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.. Le village sous l'Ancien Régime

Couverture du livre Le village sous l'Ancien Régime

Auteur : Antoine Follain

Préface : Jean-Marc Moriceau

Date de saisie : 16/01/2008

Genre : Histoire

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Histoire

Prix : 27.00 € / 177.11 F

ISBN : 978-2-213-63554-5

GENCOD : 9782213635545

Sorti le : 16/01/2008

  • Les présentations des éditeurs : 02/02/2008

Voici la somme - qui n'existait pas - sur le cadre de vie de l'écrasante majorité de nos aïeux, le village. Une étude ample, dans l'espace et dans le temps, où le pittoresque le dispute à la richesse de l'information. Jean-Marc Moriceau y insiste au long de sa préface : «C'est dans un sillon bien droit et fort large qu'Antoine Follain a poussé sa charrue, tant la terre est retournée après son passage, celui des structures villageoises de l'ancienne France. Comment définir l'identité communautaire à partir d'une histoire comparée du village, soucieuse d'équilibre entre les différents "modèles régionaux" ? Au prix d'un effort considérable de réunion des matériaux dispersés dans les archives et l'historiographie, Antoine Follain réussit cette gageure : fournir un éclairage national sur plus de trois siècles - de 1450 à 1780 principalement - en conservant un pied sur un observatoire particulier - la haute Normandie, où le religieux et le civil sont étroitement imbriqués - et en en posant un autre à l'extérieur, dans la diversité des configurations socio-institutionnelles de la vieille France.
«Étayé sur un roc bibliographique, le propos entend réhabiliter le lien communautaire et redonner toute sa "dignité" à la politique au village, aussi bien dans la France septentrionale des échevinages ou des syndicats que dans celle du Midi. C'est donc à une approche dynamique, attentive à voir la pratique des institutions locales et le fonctionnement concret de la cellule villageoise que nous convie l'auteur.»

Professeur d'histoire moderne à l'université Marc Bloch de Strasbourg, Antoine Follain s'est en tant que chercheur attaché le plus volontiers à des archives villageoises des XVIe et XVIIe siècles souvent délaissées. Il a organisé avec des collègues une dizaine de colloques parmi lesquels «L'argent des villages», «Les justices de village» et «L'impôt des campagnes».


  • Les courts extraits de livres : 02/02/2008

Extrait de l'introduction :

«On s'occupait peu, à la cour, des habitants des campagnes (...). À peine les regardait-on, sinon pour s'en étonner. On voit certains animaux farouches, disait La Bruyère, des mâles et des femelles, répandus par les campagnes (...) attachés à la terre (...) ils ont comme une voix articulée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine, et en effet ils sont des hommes... Le grand moraliste (...), s'il avait retrouvé le dimanche, dans leur village, les animaux farouches (...), aurait vu des hommes se réunir à la porte de leur église pour délibérer sur leurs propres affaires et nommer leurs agents ; il les aurait montrés (...) reprenant leur dignité, remplissant leurs devoirs de chrétiens et de citoyens. Si La Bruyère s'était occupé de ce côté-là de la vie rurale, quel tableau plus riant en eût-il pu tracer (...). Faire connaître l'administration des campagnes sous l'ancienne monarchie ; étudier la gestion des affaires communales par les habitants des villages ; montrer la part qu'y prenaient le prêtre, le seigneur et le prince, tel est le but et le programme de ce livre.»

Babeau, Albert, Le Village sous l'Ancien Régime..., 1879, p. 1-4.

