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.. La nuit du naufrage : une enquête de l'inspecteur Faraday

Couverture du livre La nuit du naufrage : une enquête de l'inspecteur Faraday

Auteur : Graham Hurley

Traducteur : Philippe Rouard

Date de saisie : 11/10/2007

Genre : Policiers

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Folio policier, n° 485

Prix : 8.40 € / 55.10 F

ISBN : 978-2-07-033927-3

GENCOD : 9782070339273

Sorti le : 11/10/2007

  • Les présentations des éditeurs : 09/01/2008

Traduit de l'anglais par Philippe Rouard

Promu aux Crimes Graves, l'inspecteur Faraday est sur tous les fronts et a bien moins de temps pour observer les oiseaux avec son fils sourd-muet. Il est vrai que sa ville mérite désormais le surnom de Port du crime. Un jeune voyou de douze ans, insaisissable, tabasse, rackette et se lance dans des casses. Un gardien de prison, connu pour sa brutalité, est retrouvé assassiné. Les investigations et l'intuition de Faraday le mènent étrangement du côté de la guerre des Malouines. Portsmouth, dans cette guerre oubliée, a perdu bien des siens. Ce qui est arrivé sur la frégate Accolade a laissé des souvenirs indélébiles dans la mémoire de certains, et la mémoire, ce n'est pas toujours le pardon...

«L'inspecteur Faraday est une création remarquable.»

Michael Connelly

Graham Hurley a inauguré avec Disparu en mer une série policière de la même veine que les romans de lan Rankin ou Henning Mankell. La nuit du naufrage, quatrième volet de cette série, continue d'explorer, avec Jo Faraday, père d'un enfant sourd-muet, la réalité portuaire méconnue de la ville de Portsmouth. Les autres romans de l'auteur sont tous publiés aux Éditions du Masque.


  • Les courts extraits de livres : 09/01/2008

Extrait du prologue :

Les eaux de San Carlos, le 21 mai 1982

Tous ces exercices, cette longue attente, ces spé­culations non formulées : que ressent-on, comment faire face ? Et voilà que soudain c'était là.
La première bombe frappa la poupe. Adossé à la cloison du carré, il sentit le navire se soulever en tremblant puis se rasseoir. Le pont des hélicos, pensa-t-il. Il avait été de quart quelques heures plus tôt, sous un froid et brillant soleil d'hiver. Dans l'éclat brutal du néon qui éclairait le mess Delta Deux, il redressa la tête et ajusta ses lunettes antiflash en essayant de se figurer ce qui se passait là-haut.
«Second appareil. Rouge deux zéro», crépita la voix de l'officier de pont dans les haut-parleurs.
Les Skyhawks argentins allaient le plus souvent par paires. Il valait mieux se concentrer sur un seul bateau si l'on voulait augmenter ses chances de le couler. Le premier avait joliment frappé.
«À gauche toute ! À gauche toute !»
Le bâtiment gîtait furieusement, tandis que le commandant tentait de tromper la visée de l'Argentin. Puis éclatèrent la pétarade de champ de foire d'une mitrailleuse Oerliken et le soudain sifflement d'un départ de Seacat. L'incapacité des Seacat, même sur une cible fixe à trois milles nautiques, n'était plus à démontrer. Vous en lâchiez un à six cents mètres, et sa petite cervelle électronique vous faisait une embolie. Même le commandement le reconnaissait.
Le soudain rugissement du Skyhawk là-haut lui fit rentrer la tête dans les épaules. Il ferma les yeux et commença à compter, mais il n'était pas arrivé à deux que le carré explosait. Projeté en avant par le souffle, il eut un instant de lucidité totale avant que le monde ne se referme autour de lui. Il pensa à de petites choses. La longue lettre depuis longtemps promise, commencée le matin même et à laquelle il ne manquait que quelques lignes. Le pari pris avec un enseigne sur la date de leur retour au pays. Puis le corps de Warren à la dérive dans l'Atlantique Sud, quelle tristesse.
Partout de la fumée, et le bruit de l'eau fusant d'une conduite arrachée. Des cris et le fracas du métal contre le métal, tandis que les hommes forçaient à la barre à mine les gonds faussés des issues. Et aussi ces flammes léchant les bords déchiquetés d'un trou béant dans le plancher.
Sans y penser, il se palpa brièvement. Il était encore assourdi par la déflagration et, quand il retira sa main de son visage, elle était poisseuse de sang, mais il fut capable de se relever sans difficulté, et il avait la tête assez claire pour se rappeler les procédures d'urgence.
D'après le règlement, il devait retourner au poste de pilotage pour évaluer la situation. Mais il avait l'intime conviction que le bâtiment était fichu. Déjà, celui-ci accusait une forte bande. Bâbord ? Tribord ? Il ne pouvait le déterminer précisément, mais la fumée s'épaississait un peu plus chaque seconde et, à en juger par le grondement qui montait des cales, le feu se propageait vers l'armurerie des Seacat. Dans une telle situation, tout marin à moitié sensé oublierait l'évaluation de la situation pour se consacrer à une évacuation en bon ordre.
Il se mit à avancer sur les mains et les genoux, tra­quant l'air frais. Déjà la tôle chauffait et l'haleine brûlante que vomissait le trou dans le plancher le chassa vers ce qui restait du mess Delta Deux. Il avait le vague souvenir de trois autres hommes avec lui dans cet étroit espace. Où étaient-ils ?


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