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Auteur : Boris Pahor
Traducteur : Antonia Bernard
Date de saisie : 17/04/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Phébus, Paris, France
Collection : D'ailleurs
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-7529-0297-9
GENCOD : 9782752902979
Sorti le : 14/02/2008
Il est des rencontres qui vous révèlent le monde ou qui vous aide à le voir autrement, à en faire partie. Il est des êtes qui vous révèle, qui vous aide à prendre la mesure des événements que traverse le monde et à en être acteur. Tel est le cas de la rencontre entre Ema de Danilo. Ema est une jeune femme fraîchement arrivée de Karst, à Trieste. Elle regarde le monde, sans illusions. La misère, la pauvreté, elle connaît. Mais elle refuse de basculer. Elle est à Trieste «...pour travailler dans un bureau, pas pour faire la servante».
La soumission, la servilité, obéissance, c'est ce que traverse Trieste entre les deux guerres. Au lendemain de la première guerre mondiale, elle devient Italienne. Elle voit naître et prospérer en son sein le fascisme.
Alors Trieste, le grand port de l'adriatique, devient une triste ville entre les mains de fasciste souhaitant effacer la moindre trace de son passé et de son identité. Comme, Ema, Trieste sera aussi une ville résistante.
Plus qu'une rencontre amoureuse, l'histoire d'Ema et Danilo est un parcours initiatique. Une initiation au refus, à la désobéissance. Le refus de voir disparaître une identité Slovène. La désobéissance, face à la force et la brutalité.
Mais malgré tous, cette Europe aux prises avec ses démons, la haine et la violence : espère. Et comme Ema, Trieste attend. Elle n'a pas de certitude, mais elle ressent le changement, le temps annonce le retour du printemps.
Un roman bouleversant, au verbe sans pareille, nous raconte une jeunesse en colère et révolté.
Boris Pahor, nous livre une belle page de notre histoire. Il a le talent de ceux qui savent raconter une histoire particulière, pour nous faire découvrir l'histoire de l'humanité.
Voila brossé dans ce roman un chapitre de l'histoire de Trieste que les lecteurs de Svevo ou de Joyce ignorent.
Un épisode sombre dont l'auteur fut le témoin à l'instar de toute la population slovène. Trieste, ville autrichienne des côtes d'Adriatique, a vu cohabiter et s'épanouir, pendant des siècles, de multiples cultures. Mais une fois intégrée au royaume d'Italie à la fin de la Première Guerre mondiale, la présence de plus en plus massive des fascistes, puis l'arrivée au pouvoir de Mussolini mirent un terme à cette douce entente.
Tout ce qui était slovène devait disparaître. Dans les rues de Trieste, sur les collines de 1'arrière-pays, la colère gronda, la jeunesse se souleva. C'est dans ce climat de révolte de l'Entre-deux-guerres qu'Ema, jeune fille originaire du Karst, un plateau dominant la ville, rencontre Danilo sur les quais du port de Trieste. Mûr et déterminé, il guidera les pas de la jeune fille sur les chemins tortueux de la résistance au fascisme, de la défense de la culture slovène, et sur celui non moins sinueux de l'amour.
Boris Pahor est né à Trieste en 19/3. Engagé à vingt ans duits la lutte contre le fascisme, ce frontalier qui a toujours aimé la culture italienne mais se sent profondément slave connaît les persécutions, puis les camps de la mort nazis dont il réchappe par miracle. Boris Pahor a consacré à sa ville natale une "Trilogie triestine" : Printemps difficile, Jours obscurs et Dans le labyrinthe (Phébus, 1995, 2001 et 2003).
À 95 ans, Boris Pahor, le romancier slovène livre une aventure au tour juvénile puisée dans sa jeunesse...
Boris Pahor est un monument. Ses pages consacrées à la mer dans la baie de Trieste sont parmi les plus belles de la littérature. Ce vieillard encore vert joue de l'ombre et de la lumière avec un talent intact. Il dessine à la perfection le contour rédempteur des paysages, faisant d'une traversée à la voile le point de départ d'un avenir où tous les rêves sont permis. Son lyrisme paisible, naïf et caressant conserve une patine à l'antique qui lui est propre. Des fragments de beauté à l'état pur, comme autant de grains de sable et de reflets marins semés, à l'aventure, sur le rivage de sa jeunesse.
Dans L'appel du navire, l'ombre du fascisme des années 1920 rôde. L'écrivain slovène Boris Pahor fait revivre la mémoire de son pays, bouleversé par l'histoire. Avec une émotion rare !...
D'un livre à l'autre, Pahor s'escrime à remettre à flot la culture slovène, dont les parfums ont bercé son enfance dans la Trieste des années 1920-1930. C'est là que se situe l'admirable Appel du navire, un roman où rôdent les fantômes du fascisme, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. A Trieste, plus rien ne bouge. La peur étouffe les âmes et les corps. Sur la façade baroque de l'hôtel de ville, les ombres s'épaississent peu à peu. Au bout de la jetée déserte, une femme marche, s'assoit sur un banc de pierre, observe une voile blanche qui semble lui faire signe, là-bas sur l'horizon. Cette femme, c'est la tendre Ema, une jeune Slovène dont le coeur est en cale sèche. Ema, qui rêve de prendre le large et de s'embarquer vers quelque Cythère en écoutant «l'appel du navire», pour oublier ces Chemises noires qui s'agitent dans les rues. Tout en évoquant une époque qui s'apprête à être la proie de l'abomination, Pahor réussit merveilleusement à mêler la peinture des paysages et celle des êtres : la même amertume les habite...
Ecrit au carrefour du collectif et de l'intime, L'appel du navire démontre, avec une puissance visionnaire éblouissante, que «la lutte politique pour la liberté trouve sa source dans l'amour» comme dira Ema. Sa confession est un grand moment de littérature, l'histoire poignante d'une naufragée qui grappille sa part d'utopie au coeur de la tourmente. Cette naufragée-là ressemble à Pahor, le colporteur de lumière dans un siècle de ténèbres.
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