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Sombres desseins

Couverture du livre Sombres desseins

Auteur : Ken Bruen | Jason Starr

Traducteur : Simon Almette

Date de saisie : 22/03/2008

Genre : Policiers

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Thriller

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-02-086869-3

GENCOD : 9782020868693

Sorti le : 14/02/2008

Le riche homme d'affaires Max Fisher est dangereusement épris de sa très sexy secrétaire Angella.
Pour se débarrasser de sa femme, Max va louer les services du surprenant cousin de Angella. Bien entendu, le plan ne se déroule pas comme prévu... Un maître chanteur entre dans le bal : un quatuor infernal où chacun cède à ses pires instincts.
Excellent exercice d'humour noir, sur fond de crime passionnel et sanglant ! Un Tarantino littéraire.


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

«Un des romans les plus sombrement satisfaisants de l'année...»

Chicago Sun-Times

Max Fisher gagne bien sa vie en vendant des systèmes informatiques. Amoureux fou d'Angela Petrakos, sa sublime assis­tante, il décide d'éliminer son épouse et, pour ce faire, engage Popeye, le «cousin» débile et pervers d'Angela.
Mais l'exécution virant au carnage, un certain Bobby Rosa, paralytique et ancien de l'opération Tempête du désert, entreprend de rentabiliser ses talents de photographe en faisant chanter Max qu'il a surpris avec Angela dans une chambre d'hôtel.
Chacun cédant alors à ses pires instincts, le lecteur est vite aspiré dans une spirale comico-tragique où se déchaînent et s'opposent les humours, très noirs, de deux auteurs diaboliquement complices.

Auteur, entre autres ouvrages, de Martyre des Magdalènes, Delirium Tremens et Toxic Blues, Ken Bruen vit à Galway, en Irlande.
Né et élevé à Brooklyn et auteur, entre autres ouvrages, de Frères de Brooklyn, Mauvais Karma et La Ville piège, Jason Starr a souvent été comparé à Jim Thompson.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Simon Almette.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Les gens à opinions ne font que s'embêter les uns les autres.
Le Bouddha

Assis au fond de la pizzeria Famiglia qui fait l'angle de Broad­way et de la 50e Ouest, Max Fisher tamponnait son quartier de pizza avec une serviette dans l'espoir d'en ôter le maximum de graisse, lorsqu'un homme vint s'asseoir en face de lui, un verre de glaçons à la main. Rien à voir avec le grand baraqué de tueur à gages auquel Max s'attendait - on aurait plutôt dit un lévrier famélique. De carrure moyenne, il ne devait pas peser plus de soixante-dix kilos, avait des yeux d'un bleu étonnant, une mince cicatrice qui lui descendait sur la joue droite et un fouillis de longs cheveux gris. Et sa bouche avait quelque chose de très bizarre. Comme si quelqu'un y avait introduit du verre pilé et lui avait déchiré les lèvres.
- Toi, tu te demandes qu'est-ce qui m'est arrivé à m' bouche, lança le type en souriant.
Max savait que ce serait un Irlandais, mais pas à ce point-là ; pas au point d'avoir l'impression de s'adresser à un des barmen irlandais du pub d'en haut de Manhattan que jamais il comprenait un mot de ce qu'il disait. Qu'il demande une Bud Light et eux, ils le dévisageaient d'un air bête, comme si c'était lui, ouais, lui, qui parlait de travers, même qu'il se disait : C'est qui le mangeur de patates qui vient de descendre du bateau, hein ? Toi ou moi ?
Il était sur le point de répondre, se dit : Rien à foutre, le boss, c'est moi, et demanda :
- Vous êtes bien... ?
Le type mit un doigt devant ses lèvres bousillées, fit «Chu... chut» et ajouta :
- Pas de noms.
Et suça sa glace, un vrai cinéma, en poussant si fort ses lèvres en dehors avec un glaçon que Max fut bien obligé de les voir. Puis, enfin, enfin, il se cala son glaçon dans la joue comme un hamster et demanda :
- Devez être Max, pas ?
Max se demanda où était passée la règle du pas de nom. Il allait lui en dire un mot, mais songea que le gars essayait de lui prendre la tête et se contenta d'acquiescer.
Le gars se pencha vers lui et murmura :
- Appelle-moi Popeye.
Avant que Max ait eu le temps de lancer : «Vous voulez dire... comme le mec du dessin animé ?» le mec se marra, et Max, ça le fit sursauter, et lui lâcha :
- Poutin, tu m'appel' comme tu veux, mais pas tôt le matin ! Et sourit à nouveau, et précisa :
- M' faut le fric avant.
Max se sentit mieux - la négociation, c'était son truc à lui -et demanda :
- C'est bien huit mille, non ? Je veux dire... c'est bien ce qu'Angela... ?
Le type écarquillant les yeux, Max se dit : Merde, il a dit «Pas de noms» et il s'apprêtait à s'excuser lorsque Popeye avança brusquement la main et lui attrapa le poignet. Pour un type qui n'avait que la peau sur les os, il avait une poigne d'acier.
- Dix mil', cccc'est dix mil', siffla-t-il.
Max était toujours mort de trouille, mais le coup du fric ne lui plaisait pas non plus. Il tenta de dégager son poignet, pas moyen, mais réussit à dire :
- Eh mais... un contrat, c'est un contrat, vous pouvez pas en changer les termes comme ça !
Et apprécia : remettre ce petit Irlandais squelettique à sa place comme ça...
Popeye finit par le lâcher, se rassit, contempla Max en conti­nuant de sucer sa glace, puis, à voix très basse, il lui dit :
- Tu veux que je t'tue ta femme, moa, j'peux faire tout qu'est-ce que je veux, poutin ! Parce que j'te tiens par la peau des couilles, espèce de bite en costume !
Max sentit une secousse dans sa poitrine et songea : Merde, ça y est, la crise cardiaque que son enfoiré de cardiologue lui disait qu'elle pouvait lui «arriver n'importe quand». Il prit une gorgée de son Pepsi light, s'essuya le front et dit :
- Oui, bon, comme vous voulez. J'imagine qu'on pourra renégocier. Cinq mille avant, cinq mille après. Ça marche ?


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