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Auteur : Damien Mascret | Maïa Mazaurette
Date de saisie : 25/01/2008
Genre : Guides et conseils pratiques
Editeur : la Musardine, Paris, France
Collection : L'attrape-corps
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-84271-381-2
GENCOD : 9782842713812
Sorti le : 25/01/2008
Après les monologues du vagin, le clitoris tient enfin sa revanche !
Toutes les études des sexologues le prouvent : le clitoris est bien le principal détonateur de l'orgasme féminin. Pourtant, dans les médias comme dans les mentalités, les approximations perdurent, et avec elles une somme d'idées reçues. En convoquant quelques pionniers de la psychanalyse et des études scientifiques récentes, la presse féminine et les séries télévisées, les films pornographiques et les féministes, Maïa Mazaurette et le Dr Damien Mascret analysent les raisons de cette étrange excision culturelle et, avec pédagogie et humour, proposent des pistes pour partir à la redécouverte d'un petit bout de matière qui a fait couler beaucoup d'encre.
MAÏA MAZAURETTE, l'une des pionnières et sex-experte de la blogosphère (dont le site www.sexactu.com fait référence) est l'auteure de Nos amis les hommes (Éditions Florent Massot, 2001) et Le pire est avenir (Éditions Rozan-Laffont, 2004).
DAMIEN MASCRET est médecin-sexologue et journaliste. Rédacteur en chef de l'hebdomadaire Le Généraliste, il est notamment co-auteur de Le malade n'est pas un numéro (Odile Jacob, 2004) et de Ministre, un an dans les pas de Xavier Bertrand (Éditions de santé, 2007).
DE L'EXCISION CULTURELLE À LA REDÉCOUVERTE DU CLITORIS
Au début était le Verbe et, parce que l'histoire du clitoris est presque aussi torturée que celle des femmes excisées, son étymologie l'est aussi. «Clitoris» vient-il du mot grec kleis désignant la «clef» ? Ou plutôt de klei-tor-is, «petit monticule penché» ? Ou encore de kleitoriazein, «titiller lascivement» ? Ou enfin de kleiein, «recouvrir» ? Dès l'origine, le flou s'installe. Toutefois, nous n'évoquerons pas ici le clitoris à travers les âges et les continents : nous nous contenterons de parler de ce qui a une influence sur notre manière de penser, ici et maintenant. Dans cette partie dédiée à l'histoire du clitoris, c'est donc par choix que nous commencerons avec Freud, principal auteur, dans les civilisations occidentales, de l'excision culturelle de cet organe pourtant crucial.
Où est le clitoris ?
Selon le très récent Petit Larousse de la sexualité, le clitoris est un «petit organe érectile de l'appareil génital externe de la femme situé à la partie antérieure de la vulve». Les auteurs ajoutent : «Le clitoris ne constitue que la partie visible d'un appareil semi-érectile beaucoup plus important et joue un grand rôle dans l'excitation sexuelle et le plaisir féminin.» Allons plus loin, puisque selon nous le clitoris ne joue pas seulement un grand rôle, il EST le centre principal du plaisir sexuel féminin.
Mais en 2007, un constat : alors que tout le monde devrait connaître cet organe grâce à l'enseignement sexuel dispensé à l'école, on constate que nombre d'hommes (et de femmes) n'en ont jamais entendu parler, ou choisissent de faire comme s'ils n'en avaient jamais entendu parler : le clitoris, encore aujourd'hui, reste le plus souvent passé sous silence. En dépit de l'offensive des sextoys clitoridiens, rarement désignés comme tels, les hors-série sexy des magazines évoquent très peu le petit détonateur - préférant se cantonner aux conseils en lingerie ou aux Kama-sutra illustrés. Au cinéma ? Les films grand public limiteront presque toujours les scènes d'amour à un classique missionnaire. La pornographie, alors ? Le film X qui s'est le plus préoccupé du clitoris le plaçait au fond de la gorge de l'actrice Linda Lovelace : c'était en 1972, le monde découvrait Gorge profonde... pas vraiment le top pour faire jouir une vraie femme. Et la littérature ? Quelques coups de langue, mais surtout la sublimation de la pénétration, métaphore évidente de la fusion des partenaires. Le cunnilingus n'est que rarement évoqué et il faut se contenter de la masturbation pour supposer que le clitoris est dans les parages. Ainsi en est-il de la fin d'Ulysse de James Joyce. Au terme de soixante pages sublimes, après avoir ruminé sur son sort et médité sur sa condition de femme, seule dans son lit, Molly Bloom se laisse submerger par le plaisir. Il n'est jamais dit qu'elle est peut-être en train de se masturber, mais la façon dont les limites de la phrase éclatent dans ce texte, et le «OUI» final de Molly peuvent aisément le laisser penser. Détail ô combien révélateur, c'est seule dans son coin que la pauvre Molly à l'existence banale découvre enfin les joies de l'orgasme, pendant que son mari Leopold est en balade.
Mais tout ça n'est que littérature. En 2007, tous les adolescents savent ce qu'est la sodomie, mais beaucoup d'entre eux ne peuvent pas situer le clitoris. Cantonné aux préliminaires, ce petit centimètre carré aux milliers de ramifications joue les seconds rôles : simple mise en bouche, quand il n'est pas excisé, destiné à provoquer une lubrification vaginale suffisante pour passer aux choses sérieuses. Bien sûr, il n'en est pas systématiquement ainsi. Mais dans notre imaginaire, notre culture, nos représentations artistiques, la relation sexuelle est une pénétration. Or, le clitoris ne se pénètre pas.
Comme le dit joliment la journaliste du New York Times, Natalie Angier : «Le clitoris est le seul organe à vocation purement sexuelle, sans heures supplémentaires à effectuer en tant qu'appareil sécrétoire ou excrétoire '.» Une particularité qui n'a malheureusement pas échappé à certaines cultures dans lesquelles ce petit bout de chair «gênant» est purement et simplement ôté d'un coup de lame. Et pourtant, ajoute Angier, «le clitoris c'est l'âme d'Éros, le site de rassemblement de ces 8000 fibres nerveuses formant un véritable petit cerveau».
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