Le titre «Le Village sous l'Ancien Régime» a été emprunté à Albert Babeau, qui se trouve peut-être à l'origine de tout un courant historiographique. Mais son livre était quelque peu trompeur car il aurait au moins mérité un sous-titre : «L'exemple bourguigno-champenois...». Quant à nous, sans renier notre attachement à la Normandie, faire l'histoire du village normand ne nous intéressait pas autant que l'on pourrait le croire. Consacrée en premier aux villages et communes d'une province, cette recherche n'est donc pas confinée entre ses frontières historiques : Bresle, Epte, Couesnon, etc. Car même s'il avait été question de faire seulement un «Village normand sous l'Ancien Régime», la province n'aurait pu suffire à elle-même pour comprendre sa propre histoire. Allons plus loin : le village normand vaut que l'on s'intéresse à lui s'il peut devenir exemplaire, non dans sa singularité mais dans le cadre d'une comparaison systématique qui, en retour, l'enrichit. D'où la conjonction qui, dans le titre original de ce livre, associait : «Le Village sous l'Ancien Régime et l'exemple normand». C'est donc pour apporter une contribution à toute l'histoire du village en France que nous avons focalisé sur une province qui n'avait guère suscité de travaux - sinon les Paysans normands au XVIIIe siècle de Charles Leroy (1903 et 1929) et des articles de Louis Collet (1948 et 1949). Étant régional et tourné vers l'extérieur, notre travail sur «l'exemple normand» est différent, par exemple, de celui d'Anne Zink sur «l'exemple landais», à savoir sa thèse d'État (1985) éditée en plusieurs livres (1993, 1997 et 2000). Cette somme est en effet consacrée à une partie du Sud-Ouest et à cela seulement, alors que le nôtre est ouvert à la France entière. Allant du régional vers le national, notre travail ne peut non plus se comparer à l'entreprise monographique d'Élie Pélaquier sur un seul village du Languedoc, à savoir sa thèse sur Saint-Victor [de] la Coste (1996) et ses nombreux articles (1985, 1987, 1993,1994,1995,1997,2000, etc.) focalisés sur le même village. L'idéal serait que cent monographies du même intérêt eussent été écrites. Ce n'est pas le cas et notre intention n'a jamais été de donner l'une de ces monographies, alors que - comme on le verra - les archives du village normand du Petit-Quevilly en offraient la possibilité. Le présent travail est d'une autre nature.

DÉFINITIONS ET PROBLÈMES

Pierre de Saint Jacob, en publiant ses Documents relatifs à la communauté villageoise en Bourgogne du milieu du XVIIe siècle à la Révolution (1962), a qualifié son recueil de «révélateur[s] de nos ignorances», exhortant les historiens à mener des travaux comparatifs. C'est dans cette intention que nous situons notre entreprise : en rupture avec Albert Babeau - malgré l'emprunt du titre - et différemment des collègues pour lesquels l'exemple régional ou local prime sur la généralité, en réponse à l'exhortation de Pierre de Saint Jacob et enfin dans le prolongement du discret article de Jean Jacquart, «Réflexions sur la communauté d'habitants» (1976). Or l'exemple normand est apparu comme un excellent poste d'observation pour faire une histoire du village ou de la communauté rurale qui puisse avoir une valeur générale. Il ajoute aussi une référence régionale à un ensemble comprenant l'exemple bourguigno-champenois (Pierre de Saint Jacob, 1960 et 1962), l'exemple provençal (Henri Costamagna, 1971 et Michel Derlange, 1987), l'exemple francilien (Jean Jacquart, 1974), l'exemple lyonnais (Jean-Pierre Gutton, 1978), l'exemple landais (Anne Zink, 1985), l'exemple ardéchois (Alain Molinier, 1985), l'exemple auvergnat (Pierre Charbonnier, 1985), l'exemple catalan (Michel Brunet, 1986), l'exemple artésien et pré-révolutionnaire (Jean-Pierre Jessenne, 1987), l'exemple alsacien (Jean-Michel Boehler, 1995), l'exemple narbonnais (Gilbert Larguier, 1996) et l'exemple rhodanien (Élie Pélaquier, 1996), sans oublier l'oeuvre de Maurice Bordes pour tout le Midi, de la Gascogne jusqu'au comté de Nice.


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