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Pardon mère

Couverture du livre Pardon mère

Auteur : Jacques Chessex

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 17.50 € / 114.79 F

ISBN : 978-2-246-73351-5

GENCOD : 9782246733515

Sorti le : 06/02/2008

Il dit d'elle qu'elle avait les yeux plus bleus et gris que le ciel de ses montagnes suisses. Il dit d'elle tant de choses vraies et fragiles. La véracité ne tenant qu'à l'évocation. Dans toute sa puissance puisque seule son évocation reste d'elle. Dans son souvenir d'elle et de lui, de lui contre elle. Il dit tant de lui aussi. Il se maudit et la chérit. Il se maudit dans son amour à elle. Dans ses manques à lui. L'écriture comme seule rédemption, comme ultime déclaration d'un amour total.

Lorsqu'une plume aussi pleine et déliée que celle de Jacques Chessex se donne le temps et la verve d'accompagner son amour à sa mère, il reste comme une admiration indicible pour l'auteur et son oeuvre, malgré lui sans doute.


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

«Longtemps j'ai eu le temps. C'était quand ma mère vivait. J'étais désagréable avec elle, ingrat, méchant, je me disais : j'aime ma mère. Elle le sait ou elle finira bien par le savoir. J'ai le temps. En attendant, le temps passait. Je rencontrais ma mère, je la blessais parce que tout en elle me blessait. Son esprit était droit, sa pensée juste, son élégance de bon goût, sa taille bien prise, son regard d'un bleu un peu gris était pur et me voyait. Et moi je n'étais pas digne de ce regard.»

Un fils parle de sa mère. Sa mère, «le contraire de la vanité et du tapage», lectrice de La Fontaine au regard bleu clair, et lui, l'écrivain, Jacques Chessex, l'excessif, le mauvais fils, le fils rebelle.

Tombeau et résurrection, «fontaine de regret», violence et douceur, évocation pudi­que mais charnelle, ce récit autobiographique est l'un des plus beaux, des plus émouvants de l'auteur.

Né en 1934 à Payerne, dans le canton de Vaud, Jacques Chessex est l'un de nos plus grands écrivains de langue française. Prix Goncourt en 1973 pour L'Ogre, il est l'auteur, entre autres, de Monsieur (2001), L'économie du ciel (2003) et Le vampire de Ropraz (2007).



  • La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 7 mars 2008

C'est un acte de contrition, un récit incantatoire, un chemin de croix en 37 stations. Celui qui se juge comme un mauvais fils paie sa dette à sa mère passionnément aimée, mais, selon lui, mal aimée...
Toute sa vie, cette femme avait détesté l'idée d'être incinérée. Elle l'a pourtant décidé dans sa grande vieillesse, peut-être par dédain de ce qu'elle était devenue, malade et aveugle. Elle n'avait pas de tombe, jusqu'à ce que son fils écrive ce livre, pour lui donner une sépulture et pour la ressusciter.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 27 février 2008

A sa mère, morte il y a sept ans, Jacques Chessex consacre ce livre plein de chagrin et de regret - une demande de pardon, d'une douceur déchirante...
Il fut un fils prodigue, lointain, indifférent, provocateur, impie. Il s'en veut, il s'accable, se flagelle, se juge décevant et indigne, et, sans feinte pudeur, n'en finit pas de le confesser. A l'oreille de qui ? Peut-être de Dieu. Peut-être des hommes. Pas à celle de sa mère disparue - car «ce qui est dit entre une mère morte et un fils vivant a lieu dans un autre langage que le langage où je t'écris». Hors de nous, rien qu'entre elle et lui.


  • La revue de presse - Paris-Match du 21 février 2008

Son indifférence, ses méchantes pensées, sa colère devant une mère qui ne lui accorde pas le talent qu'il croit mériter, le sérieux que sa profession d'écrivain est censé, lui garantir, son arrogance, son esprit querelleur, sa vie parfois dissolue, son penchant - aujourd'hui lointain souvenir - pour la bouteille... comme un pécheur qui va à confesse, Chessex vide son sac pour soulager sa conscience et la mémoire de la femme qu'il révère le plus au monde...
Jacques Chessex est un écrivain rare, un personnage comme le XIXe siècle en recelait, une espèce en voie de disparition, telle que la savane littéraire n'en produit plus beaucoup. Plongez-vous dans sa fontaine de regrets, c'est une source de jouvence.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 24 janvier 2008

Maintenant que Lucienne Chessex, née Vallotton à Vallorbe, en 1910, n'est plus, et qu'elle n'a même pas une sépulture où reposer en paix - après «l'Economie du ciel», celle de la terre -, son fils, âgé de 73 ans, lui offre ce tombeau de papier. Il l'a écrit avec ses regrets et surtout ses remords, c'est un livre plein de larmes, un acte de contrition, un lamento lyrique, poignant. Il se reproche de l'avoir longtemps blessée, ignorée, malmenée, abandonnée. D'avoir toujours cédé à ses noirs penchants, préféré ses plaisirs à ses devoirs, «trahi» sa mère avec des filles et des femmes de tous âges, de toutes conditions. D'avoir, sans en prendre toujours conscience, imité son père, qui excellait dans le mépris et la tromperie. D'en avoir rajouté dans la provocation parce que, justement, l'esprit de sa mère était droit, «sa pensée juste, son élégance de bon goût, sa taille bien prise et son regard pur». Et de ne pas mériter l'amour qu'elle n'a cessé de lui porter et dont témoigne un film vidéo tourné vingt jours avant sa mort. Jamais Jacques Chessex, ce pieux mécréant, n'a davantage eu la foi que dans ce récit grégorien où le poème gagne sur la prose et la prière finit par l'emporter sur le repentir : «Toi, mon Dieu, si tu as pitié de ta créature, aime ma mère là où elle est. Dieu aime-la. Protège-la. Donne-lui ce que je ne lui ai pas donné.» Mais Dieu ouvre-t-il seulement les livres qu'on lui adresse en recommandé, aussi beaux, humbles et sincères soient-ils ?


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