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Couverture du livre Capture

Auteur : Kelley Armstrong

Traducteur : Mélanie Fazi

Date de saisie : 27/02/2008

Genre : Science-fiction, Fantastique

Editeur : Bragelonne, Paris, France

Collection : L'ombre, n° 4

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-35294-145-3

GENCOD : 9782352941453

Sorti le : 27/02/2008

  • Les présentations des éditeurs : 05/03/2008

«Mélange de roman d'amour et de surnaturel, ce livre plaira à tous ceux qui ont aimé le grand renouveau des histoires de vampires à la Anne Rice.»

Publishers Weekly

«Un thriller surnaturel moderne et funky, dont l'héroïne est particulièrement provocante.»

Hello

Après Morsure, retrouvez l'imagination stupéfiante de la nouvelle reine du frisson !
Elena Michaels est une femme recherchée.
Elle n'a pourtant rien fait de mal. Enfin, pas récemment. Mais il y a dix ans, son amant l'a changée en loup-garou. La seule femme loup-garou au monde, en vérité.
Et aujourd'hui, alors qu'elle parvient enfin à l'accepter, un groupe de scientifiques apprend son existence. Ils la pourchassent et elle s'apprête à foncer droit dans leur piège.
Mais c'est sans compter sur la famille adoptive d'Elena, la Meute, qui ne reculera devant rien pour la retrouver. Et sans compter non plus sur Elena elle-même, ce qui est une grossière erreur...

KELLEY ARMSTRONG, née en 1968, est canadienne. Elle a publié sept romans à ce jour, tous situés dans l'univers de Morsure, qui remportent un succès étourdissant aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Son oeuvre se place dans la lignée d'ANNE RICE et de LAURELL K. HAMILTON, à la frontière de la sauvagerie et de la féminité...


  • Les courts extraits de livres : 05/03/2008

Extrait du prologue :

Il détestait la forêt. Ses niches omniprésentes de ténèbres et d'humidité. Son incessant fouillis d'arbres et de buissons. Son odeur de pourriture - végétation en décomposition, cadavres d'animaux, tout ici était mourant, même les créatures vivantes qui chassaient sans relâche leur prochain repas, et que chaque échec rapprochait lentement de la mort. Bientôt, son corps, enterré ou abandonné aux charognards qui retarderaient leur fin un jour de plus grâce à la sienne, souillerait l'air d'une puanteur supplémentaire. Il allait mourir. Il ne l'envisageait pas avec la résolution obsessionnelle des suicidaires ni le désespoir total des condamnés, mais la simple résignation d'un homme qui se sait à quelques heures de quitter ce monde pour l'au-delà. C'était ici, dans cet enfer humide et puant, qu'il allait mourir.
Il ne cherchait pas la mort. Il aurait préféré l'éviter. Mais c'était impossible. Il avait pourtant essayé, planifiant son évasion pendant des jours, économisant son énergie, se forçant à manger, à dormir. Puis il s'était échappé, à sa propre surprise. Il n'avait jamais vraiment cru y parvenir. Bien entendu, sa fuite n'avait que l'apparence de la réussite, tel un mirage miroitant dans le désert, sauf que c'étaient les ténèbres et l'humidité, au lieu du sable et du soleil, qui remplaçaient l'oasis. Il s'était échappé du centre pour se retrouver dans la forêt. Toujours plein d'espoir, il avait continué à courir. Mais il n'était allé nulle part. Ils arrivaient à présent. Ils le pourchassaient.
Il entendait le chien aux abois, sur sa piste. Il devait exister des moyens de le tromper, mais il ignorait lesquels. Citadin depuis toujours, il savait comment passer inaperçu en ville, devenir invisible au milieu de la foule, adopter une apparence si médiocre que les gens pouvaient le regarder bien en face sans le voir. Il savait comment saluer les autres résidents de son immeuble, yeux baissés, bref signe de tête, aucun échange de paroles, si bien que personne ne savait réellement qui occupait le 412 : était-ce le couple âgé ? la jeune famille ? la femme aveugle ? Ne se montrant jamais assez amical ou grossier pour attirer l'attention, il se noyait parmi un océan d'individus trop concentrés sur leur propre vie pour remarquer la sienne. Là-bas, il maîtrisait parfaitement l'invisibilité. Mais ici, dans les bois ? Il n'avait plus mis les pieds dans une forêt depuis que ses parents, lorsqu'il avait dix ans, avaient enfin renoncé à faire de lui un adepte du grand air et avaient accepté qu'il reste auprès de sa grand-mère tandis que ses frères et soeurs allaient faire du camping et des randonnées. Ici, il était perdu. Totalement. Le chien le trouverait, les chasseurs le tueraient.
- Tu ne veux pas m'aider, hein ? demanda-t-il, formulant ces mots dans sa tête.
Qiona garda le silence un long moment. Il sentait au fin fond de lui-même la présence de cet esprit qui le guidait, plus éloignée qu'elle n'avait jamais été depuis la première fois qu'elle s'était manifestée, alors qu'il était un enfant trop jeune pour parler.
- C'est ce que tu veux ? l'interrogea-t-elle enfin.
- Tu ne le feras pas. Même si je te le demande. C'est ça que tu souhaites. Que je te rejoigne. Tu ne vas rien faire pour empêcher ce qui se prépare.
À l'approche de sa proie, le chien se mit à donner de la voix, sur une intonation que l'extase rendait mélodieuse. Quelqu'un cria.
Qiona soupira, et il sentit ce bruit tournoyer telle une brise dans son esprit.
- Que veux-tu que je fasse ?
- Dans quelle direction est la sortie ? demanda-t-il.
De nouveau, le silence. Puis des cris.
- Par là, dit-elle.
Même sans la voir, il comprit laquelle elle désignait. Un ayami possédait présence et substance mais pas de forme, idée impossible à expliquer à toute autre personne qu'un chaman, mais aussi aisée à comprendre pour lui que le concept de ciel ou d'eau.
Il tourna à gauche et se mit à courir. Des branches cinglaient son visage ainsi que sa poitrine et ses bras nus, laissant des zébrures qui évoquaient les stigmates d'un flagellant. Lui aussi, songea-t-il, se les infligeait volontairement. Une partie de lui voulait arrêter. Baisser les bras. Accepter. Mais il ne pouvait pas. Il n'était pas prêt à renoncer à la vie. Les plus simples des plaisirs humains le séduisaient encore trop : des muffins anglais avec beurre et confiture de fraises au Talbot Café, au balcon du deuxième étage, à la table du fond sur la gauche, le soleil sur ses avant-bras, un roman policier abîmé dans une main, sa tasse de café dans l'autre, les gens qui hurlaient et riaient dans la rue animée au-dessous de lui. Des bêtises, rétorquerait une Qiona méprisante. Elle était jalouse, bien sûr, comme de tout ce qu'elle ne pouvait partager, tout ce qui le reliait à son corps. Il voulait la rejoindre, mais pas encore. Pas maintenant. Alors il courait.


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