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Le jour où Nina Simone a cessé de chanter

Couverture du livre Le jour où Nina Simone a cessé de chanter

Auteur : Darina Al-Joundi

Date de saisie : 26/04/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-7427-7284-1

GENCOD : 9782742772841

Sorti le : 04/01/2008

J'ai dévoré cet ouvrage en une journée. J'y suis resté accrochée jusqu'à la fin. J'ai beaucoup aimé, plein d'émotions. Je l'ai conseillé à des clientes qui l'ont également adoré.


Un récit rythmé, dans la plus pure tradition orale, bien que très écrit. Une parfaite illustration des aliénations de l'orient. Où le respect des appartenances religieuses détruit tout destin individuel.

«Arrêtez ce coran de malheur !» le ton est donné. La demoiselle est libre, elle a le courage irréfléchi et le verbe sans concession. Darina Al-Joundi commence son histoire par le récit d'un deuil, celui de son père. Un père auquel elle doit tout, même ses malheurs. Un père qui lui a apprit à être libre, un homme cultivé, affable et orgueilleusement éprit de ses filles. C'est aussi un homme qui a pour religion la liberté et le progrès. Il professe le rejet des conformismes y compris pour ses filles, comme une obligation. Un laïque comparant le Christ à Guevara. Un militant de toutes les espérances, celle de la liberté pour la Palestine, du nationalisme arabe, des décolonisations...
Un homme qui a élevé sa fille comme on transmet un idéal. Il lui apprend à ne pas accepter les limites définies par son genre. A ne suivre aucunes recommandations que celles qui lui sont dictées par ses envies.

Malheureusement, la femme que deviendra cette petite fille libre devra payer les échecs des sociétés arabes. Parce que les idéaux des années 70 ont fait place à l'affrontement entre communautés religieuses. Parce que même dans la Suisse de l'Orient, chacun est sommé de respecter les règles strictes de sa communauté religieuse. Sinon...

Pourtant le récit est souvent drôle et les personnages bien que très crédibles restent très improbables. Dés les premiers mots le texte imposent son rythme, vous invitant à suivre le récit comme un spectateur. Elle conte, on écoute.

J'aimerais croire que cette histoire est unique et que de facétieuses fées fêlées se sont amusées à offrir un tempérament et une éducation qui prédispose à la désobéissance et la liberté à cette talentueuse comédienne. Mais le monde arabe regorge d'histoires de femmes - et quelques fois d'hommes - en total décalage avec leurs sociétés. Que le tribut payé par ses femmes nous apporte autant de talents en consolation.


  • Les présentations des éditeurs : 11/01/2008

Quel est le prix de la liberté ? Liberté sexuelle, amoureuse, politique, sociale ou religieuse...
Darina al-Joundi raconte, sous la plume de Mohamed Kacimi, une histoire stupéfiante, une histoire faite de vérité et de folie, de violence et de tendresse. Toute l'histoire du Liban contemporain concentrée en l'histoire d'une personne, fidèle au rêve persistant d'un père journaliste et écrivain pour qui la liberté n'est pas négociable. Ce rêve va pourtant se fracasser sur la violence et la haine de la guerre civile, là où tout devient possible, le sexe défie la peur, la drogue défie la vie, le refus de toutes les règles sociales et des convenances religieuses défie une société qui va se venger durement contre la jeune insoumise...
Ce livre est bien plus qu'une confession, c'est l'histoire d'une rédemption, des retrouvailles avec la vie d'une jeune fille qui devient femme au voisinage de la folie et de la mort. Il touche au coeur, au plus profond des entrailles, là où l'émotion se libère par un tremblement, dit toute la vérité d'un être dans son immense fragilité et son irréductible force. Le jour où Nina Simone a cessé de chanter commence le jour de la mort du père, dans un lieu appelé autrefois château de Beaufort...
Un texte qui reprend et prolonge le spectacle-événement du Festival d'Avignon.

Née en 1968 à Beyrouth (Liban), Darina al-Joundi est comédienne depuis l'âge de huit ans. Parallèlement, elle écrit et réalise des courts métrages. Mohamed Kacimi, né en 1955 à El-Hamel (Algérie), vit à Paris. Il a publié des romans, des essais et des pièces de théâtre, dont 1962 chez Actes Sud-Papiers en 1989, la Confession d'Abraham chez Gallimard en 2001 et Terre sainte, à L'Avant-Scène en 2007.



  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 17 janvier 2008

Rescapée de la guerre du Liban et de l'asile, Darina al-Joundi, 39 ans, raconte par écrit, après l'avoir interprété au théâtre, le bouleversant récit de sa vie brisée...
Comédienne et martyre, Darina al-Joundi vit aujourd'hui à Paris. Dans son exil, hantée par les images de la guerre et poursuivie jusque dans son sommeil par le sifflement des balles, elle crie, que dis-je, elle hurle. L'été dernier, au Festival d'Avignon, habillée d'une robe rouge sang, elle a saisi d'effroi et d'émotion les spectateurs de la chapelle Sainte-Claire en racontant son cauchemar et, par la force du corps et du verbe, en apostrophant son père, son héros, avec une telle ardeur qu'on eût dit qu'elle le ressuscitait chaque jour. Par la grâce de l'écrivain algérien Mohamed Kacimi, ce témoignage est devenu un livre torrentiel. Il peine encore, dans son joli format, à contenir les bonheurs et les horreurs que charrie sa mémoire, tout ce dont déborde cette jeune femme à la fois hilare et en larmes qui fait peur à la mort.


  • La revue de presse Robert Solé - Le Monde du 11 janvier 2008

La première scène, qu'on retrouve en ouverture du livre, est terrible. A la mort de son père, la jeune fille s'enferme seule dans la chambre où gît le cadavre, recouvert d'un linceul blanc. Elle arrache la cassette qui débitait un chant coranique et, à la place, met du Nina Simone. N'était-ce pas conforme aux sentiments de ce réfugié politique syrien, laïque fervent, marié à une Libanaise chiite, qui interdisait à ses filles de prier et de jeûner ? Parents et amis scandalisés tambourinent à la porte, sommant la rebelle d'arrêter ce sacrilège. "Ouvre salope, ouvre ! Ouvre, putain, si tu touches au Livre de Dieu, tu es morte." Elle tient bon, mais va le payer cher...
De famille musulmane, élevée dans des écoles catholiques, Darina al-Joundi n'est tendre ni pour les islamistes, qui l'ont insultée, battue et humiliée, ni pour les bonnes soeurs de l'asile de Jounieh, où elle a subi la camisole de force. Dans ce livre impudique et saisissant, où personne n'est épargné, elle arrache sans ménagement le vernis moderne de la société libanaise, au fond très archaïque.


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