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Auteur : Isabelle Juppé
Date de saisie : 16/01/2008
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Lattès, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-7096-3003-0
GENCOD : 9782709630030
Sorti le : 16/01/2008
L'avènement du numérique est bien autre chose qu'une rupture technologique. C'est une vraie révolution, économique, culturelle et sociétale, qui bouleverse déjà notre vie quotidienne et ouvre des horizons vertigineux pour demain.
Au coeur de cette révolution, les femmes sont de plus en plus présentes. Simples utilisatrices de ses outils, actrices de son économie, ou magiciennes de leur propre vie numérique, passionnées ou curieuses de ce nouveau monde, elles cherchent avant tout à l'humaniser pour le transmettre aux nouvelles générations.
À travers son chemin numérique personnel, Isabelle Juppé est allée à la rencontre de ces femmes, croisées tour à tour sur l'île de la transmission ou de l'engagement, du business ou de l'amour, de la conversation ou du glamour. Au fur et à mesure des confidences de ses interlocutrices, elle dessine les enjeux de la révolution digitale, convaincue que le temps du numérique est en train de croiser celui des femmes.
D'abord journaliste, Isabelle Juppé a écrit plusieurs romans et récits, dont le dernier Jours heureux à Bordeaux (1999). Au sein du groupe Lagardère, elle travaille sur les perspectives du numérique dans les médias. Isabelle Juppé a créé un blog destiné à prolonger les rencontres et les réflexions initiées dans ce livre : http ://www.lafemmedigitale.fr
De l'enfance analogique au Canada numérique
Tout a commencé le jour où mon Mac est entré dans ma vie.
Juste avant de franchir l'Atlantique pour venir m'installer un an au Canada avec Alain et nos deux plus jeunes filles, j'avais vécu une autre rupture : l'abandon du PC pour le Mac. Cela faisait des années que mes amis les plus proches, français et canadiens, tentaient de me convaincre de succomber aux charmes de Steve Jobs. Cependant j'avais jusque-là, mue par je ne sais quel conformisme, résisté à trahir Bill Gates. Mais mon PC commençait à donner quelques signes de faiblesse, tout comme ma résistance à la rondeur apaisante de la petite pomme blanche. L'occasion du renouvellement de mon matériel professionnel et la promesse d'une nouvelle vie devaient m'aider à franchir le pas. A l'été 2005, tout soudain devenait possible. Décidés à prendre la vie du bon côté, nous avions choisi de quitter la France pour l'Amérique du Nord, où nous avions déjà semé de solides graines d'amitié. Alain allait pouvoir y donner des cours sur la mondialisation et moi continuer là-bas mon travail de veille sur le numérique pour un grand groupe de média.
C'est ainsi qu'un jour du mois d'août 2005, emmailloté dans une petite protection de flanelle blanche confectionnée pour lui, et enfermé dans une housse plus rigide grise, mon tout nouveau PowerBook G4 a entrepris le premier d'une longue série de périples transatlantiques. Il voyageait toujours avec moi, au fond de mon bagage à main, jamais dans la soute, même si j'allais souvent devoir le déballer sous le regard soupçonneux d'un officier de la PAF français ou canadien...
Dans notre nouvelle installation, près du parc Outremont à Montréal, nous nous étions d'emblée répartis les rôles, Alain et moi : à lui la voiture et les paperasses administratives, bancaires et médicales, à moi les connexions de la maison : Internet, télévision, téléphone, fixe et mobile ! L'affaire fut assez rondement menée.
En matière d'équipement numérique, nous étions cinq utilisateurs potentiels et avions tous, excepté Clara qui n'avait pas encore 10 ans, emmené notre ordinateur personnel.
Les besoins se répartissaient ainsi : Alain voulait poursuivre son blog, qu'avec un ami je l'avais convaincu de créer quelques mois avant le départ, préparer ses cours et ses conférences, et dialoguer avec ses collègues professeurs de Québec, Ottawa, ou Montréal. La jeune étudiante française qui était venue avec nous voulait faire son travail pour la fac et correspondre avec ses profs canadiens, communiquer avec sa famille et ses amis en France, et surtout retrouver sur MSN quasi quotidiennement son petit ami français. Ma fille aînée, 16 ans à l'époque, avait bien l'intention de continuer à chatter - clavarder dit-on au Québec, dans une jolie contraction de clavier et de bavarder - avec ses amis répartis aux quatre coins de la planète, à regarder ses DVD ou séries sur son ordinateur et à faire chaque soir sa séance d'abdominaux téléchargés. La première requête de Clara était une webcam pour pouvoir montrer à ses petites amies bordelaises la tête de Moustique, le hamster québécois que nous avions adopté dès la rentrée. Mais très vite, Google et Wikipédia sont devenus ses alliés - dont elle apprendrait à se méfier parfois - de préparation des exposés sur le Puma, Nelson Mandela, la Chine et bien d'autres sujets !
Quant à moi, mes souhaits étaient multiples, à la fois professionnels, personnels et domestiques. En France, dans l'exercice de mon travail de veille, j'avais appris à apprivoiser peu à peu cet univers numérique, qui allait de la progression du haut-débit sur Internet aux premiers pas de la télévision (...)
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