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Auteur : Razzye Hammadi | Claude Villers
Date de saisie : 14/02/2008
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Fetjaine, Paris, France
Prix : 14.90 € / 97.74 F
ISBN : 978-2-35425-056-0
GENCOD : 9782354250560
Sorti le : 14/02/2008
Il y a peu, c'est ce que l'on disait de la droite française. Mais il faut malheureusement reconnaître que depuis les deux mandats présidentiels de François Mitterrand, les candidats de la gauche parlementaire n'ont jamais su retrouver la direction de l'Elysée et ne semblent guère en prendre le chemin, du moins dans un avenir relativement proche !
Que s'est-il passé ? Pourquoi le PS - et la Gauche - est-il devenu une machine à perdre des élections réputées «inratables» ? Pourquoi ce véritable désamour des électeurs pour une sensibilité qui représentait l'espoir d'un monde meilleur, plus juste, plus solidaire ? Pourquoi cette résignation d'une bonne part de l'opinion ? Pourquoi toutes ces occasions ratées, ces résultats décevants ? Pourquoi ces guerres des chefs perpétuelles, ces trahisons, ces défections ?
Ce livre est né de la rencontre entre un vieux sympathisant, militant et syndicaliste de gauche, dont la foi vacillait depuis trop longtemps, et un jeune dirigeant socialiste enthousiaste et déterminé à l'action. Ce n'est certes pas un réquisitoire mais surtout une proposition, des propositions pour un changement radical, adapté aux défis de notre époque, et pour préparer l'avenir d'une Gauche qui - enfin - gagne à être connue.
Claude Villers (63 ans) : journaliste et écrivain, il fut l'un des organisateurs et le présentateur de la fête de la Bastille le 10 mai 1981, au soir de la victoire électorale de François Mitterrand.
Razzy Hammadi (28 ans) : est l'ex-président du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) jusqu'en 2007 et l'un des espoirs du changement au sein du PS (actuel Secrétaire National du PS à la riposte).
Claude Villers
Je n'y croyais plus...
Dès le lendemain de la victoire de 1981, ma foi dans le PS vacillait devant les excès de courtisanerie des combattants de la dernière heure et même de certains de mes anciens «camarades». La «conversion» ( ?) de François Mitterrand à la «réal-politique» prônée, dès 1983, par ses conseillers technocrates finit de me convaincre de prendre mes distances. Je me démilitantisais mais, par idéal, par d'antiques convictions, je continuais de voter à gauche pour mon vieux parti. Le temps est passé et, sexagénaire, ça m'est toujours resté. Même pour les dernières consultations électorales, alors que le spectacle des tripatouillages, cafouillages, magouillages dans les désignations et la campagne, m'accablait de plus en plus. J'essayais de trouver des arguments improbables pour ne pas me déshabituer des bureaux de vote et des discussions politiques oiseuses.
Comme après chaque défaite, les dirigeants - sans faire leur autocritique - promettaient qu'il suffisait d'attendre le prochain congrès et qu'ensuite on verrait ce qu'on verrait ! Déjà on fourbissait l'éternelle équation «énarquoise» : thèse, antithèse, synthèse, qui aboutirait, à la satisfaction générale des cadres responsables du PS au fameux «consensus» bien évidemment «mou».
Et Dieu que notre opposition semble molle ! D'ailleurs, après chaque congrès, tout continue comme avant avec, à la rigueur, une redistribution des places dans la hiérarchie pour les mêmes. Il est, par exemple, extraordinaire de voir sur nos petits écrans, après chaque échec électoral, les mêmes venir nous expliquer doctement depuis des années les «pourquoi» et les «comment» de cette nouvelle défaite dont ils ne sont, évidemment, pas responsables. En revanche, l'électorat lui, n'a pas su, n'a pas voulu les écouter ! Et ils se rendorment. Nous, pendant ce temps, on râle, on peste, on les traite de tous les noms... Puis, nous retrouvons chaque fois le chemin des urnes et nous revotons - ils devraient le comprendre - non pour leurs inactions, leurs imprévoyances, leurs erreurs, mais contre celui d'en face et des rodomontades efficaces, il faut croire, puisque souvent, ensuite, ils rejoignent ses positions. Il n'est que de constater la dernière décision de la direction du PS d'enfourcher ce projet au recours parlementaire pour enfin entériner le mini-traité ( ?) de cette pseudoconstitution européenne, refusée lors du référendum de 2005 par une large majorité de Français (et de socialistes). Vous pensez, les hiérarques du Parti avaient été désavoués par la base qui, bien sûr, n'y connaît rien ! Quelle belle vengeance pour les «ouiouistes», premier secrétaire en tête ! Théoriquement, pour respecter la résolution du «peuple» il aurait été juste de le re-consulter. Le peuple ? C'est quoi, c'est qui ? Et s'il nous désavouait à nouveau ? «Ouf, merci monsieur Sarkozy, vous nous tirez d'un bien mauvais pas !»
Ces derniers temps, les livres-constats ne manquent pas sur les étals des libraires, oeuvres (paradoxales) signées pour la plupart par ceux-là mêmes qui conduisirent ces échecs flagrants et répétés. Et chacun de réclamer une réforme, une «refondation» du PS, un véritable débat d'idées ! D'accord, mais quelles idées ? Où sont vos idées, vos convictions, vos valeurs, mesdames, messieurs les ex-ceci ou cela ? Comment voulez-vous nous donner des leçons de savoir, de réflexion alors que vous avez échoué si lamentablement ?
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