveau sac, un appartement, la respectabilité... Et qui lui feront peut-être oublier la vie misérable, jalonnée de drames, qu'elle a laissée derrière elle.

Un soir, la Poupée succombe au charme de Tariq. Après une nuit torride, son amant disparaît. Au matin, cinq bombes sont découvertes. Sur les écrans, une image passe en boucle : un homme, une femme -Tariq et la Poupée -, les deux principaux suspects...

La chute de la Poupée est proche : crucifiée par les médias, montrée du doigt par une société en quête de victime expiatoire, elle n'a d'autre choix que de se lancer dans une fuite forcément désespérée...

Traduit de l'anglais (Australie) par Renaud Morin.

«Parmi tout le flot d'ouvrages parus après le 11 Septembre, La Fureur et l'ennui de Richard Flanagan n'est rien de moins que le meilleur roman à ce jour. Flanagan est lucide, voire cruel, quant à notre stupidité collective. Un roman brillant.»

Jim Harrison

«Une réflexion brillante sur le monde post-11 Septembre, sur une époque de mondialisation où les terroristes autant que les gouvernements utilisent la peur, où les rumeurs et la désinformation circulent en un clin d'oeil, et où la fiction - élaborée par les politiciens et la presse à sensation, et consommée gloutonnement par une population avide de divertissement - remplace les faits et les vérités. Richard Flanagan a écrit un roman qui mérite de lui apporter les mêmes lecteurs que ceux de deux écrivains avec lesquels il a beaucoup en commun : Don DeLillo et Martin Amis.»

Michiko Kakutani, The New York Times

«Richard Flanagan assène de dures sentences sur la peur des étrangers et la discrimination envahissante qui règnent dans nos sociétés. L'empathie de l'auteur pour ses personnages rend l'histoire de Gina Davies très crédible, et terriblement triste. Un écrivain qui connaît ses personnages et son décor crée une oeuvre juste et intemporelle.»

Kirkus Reviews



  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Figaro du 17 janvier 2008

Flanagan prend son temps pour poser ses personnages, pour entrecroiser des débuts d'intrigue parallèles. Puis, soudain, tout s'emballe, se précipite, et son roman devient un modèle de roman noir, à la narration tendue, précise, sèche. Jim Harrison a déclaré qu'il s'agissait du «meilleur roman paru parmi le flot d'ouvrages ayant suivi le 11 Septembre». On le croit bien volontiers, tant Flanagan décrypte, brillamment, inexorablement, le fonctionnement des médias, de la presse à sensation, de la démagogie des gouvernants, de la politique sécuritaire à tous crins. La Fureur et l'Ennui, malheureusement, ne relève pas de la politique-fiction : c'est une radiographie du monde d'aujourd'hui, et elle fait froid dans le dos.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

L'idée que l'amour ne suffit pas est particulièrement douloureuse. Face à cette vérité, l'humanité a pendant des siècles essayé de découvrir en elle-même la preuve que l'amour était la plus grande force sur terre.
Jésus offre un exemple particulièrement navrant de ce combat inégal. Le coeur innocent de Jésus n'a jamais pu être rassasié de l'amour des hommes. Il l'a réclamé, comme l'observe Nietzsche, avec dureté, avec folie, et a dû inventer l'enfer pour châtier ceux qui le lui refusaient. Il a fini par créer un dieu qui était «tout amour» afin d'excuser l'échec irrémédiable de l'amour humain.
Jésus, qui voulait l'amour à ce point, était manifes­tement un fou, et, confronté à l'échec de l'amour, n'a pas eu d'autre choix que de chercher sa propre mort. En comprenant que l'amour ne suffisait pas, en acceptant le sacrifice de sa propre vie pour rendre possible l'avenir de ceux qui l'entouraient, Jésus aura été le premier kamikaze de l'histoire. Il y en aura d'autres.
Nietzsche a écrit : «Je ne suis pas un homme, je suis de la dynamite.» Une image de rêveur. Aujourd'hui, tous les jours, quelqu'un quelque part est de la dynamite. Ce ne sont pas des images. Ce sont des morts vivants, ainsi que tous ceux qui se tiennent autour d'eux. La réalité n'a jamais été faite par des réalistes, mais par des rêveurs comme Jésus et Nietzsche.
Nietzsche se mit à craindre que ce qui poussait le monde en avant fût tout ce qu'il contenait de destructeur et de malfaisant. Dans ses écrits, il a tenté de se réconcilier avec ce monde effroyable.
Un jour, apercevant un cheval de trait sauvagement battu par son cocher, il se précipite, enlace le cou de l'animal, et refuse de lâcher prise. Aussitôt déclaré fou, on l'enferme dans un asile pour le restant de ses jours.
Nietzsche aura été encore plus démuni que Jésus pour expliquer l'amour et ses diverses manifestations : empathie, gentillesse, se pendre au cou d'un cheval pour qu'il ne soit plus battu. À la fin, la philosophie de Nietzsche n'était même pas capable d'expliquer Nietzsche, un homme qui avait sacrifié sa vie pour un cheval.
Mais il faut dire que les idées passent toujours à côté de l'essentiel. Chopin était incapable d'expliquer ses Nocturnes. La raison pour laquelle la Poupée est hantée par les Nocturnes de Chopin constitue l'un des fils de cette histoire. En écoutant ce que Chopin ne pouvait expliquer, elle entendait une explication de sa vie. Bien sûr, elle ne pouvait pas savoir que cela annonçait aussi sa mort.


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