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Auteur : Bernard Foglino
Date de saisie : 16/03/2008
Genre : Policiers
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Domaine français, n° 4129
Prix : 7.40 € / 48.54 F
ISBN : 978-2-264-04566-9
GENCOD : 9782264045669
Sorti le : 06/03/2008
Le «théâtre des rêves», c'est le surnom du mythique stade de Manchester United : Old Trafford.
Mais pour Baptiste Flamini, doux rêveur et touriste dans sa propre existence, ce nom va signifier tout autre chose. Le Théâtre des Rêves est un pub étrange, totalement hors du temps, dans lequel on célèbre les équipes et les matchs d'avant 1975. Son occupation favorite et quotidienne va l'amener a pousser les portes de ce lieu.
Notre anti-héros, looser toutes catégories, collectionne les collectionneurs (si, si !) ou plutôt a pour réputation de pouvoir dénicher pour ses clients des objets improbables.
Mais sa petite vie tranquille - principalement occupée par un colocataire manchot, ancien guitariste de génie - va être bousculée lorsqu'un mystérieux mage Africain va lui passer commande.
En pénétrant dans le Théâtre des Rêves, Flamini va se trouver plongé dans un passé dans lequel il ne sera pas simplement figurant, et tomber dans des rêves qu'il n'aurait jamais pensé faire...
Paru à l'origine chez Buchet-Chastel, mais quelque peu passé inaperçu à l'époque, voici un excellent premier roman, déjanté, servi par une magnifique couverture dans sa version poche. Bernard Foglino est un auteur à découvrir et à suivre, méritant bienveillance et attention... Son nouveau roman "la mécanique du monde" a paru récemment chez le même éditeur.
La routine a du bon, même si elle prend les traits d'une concierge acariâtre et d'un colocataire manchot en mal d'amour. Baptiste Flamini, touriste de la vie, se contenterait bien de ce quotidien paisible qui lui laisse tout loisir de collectionner les collectionneurs. Mais tout bascule avec la rencontre d'un mystérieux mage africain. Le voilà parti malgré lui à la recherche d'un album qui le mène au Théâtre des Rêves : pub étrange, hors du temps, où l'on commente les matches d'avant 1975. La bière et la bonne humeur sont au rendez-vous et pourtant... Quels secrets se cachent derrière une simple collection de vignettes ? Entre deux verres, Flamini sombre dans de vieilles histoires. De celles qu'il vaut mieux ignorer si l'on tient à la vie, car les tueurs ne badinent pas. Le passé dort d'un sommeil léger. Gare à celui qui le réveille.
Bernard Foglino est né à Bordeaux en 1958 et travaille dans la Finance. Il est l'auteur de deux romans : Le Théâtre des rêves et La Mécanique du monde, qui a paru chez Buchet-Chastel en 2008. Bernard Foglino vit aujourd'hui à Paris.
«Le Théâtre des rêves est un vrai faux polar où l'on tremble pour rire et l'on rit pour de vrai. Les premiers chapitres sont entraînants, la fin du roman emmène le lecteur sur des chemins où il ne croyait jamais devoir s'égarer.»
Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire
Méfiez-vous des collectionneurs.
Les collectionneurs sont des pervers, des gens secrets qui filent le long des murs. Ils se cachent. Ils ne viennent jamais à bout de leur passion. Il leur manque toujours telle ou telle pièce qu'ils caressent en pensée. Ils vendraient leurs enfants pour se l'accaparer. Lorsqu'ils découvrent l'objet de leur fantasme, ils l'enferment dans des commodes à serrures, derrière des vitrines recouvertes de feutre. C'est de cela qu'ils tirent leur plaisir. De la possession, de l'enfermement. La soustraction au monde d'un objet dont ils seront désormais les maîtres, dont ils seront les seuls à jouir, aigrement.
Ils sont partout. Derrière les fenêtres de votre rue, sous vos pieds, il y a peut-être un collectionneur. Ce commerçant qui vous salue avec bonhomie, il faudrait le voir la nuit, caressant sa collection de cartes érotiques. Et ce voisin, oui, le vieux monsieur du premier étage, celui qui fait risette à vos chérubins... Il vous détrousserait pour le bouchon de Champagne qui lui manque. Le jeune cadre qui enfourche son scooter, lui, son truc ce sont les figurines de Goldorak. Il lui en manque une et ça le rend mauvais. Us n'ont l'air de rien mais ils sont là, un coin de la cervelle asservi à leur obsession. Le monde est rempli de collectionneurs et n'importe quoi peut s'investir dans leur passion. Vous n'imaginez pas ce que j'ai vu, ce que j'ai fourni, tout y passe. Vous n'imaginez pas les gens que j'ai rencontrés, des barons dans leurs châteaux, des employés de banque dans des trains de banlieue. Tous avec ce regard de biais, avide... Vous, au fait... Vous êtes peut-être collectionneur. Collectionneur de bouquins. Collectionneur de bouquins sur les collectionneurs, ah, pourquoi pas, ce qui serait une sacrée perversion celle-là. Ou bien collectionneur de femmes, collectionneur de succès. Collectionneur de citations. Oui, oui, ça existe. J'ai même rencontré un collectionneur de rêves.
Les histoires que je rapporte sur tous les désaxés que je croise font bien marrer Robert. Il dit que je suis collectionneur de collectionneurs. Et il a raison. Les collectionneurs, j'en vis, c'est mon fonds de commerce. Trouver des choses un peu spéciales pour des gens encore plus spéciaux. C'est un métier que je qualifierais de pittoresque, qui demande un grand sens de l'adaptation. J'ai de sacrés numéros dans mon carnet d'adresses. Je les méprise pour ce qu'ils sont, je les méprise de m'acheter à travers les choses qu'ils me commandent. Ils me forcent souvent à leur mentir, mais c'est de leur faute.
La raclée que j'ai reçue hier faisait partie des aléas du métier. Chaque métier a ses risques professionnels même si le mien n'est pas reconnu par la Sécurité sociale. Robert est habitué, et lorsque je suis rentré le visage aplati comme un beignet, il n'a pas eu l'air étonné. Il est allé direct à l'armoire à pharmacie.
Je ne sais pas comment ce type avait eu mes coordonnées. Le bouche-à-oreille des collectionneurs, m'étais-je dit, et je n'avais pas insisté. Il avait un fort accent africain, j'ai pensé à un diplomate. Il voulait un truc très particulier. J'ai commencé par refuser, ça me paraissait gros. Il a insisté, me proposant dix mille, puis vingt mille. J'ai faibli. Il me faudrait du temps, ça serait difficile. À vingt-cinq mille je me suis entendu dire OK. J'ai demandé un mois de délai, ça faisait plus sérieux.
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