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.. Shadowman

Couverture du livre Shadowman

Auteur : Cody McFadyen

Traducteur : Nathalie Gouyé-Guilbert

Date de saisie : 07/02/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Collection : Best-sellers

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-221-10587-0

GENCOD : 9782221105870

Sorti le : 07/02/2008

Un serial killer se prétendant le descendant de Jack l'éventreur sème la terreur notamment dans l'entourage de l'agent du FBI Smocky Barrett. Celle-ci venant de subir un drame innommable va mettre toutes ses ressources physiques et morales à la traque de ce pervers.
Un bon suspens, des scènes effrayantes à lire «les yeux fermés».


  • Les présentations des éditeurs : 13/02/2008

Smoky Barrett, agent au FBI, pensait avoir connu le pire de l'horreur. Traumatisée par l'assassinat de son mari et de sa fille, qui s'est déroulé sous ses yeux, elle ne peut plus exercer son métier. Mais la démence d'un abominable tueur la force à reprendre du service. Il a torturé, violé et éviscéré sa dernière victime, laissant la petite fille de cette dernière, vivante, attachée à son cadavre. Il a filmé la scène puis envoyé la vidéo à Smoky et à son équipe, chargées des enquêtes sur les tueurs en série, les mettant au défi de l'arrêter...
Prétendu descendant de Jack l'Éventreur, génie tordu défiant toutes les tentatives de compréhension, le monstre qui se fait appeler Shadowman - ou fils des ténèbres - impose à Smoky un défi lugubre tandis qu'il s'engouffre dans un délire de meurtres et de perversion... Peu à peu, la soif de justice va ramener la jeune femme à la vie. Et l'obliger à affronter ses plus grandes peurs.

Cody McFadyen, nouveau venu dans le monde du thriller, atteint la perfection dès son premier roman. Les droits de Shadowman, best-seller en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne ont déjà été achetés dans seize pays. Cody McFadyen a trente-sept ans et vit en Californie.


  • Les courts extraits de livres : 20/03/2008

Je fais toujours les trois mêmes rêves : deux merveilleux et un autre plein de violence, qui me laisse tremblante et accablée de solitude.
Cette nuit je rêve de mon mari, un rêve qui se déroule toujours à peu près de la même façon.
Je pourrais dire qu'il m'a embrassée dans le cou tout simplement. Mais je mentirais.
Il serait plus honnête de dire que je mourais d'envie qu'il m'embrasse dans le cou, que j'y aspirais de toutes les fibres de mon être et que, quand il l'a fait, ses lèvres étaient celles d'un ange envoyé du ciel pour exaucer mes prières.
J'avais dix-sept ans. Lui aussi. C'était un temps où nous ne connaissions ni la fadeur ni le mal. Tout n'était que passion, ferveur, et flamme brûlant avec une ardeur à consumer les âmes.
Il s'est penché dans la pénombre du cinéma, il n'a hésité qu'un instant, j'ai vacillé au bord d'un abîme tout en jouant la fille très calme et oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu, il m'a embrassée dans le cou. C'était divin. J'ai su dès cette minute que je serais à lui pour toujours.
Il était l'homme de ma vie. Beaucoup ne le trouvent jamais. On en entend parler, on en rêve, on en ricane. Moi, j'ai trouvé le mien. À dix-sept ans. Et je ne l'ai plus quitté, même quand il a expiré dans mes bras, même quand la mort me l'a arraché, même maintenant.
Désormais, Dieu porte le nom de ma douleur : oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu, il me manque tellement !
Je me réveille avec la caresse de ce baiser sur ma peau de dix-sept ans. Je m'aperçois que je n'ai plus dix-sept ans et que lui, il a cessé de vieillir. La mort l'a saisi à trente-cinq ans et il garde cet âge à jamais. Pour moi, il a toujours dix-sept ans, il est toujours penché vers moi pour effleurer mon cou dans la perfection de ce moment.
Je tends la main vers l'endroit du lit où il devrait dormir et je suis transpercée d'une douleur si vive et si soudaine que je prie en tremblant, je prie que la mort vienne me délivrer de la souffrance. Mais, naturellement, je respire toujours et la douleur, peu à peu, s'estompe.
Je regrette tout ce que sa présence mettait dans ma vie. Pas seulement les bonnes choses. Ses défauts me manquent autant que ses qualités. Je regrette ses agacements, ses colères. Je regrette les airs supérieurs qu'il prenait parfois quand je lui faisais des reproches. Je regrette mes fureurs quand il oubliait de mettre de l'essence dans la voiture et que je trouvais le réservoir presque vide au moment de partir.
C'est un truc auquel on ne pense jamais quand on essaye d'imaginer ce que serait la perte d'un être cher. On ne sait pas qu'on regrettera non seulement les fleurs et les baisers, mais tout l'ensemble. Que les échecs et les petites mesquineries nous manqueront autant que les gestes de tendresse au milieu de la nuit. Je voudrais qu'il soit là pour pouvoir l'embrasser. Je voudrais qu'il soit là pour pouvoir le trahir. Peu importe, du moment qu'il est là.
Quand ils en trouvent le courage, les gens me demandent quel effet ça fait de perdre quelqu'un qu'on aime. Je leur dis que c'est dur et je m'en tiens là.
Je pourrais leur dire qu'on a le coeur broyé. Je pourrais leur dire que j'ai crié sans arrêt pendant des jours, que je criais en marchant dans la ville, que je criais la bouche fermée, sans émettre un son. Je pourrais leur dire que je fais ce rêve toutes les nuits et que, tous les matins, je revis l'absence.
Pourquoi les chagriner ? Je leur dis juste que c'est dur. Cela semble les satisfaire.
Ce n'est jamais qu'un de ces rêves et il me fait sortir du lit, encore toute tremblante.
Je regarde la chambre déserte et me tourne vers le miroir. Je me suis mise à détester les miroirs. C'est normal, me direz-vous. Nous sommes tous pareils : nous nous examinons à la loupe en nous focalisant sur les défauts. Les plus jolies filles creusent elles-mêmes les sillons de leurs rides à force de les traquer avec angoisse. L'adolescente aux yeux superbes, au corps de reine, se lamente sur la couleur de ses cheveux ou sur la taille de son nez. Cruel jugement que nous portons sur nous-mêmes au travers du regard des autres ; c'est un fléau de l'humanité. J'en conviens.


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