Recherche

Recherche par mot :
Recherche par genre :

Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.

Libraires,partagez vos découvertes.

Editeurs,valorisez vos livres.

Présentation

Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.


France 5 est notre partenaire « Télé » : chaque jeudi soir, un portrait de libraire est diffusé dans l’émission de François Busnel « La Grande Librairie ».


France Info est notre partenaire « Radio ». Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche soir, François Busnel reçoit deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée.


Le Magazine Littéraire est notre partenaire « Presse écrite ». Découvrez en exclusivité le palmarès des livres préférés des libraires de France.


L'inconnue du commencement

Couverture du livre L'inconnue du commencement

Auteur : Pierre Gibert

Date de saisie : 02/02/2008

Genre : Philosophie

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : La couleur des idées

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-02-049707-7

GENCOD : 9782020497077

Sorti le : 04/10/2007

  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

«Il faut un commencement à tout», dit la sagesse populaire, et elle ne doute pas que les commencements existent et qu'on peut les appréhender sans peine. Pierre Gibert impose ici une évidence exactement contraire : les commencements échappent à la conscience comme à la reconstitution. Que ce soit en psychanalyse, en histoire, en physique, en littérature, en religion..., toujours les commencements sont racontés, décrits, déclarés et interprétés après coup. Et puisqu'il faut bien parler des débuts, les hommes ont inventé des moyens littéraires : «Il était une fois...», «En ce temps-là...», «Au commencement...» et bien d'autres «ouvertures» ; mais surtout ils ont créé des mythes et des récits «de commencement», dont les premiers chapitres de la Bible sont, dans la culture occidentale, le texte emblématique. Ce ne sont pas des récits neutres : leur fonction idéologique, doctrinale, philosophique, biographique et autobiographique est immense. En tout cas, après ce livre, on ne pourra plus dire comme Racine dans Les Plaideurs : «Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement» !

Pierre Gibert, exégète biblique, est l'auteur au Seuil de Bible, Mythes et Récits de commencement (1986), un livre réimprimé puis épuisé.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Extrait de l'introduction :

«Ce que je sais le mieux...»

Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement.
Racine, Les Plaideurs, III, III

C'est du commencement que traite cet ouvrage, une des questions les plus banales et les plus universelles qui soient, du commencement absolu de tout, de l'univers, de la vie. aux commencements en histoire, celle des nations par exemple, ou celle des oeuvres en littérature. Et la question ne se pose pas seulement pour l'univers, l'humanité et les sociétés humaines : elle concerne aussi bien tout individu. Rendre compte de «ses origines», dire «ses ancêtres», raconter ses fondations, ne relève pas du seul capital culturel, mais également d'un besoin personnel, voire d'une nécessité. C'est un des buts de cet ouvrage de le rappeler, pour tenter aussi de saisir quelques caractéristiques du «discours» que le commencement fait tenir, et donc du «récit» qui le rapporte ou le raconte.
«Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement», fait dire Racine à Petit-Jean dans Les Plaideurs. Simple ressort comique ou profonde intuition ? Pour laborieuse plaidoirie qu'il soit, le propos se tient en tout cas dans une nette certi­tude : «ce que je sais», et «ce que je sais le mieux» !
Car semble s'imposer d'emblée l'évidence du commen­cement : pour qu'une chose soit, il faut nécessairement qu'elle ait commencé, et, réciproquement, si une chose est, c'est qu'elle a commencé ! De ce fait, n'importe qui peut affirmer : «Je suis parce que je suis né», c'est-à-dire «parce que j'ai commencé de vivre à telle heure de tel jour de tel mois en telle année en tel lieu». Sur quoi se fondent d'aussi évidentes proclamations de commencement, telle celle de la Bible, qui à la fois commence le livre et énonce le commencement de tout, univers, vie et humanité : «Au commencement Dieu créa le ciel et la terre...» À quoi font écho d'autres formulations de commencement qu'elle a d'ailleurs inspirées : «Au commencement était la Parole», ou «Au commencement était l'action».
Certes, on utilise aussi d'autres termes pour parler de com­mencement, celui d'«origine» par exemple. Nous aurons à y réfléchir. Pour l'instant, disons que, s'ils ne sont pas sans plus des synonymes, ces termes comme d'autres sont naturellement et spontanément utilisés en raison d'une évidence qui, comme toute évidence, s'impose d'elle-même : tout ce que nous connaissons a eu son commencement qui ne peut qu'aller de soi, du fait que tout ce qui est ou existe implique son commencement.
Il est donc évident aussi que «ce que je sais le mieux, c'est mon commencement», puisque, toute chose ayant son commencement, je dois pouvoir le savoir fort bien et le dire de même.
De ce fait, le récit de commencement, comme forme narrative particulière qui dit ou raconte ce qui s'est passé «au commencement», va lui aussi de soi de par la situation chronologique de ce temps premier, de ce premier moment, qui se définissent et sont justifiés comme premiers par les autres temps et moments qui les suivent. Réciproquement, ces autres temps et moments seconds sont ou ont été parce qu'il y en a eu un «premier» qui les a inaugurés et qui peut justement être rapporté par un «récit de commencement».
Ainsi paraissent s'imposer et s'enchaîner une série de constats qui font du commencement, de tout commencement, que ce soit dans l'ordre mémoriel ou dans l'ordre chronologique, ou dans l'ordre rédactionnel, la chose la plus perceptible et la plus repérable qui soit dans son évidence même.
Pourtant, et ce sera un autre des buts de cet ouvrage que de le rappeler, il y a quelque chose qui est toujours, sinon absolument, inatteignable dans le commencement, et pas seulement pour des raisons d'oubli ou d'ignorance. On doit même dire que le commencement est le lieu par excellence de l'insaisissable, du radicalement impossible à percevoir, et donc impossible à vivre comme tel. Avec la question générale, universelle, du commencement, ce paradoxe fonde les réflexions de ce livre.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia